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12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS

Mémoire d'une période qui s'éteint

4 Novembre 2021, 13:59pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Mémoire d'une période qui s'éteint
 
 

Plus de 75 ans nous séparent de ces engagements de Résistance et de Liberté. Résistance Française, sans oublier la Résistance allemande qui fût la première victime à être condamnée sévèrement.

Liberté d'un pays outragé, liberté des camps de concentration et d'extermination.

À l'heure où nombre de témoignages, d'écrits divers se font ressentir pour commémorer ces années noires, les témoins s'épuisent. Rappelons que pendant des années, rien ne filtrait dans les familles éprouvées par ces engagements de résistance et de déportation, voire de prisonniers de guerre. Il aura fallu attendre la génération des enfants et l'interrogation des petits-enfants sur cette période pour connaître et transmettre cette mémoire immuable.

Nombreux témoignages ont été recueillis dans des livres retraçant l'engagement des résistants, le refus du Service du Travail Obligatoire (STO), la déportation, comme à Valréas la tragédie du 12 juin 1944, mais combien de témoignages et documents n'ont pas été répertoriés ?

Certes bien des hommes et des femmes ont participé à des actes héroïques, victimes ou témoins de drames monstrueux. Les années passent et on s'aperçoit au fil des temps, des écrits qui sortent au vu de la disparition des acteurs principaux de ces divers faits. Nous avons pu en contrer quelques-uns, dont le mensonge ne pouvait nous laisser indifférent et que nous ne pouvions laisser dire. D’autres plus complexes et certainement ingénieux, seront malheureusement incontournables à démentir.

Un exemple parmi d'autres que j'ai pu découvrir sur un blog Internet et qui se veut un mensonge grossier pour notre association des familles de fusillés.

Résistance... que de conneries en ton nom ! Auteur "inconnu'' - Publié le vendredi 01 mars 2002 à 17h53 – Forum Libération sur Internet.

« La Résistance, dont il n'est pas question de ternir la gloire ni le courage de ceux qui l'ont faite, a eu aussi ses bavures. Ainsi le 12 juin 1944, alors que les troupes allemandes se retiraient, des résistants (?) ou plutôt de jeunes matamores de la dernière heure ont cru intelligent de se « faire » un soldat allemand. Bilan des courses : 53 fusillés pour l'exemple ! Cela se passait à Valréas dans l'Enclave des Papes (tiens ?), département du Vaucluse. Un Valréassien qui avait 20 ans à l'époque, m'a raconté le désespoir d'une petite population de voir 53 des leurs de se faire fusiller pour un acte quasiment gratuit sur une armée en retraite ! Auriez-vous été fier vous aussi d'avoir fait comme ce jeune « résistant » votre soi-disant « devoir » pour un tel prix et pour si peu de résultat. »

À cette époque, je n'ai jamais pu identifier l'auteur de cet outrage qui aurait été entendu par un Valréassien. Malheureusement, comme dans bien des livres, sur ce support Internet, l'écrit reste et chacun de nous peut en avoir connaissance et l’interpréter à sa façon, surtout si on ne connaît pas le fond de l'histoire, même si des doutes persistent sur cet ordre de repli.

D'autres témoignages ont fait l'objet de contestations de la part de notre association, et par des documents, des témoins, des archives, ceux-ci ont été contrés.

Nous savons maintenant !

D'autres encore accaparent l'histoire, leur histoire en oubliant peut-être par mégarde de citer ceux qui étaient proches de toutes ces tragédies. Ceux qui ont continué à se taire, et qui par pudeur n'ont pas voulu témoigner devant un public, dans un livre, mais qui ont fait tout autant ou étaient témoins de scènes affligeantes et inoubliables aux yeux de leur tendre jeunesse.

Nous rentrons dans la période d'une mémoire qui s'éteint, seule la transmission peut se poursuivre par ce que l'on pourrait appeler les « Passeurs de Mémoires ».

Associations qui ont œuvré pendant des années pour perdurer ce souvenir.

Associations d'anciens déportés, internés, résistants et patriotes reprises par des associations plus jeunes, le relaie. Celles et ceux qui auront la charge de transmettre ces divers témoignages et documents pour ne pas oublier.

