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Valréas 12 juin 1944 - 53 fusillés

hommage

27 janvier, mémoire de l’Holocauste : des jeunes engagés

6 Février 2023, 15:27pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

27 janvier, mémoire de l’Holocauste : des jeunes engagés

La 5e Rencontre nationale des ambassadeurs de la mémoire s'est tenue à Paris, fin janvier. Sept collégiens strasbourgeois y ont pris part. Ils y représentaient le haut lieu de la mémoire nationale de l’ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof.

Du 25 au 28 janvier derniers, les ambassadeurs de la mémoire du collège Louise-Weiss, de Strasbourg, ont participé à la 5e Rencontre nationale à Paris, organisée par le réseau des lieux de mémoire de la Shoah en France. L’événement se tient autour du 27 janvier, date de la découverte du camp d’Auschwitz-Birkenau par l’armée soviétique, en 1945. Cette date a été retenue en 2005 par l’ONU pour être la Journée internationale de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité.

Sous la conduite de leurs enseignants Camille Hauptmann, Marie-Louise Schweitzer et Julien Milou, sept élèves volontaires représentent le Centre européen du résistant déporté (CERD) – Site de l’ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof, qui est membre du réseau des lieux de mémoire de la Shoah en France. Depuis plusieurs mois, ils se sont ainsi engagés à être porteurs de la mémoire de ce lieu de déportation et de persécution, tout en s’inscrivant dans une démarche de réflexion et de transmission des valeurs démocratiques et républicaines.

 

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Hommage aux résistants-combattants

18 Novembre 2022, 14:17pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Hommage aux résistants-combattants

Un peu de rappel en cette période de commémorations diverses et d'engagement (personnel)  dont certaines personnes s'accaparent des faits de guerre, dont ils n'ont entre autre aucune valeur combattante.

A tous ceux qui se sont engagés en qualité de combattants volontaires de la Résistance, poursuivant l'ennemi jusqu'en Allemagne et bravant tous les dangers jusqu'à pour nombreux d'entre eux laissant leur vie pour la Patrie.

Une reconnaissance qui malgré leur absence en cette année 2020, dont la plupart se veulent les témoins de ces valeureux combats ne peuvent être oubliés, et ne peuvent-être occultés par des témoignages qui ne seraient avoir la valeur des leurs. 

Les Valréassiens qui ont poursuivi la guerre après le 12 juin 1944, et surtout repousser les allemands jusqu'en Maurienne et même en Allemagne, ne les oublions pas ; entre autre Élie Jardin, sergent-chef, né le 8 mars 1920 à Vinsobres (Drôme), résistant de Valréas, tué en Maurienne, et bien d'autres résistants de Valréas continuant cette guerre , ceux du Bataillon Morvan , Émile Bouchet, Louis Barthe, Marcel Constant ..

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Joseph Coutton, dernière mémoire de la fusillade du 12 juin 1944

24 Septembre 2022, 10:33am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Il y a 19 ans, notre cher Président nous quittait – On n’oublie pas !

Il est parti trop tôt, il aurait pu encore nous parler de ce 12 juin 1944, de ses camarades de combats, fusillés devant ce mur, sans oublier les otages.

Dernière mémoire de cette fusillade où il était présent devant ce mur à attendre la mort, sans qu’il soit conscient qu’il en échapperait. Il a œuvré toutes ses années de « sursis » pour que personne n’oublie, pour que les générations à venir comprennent cette guerre qui a fait tant de massacres.

Le souvenir perdure grâce à l’association des Familles de Fusillés qui se veut la mémoire de ces malheureux résistants, mais aussi ces sacrifiés comme otages. Dans cette association, il n’y a pas de différence entre les uns et les autres, ce n’est pas une association d’anciens combattants, mais de familles qui préservent le souvenir de leurs proches, de leurs amis.

Elle perdure depuis 1971, soit plus de 50 ans, faisant suite au Comité du Monument aux Morts créé en 1945 .

Notre dernière assemblée en 2021, a démontré par la présence de ses adhérents et de la totalité des procurations, donnant toute sa confiance à son président, qu’elle se doit de poursuivre son engagement dans la dignité, sans mettre en avant qui que ce soit dans ce malheur, sans se distinguer de l’engagement des uns et des autres, mais bien de faire comprendre ce sacrifice de nos 53 martyrs.