Les écrits restent, les paroles s'en vont, faut-il que ces écrits soient sincères et non entachés de « fautes »

 

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Des milliers de survivants à Valréas

2 Novembre 2021, 17:19pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Des milliers de survivants à Valréas

Place de la Mairie

Des milliers de survivants de ce 12 juin 1944

Rassemblée sur la place de la mairie, la population est apeurée. Encerclée par des automitrailleuses et chars braqués sur la foule, du haut du kiosque, un officier allemand harangue la foule, phrases traduites en bon français par un soldat portant l’uniforme allemand. Pendant ce temps-là, la horde sanguinaire, poursuit son horrible mission d’abattre sans sommation tout ce qui bouge, dans la campagne, dans la ville. Aurions-nous évité à Valréas, le sanglant Oradour sur Glane, perpétré deux jours avant ?

Tous les habitants de Valréas à cette époque seront des survivants, aujourd'hui encore nombreux se souviennent de cette effroyable journée.

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Que va devenir l’ordre de la Libération après la mort d’Hubert Germain ?

17 Octobre 2021, 15:50pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Que va devenir l’ordre de la Libération après la mort d’Hubert Germain ?
Un travail de transmission aux jeunes générations

En 2018, la mutation de l’ordre de la Libération a été inscrite dans la loi de programmation militaire. Sa nouvelle mission est de développer l’esprit de défense à travers le parcours des Compagnons et des médaillés de la Résistance française. Auprès des jeunes générations, l’ordre de la Libération explique notamment en quoi le sort de la patrie peut être supérieur à tous les sacrifices.

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Une exception à Valréas ? Le doute nous est permis !

16 Octobre 2021, 16:20pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Image Musée de la Résistance en ligne

Image Musée de la Résistance en ligne

 

 

 Un témoin essentiel de cette tuerie aurait pu être entendu, Jeanine TALMON, infirmière en chef de la Croix-Rouge Française, présente devant le mur, actuellement mur des fusillés, qui avait entamé une discussion avec un officier allemand.

 Occupation de Valréas par la Résistance décidée, mais loin d'être efficace, si ce n'est de l'inconscience d'un certain haut commandement, sachant que les « troupes de résistants » non loin d'être des centaines d'hommes, mais quelques vétérans de la première guerre mondiale, des résistants venant d'autres lieux « appuyés » par des jeunes réfractaires au S.T.O.

Malgré, l'avertissement d'un autre officier, le Commandant Joseph ALAZARD, alias « Don José » : « ... le 11 juin au soir, il renseignait lui-même, devant plusieurs témoins à un poste avancé, et sous le feu de l'aviation allemande qui devait se produire le lendemain. Il conseillait une manœuvre en retraite vers le maquis, quitte à faire par la suite un retour offensif... », le repli n'a pas été donné assez vite pour éviter toute confrontation avec l'ennemi.

Un des barrages ne le recevant pas (?), nous en connaissons la suite, comme nous connaissons l'arrestation d'autres résistants en repli ainsi que des otages civils.

Puis cette inconscience d'un « officier » Capitaine par la suite lors de divers combats, André Roger CHAIFFRE, envoyé par le Parti Communiste Français de Marseille pour prendre le commandement des F.T.P.F. Même si sa venue par les FTPF de Valréas est contestée, il a bien était dans l’Etat-Major du Capitaine ALAIN…. Et devint par la suite l'officier en second du Colonel LEGRAND au commandement de la Drôme.

De cette occupation éphémère, du 8 au 12 juin 1944, deux avions de reconnaissance allemands survolés la région, fallait-il comprendre que les troupes allemandes en retrait étaient prêtes à intervenir au moindre accrochage. Sans repli, comme il avait été décidé, les risques étaient majeurs.

André CHAIFFRE, alias « Roger », se trouvant sur un barrage n'a trouvé de mieux lors du passage des avions, de prendre un fusil mitrailleur et de leur tirer dessus. Fort heureusement sans les atteindre, contrairement aux déclarations du capitaine Alain dans un de ses témoignages (le grossissement des actes étant dans chaque engagement militaire bien connu).

Mais cet acte, aurait déclenché le mécontentement de certains officiers allemands décidant de prendre en otage la ville de Valréas.

 Aujourd'hui, cet acte de résistance peut être perçu comme irréfléchi !

 Puis vint la Libération, scènes de liesses populaires à l'arrivée des forces américaines, des défilés de résistants paradant dans les rues des villes et villages libérés, cérémonies patriotiques puis cette vulgaire tonte des « collaboratrices » devant un « Tribunal civil » d'un Comité de Libération, actes contestés en haut lieu de la Résistance.

 Une autre histoire de cette journée du 12 juin 1944 à Valréas ?

Sérieusement non, mais une toute autre approche de l'auteur, qui plus est 75 ans après découvre d'autres documents et même d'autres témoignages qui auraient pu être inscrits dans le livre du « 12 juin 1944 – 53 fusillés à Valréas » dont 5 éditions ont été publiées depuis 1981 à 2001, augmentées de témoignages.

 

 

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Valréas avant la guerre

15 Octobre 2021, 16:26pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Valréas avant la guerre

Depuis le 19 mai 1929, c'est Jules Niel qui est à la tête du conseil municipal de la ville.

Depuis l’Été, la France renforce ses armées, par le rappel de réservistes, mobilisation partielle, mais à partir du 1er septembre 1939, c'est la mobilisation générale. Celle-ci se fait dans l'ordre, personne n'ose encore croire à un conflit imminent La ville voit l'arrivée d'un régiment d'artillerie de l'Armée des Alpes, qui s'établit à l'ombre des platanes alors qu'une chaleur écrasante s'abat sur la région. Les soldats fraternisent avec les habitants, un relatif climat de détente renforce cette impression de la Der des Der a définitivement enterré les vieux démons de la guerre dans les tranchées, et qu'une solution à celle « mésentente » entre les puissants peut encore être trouvée.

Mais, le 23 septembre, en début d'après-midi, c'est la sirène qui ramène les Valréassiens à cette triste vérité :

La guerre est bien de retour.

 

Valréas et Vichy

 

La ville de Vichy devient le lieu d'établissement du gouvernement, celle-ci étant pourvue d'assez d'hôtels pour accueillir le personnel politique depuis que Bordeaux est passée en zone occupée.  
Les premières mesures prises par le gouvernement ont pour but l'épuration du corps parlementaire et le remplacement des municipalités non-conformistes. Les municipalités sont également concernées dans la Vaucluse, sur les 151 recensées, 65 sont dissoutes du 30 août 1940 au 9 octobre 1942 pour être remplacées par des délégations spéciales ou de nouveaux conseils choisis. Valréas fait partie des communes jugées conforme, son Conseil municipal n'étant pas considéré comme ceux inaptes à administrer sainement leurs communes. 
Par arrêté du 19 février 1941, Monsieur Jules NIEL, est nommé maire de la commune de Valréas. Monsieur Raoul RIVIÈRE et nommé premier adjoint. Monsieur Gabriel BOURBA est nommé deuxième adjoint. (…)


Le Conseil municipal exprime une nouvelle fois l'idée que l'union avec le gouvernement est essentielle à la bonne marche du pays, se faisant par là même son relais auprès de la population. Par conséquent, comme ils l'avaient fait avec Édouard Daladier, l'ensemble des conseillers, sur proposition du maire, décide de l'envoi d'un télégramme au maréchal :

Maréchal Pétain Chef de l’État Français

Vichy

Le conseil municipal de Valréas (Vaucluse) dans sa séance du 2 mars 1941, adresse à Monsieur le Maréchal Pétain, Chef de l’État Français, l'expression de sa vive admiration et de son profond respect. Il l'assure de sa fidèle collaboration et de tout son dévouement pour l’œuvre du redressement national.

Il décide de donner le nom du Maréchal Pétain à une des principales artères1 de la ville. Niel, maire de Valréas

La vie quotidienne de Valréas est dès lors marquée par les célébrations faites en l'honneur des nouveaux symboles du régime, comme la fête de Jeanne d'Arc. Un courrier rédigé par l’Église Réformée de Valréas le 1er juin 1941 et adressé au maire nous informe que « ... l'heure de culte de l’Église Réformée a dû être modifiée afin de permettre aux fidèles d'assister aux manifestations publiques organisées pour la fête de Jeanne d'Arc et pour la journée des mères », on peut dire qu'il s'agit de la mise en place d'un culte nouveau, celui des valeurs traditionnelles françaises et par la même de son instigateur en la personne du Maréchal. Il serait ainsi « prioritaire » face au culte religieux, l’Église devant s’adapter à ces célébrations. Un courrier, riche d'informations daté du 5 mai, rédigé par le préfet et destiné à Jules Niel, nous permet de connaître le déroulement de ces journées et les raisons de leur création.

à suivre...
 

Source : Archives de Valréas – Travail de recherches - Mémoire de Master Ihssane Gharbi -Officier de Gendarmerie

1Cours du Berteuil

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Dans cet amas ensanglanté de résistants et d'otages, cinq corps respirent encore.