Ils étaient Résistants Combattants, Otages  Fusillés. Respect !

Michel Reboul

Président de l'association

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Hommage à la Résistance Vauclusienne et au Maquis VENTOUX

30 Août 2022, 19:29pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

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Georges GONNET alias "Géo Galtier - résistant combattant

26 Avril 2022, 08:49am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Georges GONNET

Georges GONNET

Souvenir

Georges GONNET alias « Géo Galtier », secrétaire de l’association des Familles de Fusillés.

 

Un homme posé, respectueux et surtout discret dans son engagement dans la résistance. Discret dans son passé, comme nombre de ces hommes et femmes résistants – combattants, pour une seule cause, défendre leur patrie.

 

Entré en résistance au Mouvement Combat en janvier 1942 à l’âge de 19 ans, il est affecté au Groupe Francs, participant à tous les engagements du groupe jusqu’au 30 septembre 1942 – Pose de bombes, plastiquages de divers bâtiments dans Lyon et sa banlieue .

 

Arrêté ce jour du 30 septembre par la dénonciation d’un membre de son groupe fait prisonnier. Interrogé, torturé pendant 7 jours puis incarcéré à la prison de Saint Paul et Saint Joseph à Lyon, jugé par le Tribunal spécial présidé par Joseph Darnaud, il est condamné à 1 an de prison, puis libéré le 30 juillet 1943, mais repris au greffe du Tribunal par la brigade antiterroriste pour être dirigé sur un camp d’internement. Au bout de 8 jours, il s’évade avec son camarade Rodolphe Berthaud du Palais de justice de Lyon. Il rejoins les maquis de l’Oisans, puis de Chartreuse et du Grésivaudan jusqu’au 1er février 1944. Retour sur Villeurbanne où il reprends contact avec le Groupe Francs, il reconstitue une unité de groupe. Il participa à la libération prématurée de Villeurbanne, puis celle de Lyon.

 

Engagé pour la durée de la guerre, puis revenu à la vie civile, il devient le Président des Anciens des Mouvements Unies de la Résistance de Lyon, il est notamment à l’origine du Musée National de la Résistance et de la Déportation à Lyon. Valréassien depuis 25 ans, il était membre puis secrétaire de l’association des Familles de Fusillés, Déportés, Internés, Résistants et Patriotes de l’Enclave. Titulaire de la Médaille Militaire, Croix de Guerre avec Palme, Médaille de la Résistance, Croix de Combattant Volontaire de la Résistance, Croix du Combattant 39/45, Médaille des Internés L’Association des Anciens des Mouvements Unies de la Résistance de Lyon avait sollicité récemment l’obtention de la Légion d’honneur, titre qui pourrait lui être attribué à titre posthume. 

 

Communiqué de presse novembre 2002 de l'association des Familles de Fusillés

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Alfred Gaston Buey, lithographe - résistant-combattant

24 Mars 2022, 16:47pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Alfred Gaston Buey

Alfred Gaston Buey

A mon oncle

Né le 10 juin 1914 à Valréas (Vaucluse), exécuté le 12 juin 1944 à Valréas (Vaucluse) ; imprimeur ; Francs-tireurs et partisans (FTP).

Fils de Casimir, lithographe, et de Alix Salvia, sans profession, imprimeur à Valréas, Alfred Buey, était membre des FTP. Il participait au mouvement insurrectionnel qui contrôlait le secteur de Valréas depuis le 8 juin 1944.
Il fut fait prisonnier à l’extérieur de la ville et fit partie des cinquante résistants ou otages exécutés par l’armée allemande et ses auxiliaires de la 8e compagnie Brandebourg, le soir du 12 juin 1944. Mortellement blessé  lors de la fusillade, il mourut la nuit suivante à l’hôpital.
Il fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume le 17 décembre 1968.

 

Vérité d'une résistance, vérité d'une mort tragique, vérité d'un jour d'anniversaire qui n'en fut qu'une tragédie.

Il viendra à la vie en cette grande guerre , le 10 juin 1914, celle où son père était comme parmi tant d'autres des humains devenant de la chair à canon, des infimes êtres sous des bombes qui les détruiront au cœur de leurs âmes de combattants d'une jeunesse perdue.