11 Octobre 2021, 14:04pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Toile Bernard MERLE Offerte à l'association des Familles de Fusillés

Toile Bernard MERLE Offerte à l'association des Familles de Fusillés

Émile Bouchet se trouve dans les dix derniers. Il est attaché à un grand gars qui s'appelle Jean Veyrenc. Lorsque celui-ci s'écroule, touché en pleine nuque, Bouchet est légèrement déséquilibré, au moment même où le S.S. tire sur lui. La balle le frappe sous l'omoplate droite et ressort à la base du cou, du côté droit, faisant une déchirure de quatorze centimètres, mais ne touchant ni la colonne cervicale, ni la trachée, ni le larynx, ni la carotide.

Joseph Coutton, camarade d’Émile Bouchet, n'a pas été tué par la balle qui lui a traversé la tête, ouvrant un trou béant dans son palais. Gratien Soureillat, commerçant ambulant en bois et charbons, pris comme otage, a été atteint de trois balles, une dans l'épaule, deux dans la poitrine, dont aucune mortelle. Auguste Mary, récupérateur de métaux et de chiffons, otage comme Soureillat, a échappé aux projectiles. Son frère Gabriel, auquel il était lié par le poignet a été tué sur le coup et s'est écroulé, l'entraînant dans sa chute. Auguste Mary a perdu connaissance. Quand on le découvre, sous le cadavre de son frère, il n'a aucune égratignure ! Alfred Buey, imprimeur, a pris une balle dans la cuisse. L'artère fémorale sectionnée, il s'est lentement vidé de son sang. Lorsqu'on s'approche de lui, il respire encore faiblement.

En hâte, avec mille précautions, on transporte les cinq survivants dans un garage appartenant à M. Barthélémy. Mais on s'avise soudain que les Allemands ont dû faire leur compte de leurs victimes. (…) Ils seront remplacés par cinq corps d'otage ou résistants tués en ville ou en campagne.

Dès lors, le compte est de nouveau exact, on peut transporter les survivants à l'hôpital. Ils y reçoivent les soins d'un médecin. Pour Alfred Buey, hélas ! Il est trop tard. Il s'éteint doucement. Mais les quatre autres sont sauvés.

Ordres inhumains – Simplicité des obsèques.

 La Municipalité décida qu'une messe basse serait célébrée sur le parvis de l’Église et que les corps seraient transférés au cimentière, la foule étant admise à faire la haie le long du parcours. A 15h arrivait un ordre impératif émanant des autorités allemandes, invitant M. le Maire à surseoir aux obsèques. Elles auraient lieux le 15 juin à 6h30. Il était absolument interdit à la population et même au Conseil Municipal d'y assister. Seuls y étaient autorisés les membres directs de la famille. Les malheureuses victimes étaient assimilées par les boches à de criminels et bafouées jusqu’après leur mort.

Les cercueils furent transportés sur 7 charrettes plates, sans service d'ordre, accompagnés seulement des familles, du Maire et de ses deux adjoints. Dans la journée, malgré la consigne imposée par l'ennemi, les tombes fraîchement couvertes furent ensevelies sous les fleurs et les jours suivants une foule considérable défilait devant elles.

 

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12 juin 2021, une cérémonie en hommage à nos fusillés

7 Octobre 2021, 10:31am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

12 juin 2021, une cérémonie en hommage à nos fusillés

Il y aura eu autant de monde que les cérémonies précédentes hormis en 2020 (Covid) mais il aura fallu se battre pour que cette cérémonie soit à l'image de la reconnaissance de ces 53 fusillés -  la population a été très largement représentée, loin des élus non représentatifs comme ils devraient l'être et ce n'est pas la Campagne électorale qui leur interdisait d'être présents !

Communiqué qui m'a été envoyé par le directeur de l'ONACVG 84 - Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre

Les élus ne sont évidemment pas soumis à l'obligation de réserve qui ne s'impose qu'aux fonctionnaires et peuvent assister aux cérémonies patriotiques. -

 

«  Savez-vous vivants, que sur cette bordure qui longe ce mur, que vos pas chaque jour foulent, des suppliciés se sont couchés sous les balles de l'ennemi, nul cri ne s’élèvera, les morts sont disciplinés ! »

 

Je tiens à rendre hommage à notre regretté Joseph Coutton, fusillé-rescapé qui a contribué avec d'autres personnages, à protéger ce mur et faire en sorte qu'il soit inscrit au titre des monuments historiques depuis le 22 décembre 1981. Cette façade représentant le cartonnage et l'imprimerie, dont bien de ces fusillés en ont eu fait leur métier. Un partage de notre mémoire valréassienne.

 

Hier, le silence était de rigueur dans bien des familles sur les diverses tragédies de la seconde guerre mondiale, les enfants bien souvent ignoraient ce que vécurent leurs aïeuls.

Aujourd'hui encore 77 ans après, d'autres récits et témoignages apparaissent.

Devons-nous poursuivre à comprendre, à savoir malgré toutes les recherches entreprises de ces faits de guerres auxquelles bien souvent des ombres perfides, dissimulaient certaines vérités ?

Sur les vérités, de tous ces bourreaux qui n'ont eu de cesse de drainer le sang dans le paysage d'une France mutilée.

Sur les raisons que tous ces tortionnaires ont pu obtenir pour continuer une vie paisible, sans inquiétude, sans remords, sans pardon ! Amnistie-Immunité, les beaux mots pour échapper à une condamnation !

 

À Valréas, ce 12 juin 1944 fût une tragédie épouvantable pour nombre de familles, 53 fusillés, mais aussi pour tous les Valréassiens. Qui était le vrai responsable de cette tuerie ? Encore aujourd'hui, nous nous posons la question.

Des officiers présents, capitaine, lieutenant ont tous plus ou moins été disculpés, dont le lieutenant Helmut Demetrio, poursuivant dix ans plus tard sa vie paisible, de sa fonction de Professeur de musique en 1954 dans un collège et devenant en 1981 un membre du Comité de jumelage d'une ville allemande avec celle d'une ville de France qui n'avait certainement pas connaissance de ses faits de guerre , alors que cette troupe dont-il faisait parti, la 8ème Compagnie Brandebourg, de sa sanglante randonnée dans le Sud de la France a laissé derrière elle tant de malheurs, tant d'ignominie....de massacres . On ne peut pardonner !

 

Ce 12 juin 1944, un bruit assourdissant fige Valréas, la sirène retentit, c’est l’étonnement avant la peur. Deux jours après le massacre du village d’Oradour/Glane, Valréas risque les mêmes représailles.

Le Maire Jules NIEL, destitué de ses fonctions, mais ceint de son écharpe s’interpose devant l’Officier allemand qui l’informe que la ville va être détruite.

Rassemblée sur la place de la Mairie la population est transite de peur. Du haut du kiosque, un officier allemand harangue la foule, phrases traduites en bon français par un soldat portant l’uniforme allemand. Elle sera épargnée au vu de ce sacrifice. Nous pouvons dire encore aujourd'hui que nombreux habitants de Valréas, hommes, femmes et enfants, et il y en a parmi nous, il y en en a dans nos familles, témoins de ce drame du 12 juin 1944 sont des survivants ! Ils en sont la mémoire vive de notre ville. Restons humble dans certains témoignages que nous voyons apparaître d'année en année.

 

Encerclée par des troupes allemandes, seul contre une armée aguerrie un groupe de résistants est encore présent sur la route de Baume, ordre d’un repli ne lui parvenant pas ou non exécuté, il sera fait prisonnier.

Alignés devant ce Mur, jeunes et moins jeunes, otages civils et résistants représenteront un acte de résistance contre un acte de soumission. ils étaient là, eux, face à ce mur à attendre la mort, bien loin de cette montagne la Lance, terre de repli et de liberté , 46 furent fusillés, coups de grâce, seuls 4 rescapés survivront. Pendant l’attaque 7 résistants et otages seront tués

 

Mais la tragédie ne s'arrête pas là, l'exécution terminée, les Allemands se préparent à partir, deux camions bâchés, dedans 4 hommes et des pelles attendent. Manifestement, ils vont emmener les corps et les mettre dans un charnier – sachant que des corps sont encore vivants, l'infirmière en chef Jeannine Talmon accompagnée de l'infirmière Mireille Montabaranom, va tout faire auprès d'un officier pour que les corps ne soient pas déposés dans une fosse – Après une longue discussion les corps resteront sur place, les quatre rescapés auront été sauvés d'une mort certaine par ces deux infirmières.

Un engagement responsable par la clameur venant d'Outre-Manche, une France saignante de massacres, de tortures, d'internement dans les prisons, de déportation et d'extermination dans les camps, de tragédies avec la complicité du pouvoir en place, mais une France libre.