Son père survivra, communiste, il deviendra un autre combattant contre ces guerres injustes, où seul le capitalisme peut s'enrichir sur le dos d'une humanité qui n'en est pas. De ses lettres typographiques qu'il déposera sur un support pour faire ressortir un texte, au départ en relief, donnera la lecture qui se veut la communication que devrait avoir toute personne en connaissance de base, afin que chacun en soi puisse comprendre ce que veut dire un texte, une lecture et donner l’espérance d'apprendre ce que d'autres voudraient nous cacher.

Comme son père, il imprimera des pages et des pages d'écriture à la connaissance de tous, sauf qu'un jour, un jour de capitulation d'autres ont décidé pour tous. Ils ont décidé de faire imprimer leurs idées, leurs « ordres », leurs soumissions à une force d'occupation. Il ne fallait lire que ce que l'on nous imposait pour une vie autre que celle que l'on avait choisi. Ce n'était plus la bonne lecture, celle qui devait donner espoir de lire sans se soucier, mais celle qui devait donner « espoir » à un peuple dominé par la grandeur idéologique d'un homme soutenu par celui qui avait été un grand homme de guerre, Philippe Pétain, et même s'il n'était pas sur les champs de batailles de cette grande guerre, il était reconnu en tant que tel ; de ses ébats amoureux il s'en est fait un héros de guerre.

Alors, comme tout homme qui veut garder son honneur, l'imprimeur élevé dans la structure ouvrière, ne pouvait se soumettre à publier de tels écrits qui n'allaient pas dans le sens de ses valeurs que lui avait inculqué son père lithographe. Il se devait de résister avec les moyens qui lui étaient donnés, résister à ceux qui pensaient autrement pour leurs biens précieux sous l'influence d'une idéologie nauséabonde, qu'il n'avait loin de là épousé, mais bien rejeté.

Il entra en résistance sans arme, car les armes de guerre sont meurtrières et tuer n'a jamais été l'ivresse de sa famille si ce n'est par obligation, par ordre donné.

Son arme à lui, c'était cette machine qui sentait l'encre, qui s'emballait d'un élan pour imprimer, des « tacs-tacs, tacs-tacs » sons qui couvraient la voix de l'imprimeur habillé de son tablier noir, taché d'encre. Des « ouvrages » sortaient , telles des entêtes de lettres, des publicités, des bons d'achats, de vente etc. Un ensemble de papiers d'une vie qui se devait être plaisante, même si le travail pénible parfois, n'était qu'une liberté bien acquise après cette sale guerre de 1914-1918. On revivait, par le sacrifice !

Il entra en résistance, confectionnant des tracts, des faux documents d'identités pour que des jeunes ne subissent pas le Service du Travail Obligatoire qui leur était imposé en Allemagne. Il se devait comme d'autres Compagnons Imprimeurs de s'engager avec ses propres moyens à « combattre » l'ennemi, la collaboration. C'était une « résistance » non sans danger, la confiance d'un côté mais bien la méfiance autour de soi.

 

Avant le drame, le sacrifice, la terreur, l'horreur, l'occupation de Valréas décidée par les chefs de « guerre », les chefs civils, faisant suite au débarquement sur les côtes normandes le 6 juin 1944, cette ivresse des grands chefs de mettre en œuvre une pression combattante sur l'envahisseur, l'occupant et ses collaborateurs. La Résistance prenait les armes !

Mais combien était-il armé ? De quelques pétoires, pistolets, fusils-mitrailleurs au compte goutte, résistants dont certains avaient connu la première guerre, d'autres anciens militaires et puis tous ces jeunes et moins jeunes cachés dans les maquis venant grossir les effectifs avec leur moyen, leur formation « guerrière » de quelques jours. Mais ils étaient là, à répondre à l'appel de résister !

Ils n'avaient certainement pas conscience de ce qui les attendait, face à eux une armée aguerrie des combats de Russie, des atrocités vécues dont ils étaient pour la plupart les acteurs de l'ignominie.

Ces résistants, dans leur cœur, de leur sang qui coulait dans leurs veines, ils n'avaient dans leurs engagements l'ivresse de libérer leur pays, sans chercher à comprendre, ce que la hiérarchie combattante savait et bien souvent leur cachait.

L'ordre est donné, les barrages sont mis en place aux entrées de la ville. Un jeune hisse le drapeau France, drapeau de la liberté, d'une main il tient un vieux fusil, une dame s'en inquiète, la réponse est jovial, sans peur ; « il faut bien défendre son pays ».