La diversité de la Résistance tenait aussi à la variété des origines nationales de ses combattants : ils venaient de partout. Beaucoup avaient fui la dictature de leur pays alliée au régime hitlérien, comme malheureusement bien d'autres le font aujourd'hui. La résistance c'est d'abord un état d'esprit, les actes suivent. L'idée de la résistance n'était pas de mourir en martyr sur l'autel d'une France libérée. Au plus jeune âge, ils aimaient trop la vie pour s'offrir en sacrifice. Ils avaient plutôt en tête de pourrir la vie de l'occupant autant qu'il la leur pourrissait.

Oui, ils aimaient la vie. Ils voulaient un monde meilleur pour tous. Ils sont morts dans un État qui ne voulait les laisser vivre en toute liberté.

Il fallait composer avec le cru de ceux qui se soulevaient contre l'envahisseur. Qu'ils soient chefs de groupe de résistants ou chefs civils, il fallait improviser sur les diverses manœuvres « militaires » ou « civiles » - Le combat est une stratégie que l'on apprend dans les écoles militaires et dont les politiques en sont aussi les maîtres d’œuvres quand une guerre est déclarée.

La bienfaisance a toujours été l'âme de notre enclave auprès des plus démunis, et le présent tout dernièrement dans cette pandémie, nous l'a bien démontré, par l'engagement d'aider les autres, une forme de résistance. Un engagement continuel et non un engagement provisoire ou électoral !

Valréas doit être reconnue comme l'une des villes du Vaucluse les plus touchée par ce massacre – elle se doit d'être représentative lors de cette cérémonie de celles et ceux qui de leur fonction d'élu, représentent, notre ville, notre département, notre circonscription notre région et bien évidemment la présence de notre Préfet, représentant l’État, présent à Valréas depuis quelques années.

Aujourd'hui, nous attendons de notre jeunesse, non pas de revivre ces événements tragiques, malgré la poursuite de massacres et de génocides dans ce monde soi-disant humain, mais qu 'elle est un regard sur ce passé afin de ne pas oublier.

Et que ce mot Résistance soit la force d'une opposition, contre une situation d' obéissance extrême qui nous ramènerait au passé.

Cette association de Familles de Fusillés dans laquelle je me suis investi depuis plus de trente années et qui me fait confiance en ma qualité de Président depuis 13 ans, dont je laisserai ma place prochainement , continuera à perdurer cette mémoire du 12 juin 1944.

Je tiens personnellement à remercier les porte drapeaux , ces drapeaux qui incarnent les associations patriotiques, toujours aussi présents en ce 12 juin et sans aucune limite de participation quelle qu'en soit les raisons et surtout le temps – Merci aussi à tous les représentants d'associations patriotiques présents depuis 77 ans – Merci aux enfants et accompagnants – Merci à vous tous !


 

Allocution du 12 juin 2021 - Michel Reboul

 

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Trente années d'actions dans l'association des Familles de Fusillés

4 Octobre 2021, 15:36pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Trente années d'actions dans l'association des Familles de Fusillés

Je n’ai pas pour l’habitude de me justifier sur mes actions dans l’association des Familles de Fusillés, mais je pense qu’il faut mettre les points sur les i, quand mon engagement serait bafoué par quelques paroles désobligeantes surtout en pleine cérémonie du 12 juin 2021 -  Il est évident et je  reconnais que j’ai pour habitude de dire la vérité et surtout de défendre les intérêts d’une association qui perdure depuis 76 ans et loin d’être le seul comme président à mettre insurgé sur des sujets qui fâchent, mes prédécesseurs en ont fait tout autant, il suffit de consulter les archives de notre association. Tous les présidents ont su s’impliquer comme il se doit pour le respect de nos martyrs.

Aujourd’hui, je ne saurais me laisser manipuler par quelques personnes  qui voudraient me voir partir, même si je me suis éloigné de Valréas, je reste toujours aussi actif – Je reçois des courriers, des invitations et je m’applique à y répondre.

Les membres de l’association m’ont toujours assuré leur confiance et je ne peux que les en remercier en poursuivant ce que j’ai entrepris au sein de l’association depuis 30 ans, en tant que secrétaire-trésorier adjoint, puis secrétaire, vice-président et président depuis 13 ans.

J’avais fait la promesse à  André et Elise BERGERON de continuer, je ne peux que leur rendre cet hommage.  Lors de la prochaine assemblée générale ordinaire , les membres décideront .