Notre imprimeur entraîné par l'élan de résistance, laisse éteindre sa machine dont l'encre est encore fraîche, avec des camarades, il rejoindra les combattants-résistants. Une arme à la main, un pistolet, bien maigre défense, mais il était armé, prêt à faire face à l'ennemie, prêt à se sacrifier, comme bien d'autres.

Puis vint, ce 12 juin 1944, il venait de fêter ses 30 ans le 10 juin, avec ses camarades imprimeurs-résistants, ils avaient certainement bu un verre, dans la joie des jours sombres de cette seconde guerre assoiffée de dignitaires capitalistes !

Avait-il une « chérie » ? Il était célibataire, beau garçon, élégant, élevé  dans la dignité comme son frère et sa sœur par leur belle-mère. De leur enfance, la mort de leur maman de la grippe espagnole, trop jeunes ils en avaient aucun souvenir. Encore un drame, que la vie bien souvent vous attriste, mais aussi vous forge un caractère.

Ce 12 juin 1944, des renseignements font état que les troupes allemandes se dirigent sur Valréas, elles sont en nombre, plus de 1200 soldats accompagnés de chars et automitrailleuses, face à quelques combattants peu chevronnés et loin d'être en force de résister à cette armada de guerre. L'ordre de repli est donné, malgré quelques réticences de certains chefs. La communication entre les barrages était loin d'être fiable, pas de radio, si ce ne sont des « estafettes », hommes à motocyclettes ou à bicyclettes pour communiquer d'un poste à un autre. Mais l'ordre ne parviendra pas à un barrage !

Les allemands entre dans la ville, le repli se fait en débandade, chacun cherche son salut. Malgré cela des victimes au hasard des tirs de l'ennemi, puis vint les prisonniers, résistants-combattants du barrage « oublié », rejoints par des otages civils pris dans la nasse des soldats de la Wehrmach.

La terreur est entrée dans la ville, les habitants sont confinés sur la place de la mairie, autour d'eux, leurs bourreaux. Femmes, enfants, vieillards attendent leur sort. Sachant ce que cette armée en débandade, acculée par les libérateurs venant d'outre-Manche et de la Force Française Intérieure (F.F.I.), ne laissera rien sur leur passage, si ce ne sont des pleurs.

Maire, femmes de la Croix-Rouge, feront en sorte d'éviter un tel massacre perpétré 2 jours avant sur la commune d'Oradour-sur-Glane et bien d'autres communes. Mais ce « compromis » est loin d'atténuer la peur d'une population abandonnée aux mains de l'ennemi. Éloignés de la commune, dans les divers maquis, chefs combattants, résistants et jeunes réfractaires au S.T.O., ne peuvent imaginer la situation, dans cette ville qu'ils occupèrent pendant 3 jours. Les troupes de la Wehrmach, composée d'une unité de Brandebourgeois, sévissant dans tout le Sud de la France, dont leurs actes inqualifiables ont suscité nombre d'effrois, ne peuvent que s'interroger sur le devenir de cette occupation allemande.

Ce 12 juin 1944, notre imprimeur, résistant-combattant aura comme compagnons de la dernière heure, 45 otages résistants et civils alignés devant le Mur de la mort.

Malgré une fois encore l'intervention du Maire et du personnel de la Croix-Rouge, leur sort était aux mains du peloton d'exécution. L'un après l'autre, leur corps était criblé de balles, leur sang se déversa le long du mur, se mélangea aux uns et aux autres pour n'en faire qu'un, le sang du sacrifice. Le coup de grâce leur fut infliger par un ou plusieurs officiers qui par la suite n'ont pas eu le courage de reconnaître leurs actes. Cependant , cinq survivants ressortiront de cet amas de chairs sanglantes. Notre imprimeur en fait parti, les secours qui interviendront pour dégager ces cinq corps malgré l'interdiction par les exécutants de ce massacre de ne pas toucher aux terroristes-fusillés, ne survivra pas à ses blessures.

Par cet acte meurtrie, la population fût sauver.

 

 

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La Résistance au féminin

7 Mars 2022, 15:41pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

La Résistance au féminin

En cette journée de la femme et de cette guerre en Ukraine

En 2002, l’exposition "De l’oubli à la reconnaissance, Images de femmes" organisée par les Archives départementales de Vaucluse mettait en lumière des destins. La Journée internationale des femmes nous a donné l’occasion de remettre à l’honneur un des portraits évoqués, celui d’Yvonne de Komornicka, grande figure de la Résistance en Vaucluse.