Veuillez m’excuser  de l’expression au vu de ma décision de démissionner, remise en cause par ci-dessus : «Il y a que les cons qui ne changent pas d’avis »

Michel Reboul

Président

Pour info : Quelques liens du blog  12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS –

Mis en ligne le 12 juin 2009 – 396 articles – 25272 visiteurs – 50448 pages vues depuis sa création

 

Alfred Gaston Buey, lithographe - résistant-combattant - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

Montségur-sur-Lauzon,cérémonie de remise des médailles des Justes parmi les Nations - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

Dominique Bonnet nous a quitté - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

Hommage à Gaston ANDRÉ , résistant-déporté. - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

CONSTANT Edouard Roger, fusillé - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

Raymonde d'Isernia, témoigne sur sa journée du 12 juin 1944 à Valréas - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

Raymonde d'Isernia fait chevalier de l'Ordre National du Mérite. - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

Valréas, Jean Gontier déporté de 1943 à 1945 - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

Lettre de remerciements d'une grande poétesse de l'enclave - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

12 juin 1944 à Valréas, revisité par un auteur ! - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

12 juin 2021 à Valréas, l'ANFFMRF en parle - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

André Bergeron, résistant-combattant-interné, gravement blessé à la libération de Paris - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

Inauguration de la stèle de la Romezière à Valréas - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

Karl Heidinger, historien de Sachsenheim (Allemagne) - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

Contre la Guerre - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

La Lettre du 12 juin 1944 - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

La médaille et le diplôme de Justes parmi les Nations à Fernand et Émilie Devès - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

 

 

 

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Hommage aux volontaires de la Résistance

25 Septembre 2021, 11:45am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Livre en cours de rédaction

Livre en cours de rédaction

A tous ceux qui se sont engagés en qualité de combattants volontaires de la Résistance, poursuivant l'ennemi jusqu'en Allemagne et bravant tous les dangers jusqu'à pour nombreux d'entre eux laissant leur vie pour la Patrie.

Une reconnaissance qui malgré leur absence en cette année 2020, dont la plupart se veulent les témoins de ces valeureux combats ne peuvent être oubliés, et ne peuvent-être occultés par des témoignages qui ne seraient avoir la valeur des leurs. De grands Résistants , honneur leur soit rendu en cette journée de la Libération de Valréas .

 

Le 9 juin 1944, une ordonnance signée par H. Queuille, Ministre d’État fixa le statut des F.F.I. - Forces Françaises de l'Intérieur.

 

A la tête de 3 000 hommes, dont 1 000 sous les ordres du capitaine Reynaud (Alain) le chef départemental de l'Armée Secrète (A.S.) Drôme, le commandant Drouot (Hermine) répartit ses formations :... 8ème Cie – 162 hommes, lieutenant Rigaud [1](Georges)

 

22 août 1944

 

Afin d'éviter la vallée du Rhône, les lourds convois ennemis protégés par leur blindés se replièrent par les voies intérieures, préférant le harcèlement des armes légères F.F.I. Aux meurtriers bombardements de l'aviation alliés...

 

Le commandant De Lassus et son adjoint F.T.P. Le commandant Roger, venant de Saou, se dirigeant vers Puy-St-Martin précédés par une colonne de 25 chars destroyers américains. A 2 kms environ de ce dernier village, des cultivateurs vinrent prévenir qu'une soixantaine d'Allemands s'étaient retranchés dans le village, autour de l'église et du cimetière, avec un canon anti-chars. …..

 

23 août 1944

 

A Salles sous-bois, Jean Barsamina disparu au cours d'une reconnaissance effectuée dans l'après-midi par les F.F.I. Le camion sur lequel il avait pris place fut attaqué et détruit par un char allemand sur la route reliant Grignan à Taulignan.

 

24 août 1944

 

Les éléments de la Wehrmacht continuant leur repli par le R.N. 538 firent de nouvelles victimes en abattant à Buis-les-Baronnies, Marius Bastidon et David Goldeberg, et à Venterol, près de Nyons (Drôme) le sergent-chef F.T.P. Charles Ivaldi. Protégés par leurs blindés et leur artillerie légère, les colonnes se retirant par les voies intérieures se battirent avec acharnement contre les Alliés. Sur la route de Taulignan-Valréas le soldat ennemi Lehmaier, fut des 4 heures victime des balles américaines. Il tomba près du pont franchissant le Lez, à 20 mètres à droite de la route D47 et à 50 mètres du jardin de M. Marinier.(...)

 

Le lieutenant Huet rameta une nouvelle fois ses hommes qui effectuèrent depuis Uriage une manœuvre débordante dont le bilan se solda pour les américains à 2 morts, Kiva Fingerhut et Bruce Gilmer qui furent inhumés à Valréas (Vaucluse) et pour les français à 8 morts....

 

25 août 1944

 

Dès le début de la matinée les blindés de la 11e Panzer et les fantassins de la 198e Division se mirent en mouvement et convergèrent vers la Bégude, Bolieu, Marsanne, Cliousclat, Livron. Déployés en éventail sur la rive gauche du Rhône ils tentèrent de s'infiltrer afin de surprendre les éléments de pointe alliés. Mais la réaction fut immédiate, l'aviation Anglo-Américaine, embrasant collines et véhicules, déversa sur les longs convois, le feu et la mort. Bombardés impitoyablement par les appareils de l'artillerie, harcelés par les F.F.I., mitraillés et poursuivis par la chasse aérienne alliée, l'ennemi terrorisé vola bicyclette, automobiles et chevaux pour hâter son repli.

A Châteauneuf du Rhône, un lieutenant français, né à Lyon mais demeurant à Meknes (Maroc), Pierre Soubeirat, 24 ans tomba héroïquement.(...) A Nyons, Raymond Clément fut également frappé à mort quai St-Pierre par des balles allemandes. Suzanne Lombard 21 ans atteinte Place de la République et le jeune Raymond Peron âgé de 8 ans décédé à l'hôpital furent toutes victimes de l'artillerie ennemie. (…)

 

26 août 1944

 

La 19e Armée Allemande n'ayant toujours pu faire sauter le « bouchon » américain de la Vallée du Rhône, tenta une nouvelle fois une manœuvre débordante. Délaissant le N7, les colonnes attaquèrent par l'est et si quelques éléments réussirent à s'infiltrer à travers les mailles du filet, la progression coûta aux allemands de nombreuses victimes (…)

 

27 août 1944

 

Face aux 7000 hommes et à l'artillerie du général Butler près de 50 000 Allemands bloqués à Montélimar s'employèrent à fond pour briser l'encerclement. De la ville même l'artillerie allemande

 déclencha un violent tir, prélude d'une grande offensive. Afin de protéger leurs arrières et entraver la marche de la 3e Division d'Infanterie U.S. Du général O' Daniel ils encombrèrent la route  de véhicules et d'engins de toutes sortes qu'ils tassèrent les uns contre les autres. DE sorte que lorsque la 3e D.I.US voulut passer, elle dut dégager la route avec les bulldozers.

 

28 août 1944

 

Dans la région lyonnaise, les F.F.I., concentrés autour de Lyon par le colonel Descour[2], harcelèrent une armée allemande qui ne put livrer que des combats de retardement.

Source : Le Vercors Joseph Lapicirella

[1] Le général Rigaud est né en 1920 à Saint-Restitut (Drôme). Saint-Cyrien, il fut résistant pendant la Seconde guerre mondiale et participa notamment aux sabotages des lignes ferroviaires et téléphoniques, le 13 août 1944, deux jours avant le débarquement allié en Provence.

[2] Marcel Descour (également connu dans la Résistance sous les noms de guerre Cavalier1DautryPérimètre et Bayard2), né à Paris le 6 novembre 1899 et mort à Montbrison-sur-Lez (Drôme) le 2 avril 1995 est un officier général et résistant français.

Commandant dans l'infanterie pendant la bataille de France, il fait partie des forces armées que le régime de Vichy est autorisé à conserver après l'armistice. Il commence très tôt à mener des activités de résistance et est l'un des premiers officiers d'active à passer dans la clandestinité, le 27 novembre 19423. Il prend la tête de l'Organisation de résistance de l'Armée dans la région lyonnaise en 19434.

Marcel Descour devient gouverneur militaire de Lyon à la libération de la ville et est promu général en 1946. Il poursuit sa carrière militaire, notamment comme commandant des forces françaises d'occupation en Autriche en 1946, et plus tard commandant la 1re division blindée dans les forces d'occupation françaises en Allemagne. En 1956, il est nommé de nouveau gouverneur militaire de Lyon. En 1958, il est impliqué dans l'opération Résurrection visant à porter au pouvoir le général de Gaulle. Il est nommé général d'armée en 1959 et quitte le service actif l'année suivante

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