Yvonne de Komornicka

Aînée d'une famille nombreuse, Yvonne de Komornicka, née Roeschlin (1898 Saulxures-sur-Moselotte - 1994 Avignon), part faire ses études à Paris après le premier conflit mondial. Le choc des combats, si près de son enfance vosgienne, et les interrogations sur la place des femmes ont contribué à forger cette personnalité énergique.

La seconde guerre mondiale fait de cette veuve, mère de trois filles Christiane, Wanda et Hélène, le Capitaine "Kleber". Du service social à l'écoute de Radio-Londres, de la propagande à la direction du mouvement "Combat ", Yvonne de Komornicka est un rouage essentiel de l'armée des ombres dans le sud-est. Arrêtée en octobre 1943, elle est internée aux Baumettes puis déportée à Ravensbrück.

La Résistance au féminin - Archives Vaucluse

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Le dernier résistant tricastin n'est plu

27 Janvier 2022, 10:00am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

La Tribune du jeudi 27 janvier 2022

La Tribune du jeudi 27 janvier 2022

Archives Mémoires des hommes

Archives Mémoires des hommes

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Robert Créange vient de nous quitter

20 Décembre 2021, 08:29am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Robert Créange

Robert Créange

Robert Créange, ancien instituteur, puis professeur, inlassable témoin et passeur de la mémoire de la Shoah vient de mourir. Sa vie fut déterminée par l'arrestation, la déportation et l'assassinat par les nazis, de ses parents, Pierre Créange et Raymonde Cahen. Robert fut un grand secrétaire général de la FNDIRP. Il était communiste. Je l'aimais beaucoup.

"Robert Créange, issu d'une famille juive d'origine lorraine. Ses parents et son grand-père paternel ont été arrêtés en tentant de franchir la ligne de démarcation en Juillet 1942, très vraisemblablement vendus par le "passeur" qu'ils avaient payé. Ils ont été internés à Poitiers puis à Drancy. Son grand-père faisait partie du dernier convoi de vieillards relâchés de Drancy.

Ses parents ont été déportés par le convoi n° 34 du 17 Juillet 1942 en direction d'Auschwitz-Birkenau. Ils meurent en déportation. Pendant sa déportation, Pierre Créange, le père de Robert, a écrit deux poèmes qui sont parvenus comme par miracle à ses enfants."

Robert a 11 ans ce jour d’août 1942 : "Pendant la guerre et l’occupation, mon père, Pierre Créange, militant de la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière – le parti socialiste français), franc-maçon, juif et poète, a très vite été recherché. Aussi bien par la police française que par la gestapo.

Après la rafle du Vel’dHiv, du 16 juillet 1942, il a décidé de nous faire passer la ligne de démarcation pour rejoindre la zone libre, avec ma mère, mon grand-père maternel et ma sœur âgée de 13 ans. Nous savions qu’il y avait danger, mais nous ignorions complètement l’existence des camps et des chambres à gaz.

Ce jour d’août 1942, ma sœur et moi, nous avons vu nos parents pour la dernière fois, arrêtés par les Allemands. Recueillis par une tante à Périgueux, nous avons pu échanger quelques cartes avec nos parents, tant qu’ils étaient dans la prison de Poitiers et dans le camp de Drancy, jusqu’à l’arrivée de la dernière, sur laquelle un gardien avait inscrit “Partis le 18/09/1942 pour destination inconnue”...

Nous n’avons plus rien su de notre mère, certainement gazée à l’arrivée. Pour notre père, quelqu’un, qui en est revenu, nous a raconté et rapporté deux de ses poèmes écrits au camp. Notre grand-père a eu plus de chance, après la libération, nous l’avons retrouvé à Boulogne-Billancourt".

Pour passer la ligne de démarcation, Pierre Créange fait appel à un passeur, qui faisait passer d'une zone à l'autre.

Malheureusement les Créange tombent sur un passeur qui se faisait payer par les réfugiés d'un côté et par les nazis de l'autre. Robert, 11 ans, et sa soeur 13, sont 200 mètres en avant. Les Allemands ne font pas attention à eux.

Les deux petits passent.

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