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12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS

Alfred Gaston Buey, lithographe - résistant-combattant

24 Mars 2022, 16:47pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Alfred Gaston Buey

Alfred Gaston Buey

A mon oncle

Né le 10 juin 1914 à Valréas (Vaucluse), exécuté le 12 juin 1944 à Valréas (Vaucluse) ; imprimeur ; Francs-tireurs et partisans (FTP).

Fils de Casimir, lithographe, et de Alix Salvia, sans profession, imprimeur à Valréas, Alfred Buey, était membre des FTP. Il participait au mouvement insurrectionnel qui contrôlait le secteur de Valréas depuis le 8 juin 1944.
Il fut fait prisonnier à l’extérieur de la ville et fit partie des cinquante résistants ou otages exécutés par l’armée allemande et ses auxiliaires de la 8e compagnie Brandebourg, le soir du 12 juin 1944. Mortellement blessé  lors de la fusillade, il mourut la nuit suivante à l’hôpital.
Il fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume le 17 décembre 1968.

 

Vérité d'une résistance, vérité d'une mort tragique, vérité d'un jour d'anniversaire qui n'en fut qu'une tragédie.

Il viendra à la vie en cette grande guerre , le 10 juin 1914, celle où son père était comme parmi tant d'autres des humains devenant de la chair à canon, des infimes êtres sous des bombes qui les détruiront au cœur de leurs âmes de combattants d'une jeunesse perdue.

Son père survivra, communiste, il deviendra un autre combattant contre ces guerres injustes, où seul le capitalisme peut s'enrichir sur le dos d'une humanité qui n'en est pas. De ses lettres typographiques qu'il déposera sur un support pour faire ressortir un texte, au départ en relief, donnera la lecture qui se veut la communication que devrait avoir toute personne en connaissance de base, afin que chacun en soi puisse comprendre ce que veut dire un texte, une lecture et donner l’espérance d'apprendre ce que d'autres voudraient nous cacher.

Comme son père, il imprimera des pages et des pages d'écriture à la connaissance de tous, sauf qu'un jour, un jour de capitulation d'autres ont décidé pour tous. Ils ont décidé de faire imprimer leurs idées, leurs « ordres », leurs soumissions à une force d'occupation. Il ne fallait lire que ce que l'on nous imposait pour une vie autre que celle que l'on avait choisi. Ce n'était plus la bonne lecture, celle qui devait donner espoir de lire sans se soucier, mais celle qui devait donner « espoir » à un peuple dominé par la grandeur idéologique d'un homme soutenu par celui qui avait été un grand homme de guerre, Philippe Pétain, et même s'il n'était pas sur les champs de batailles de cette grande guerre, il était reconnu en tant que tel ; de ses ébats amoureux il s'en est fait un héros de guerre.

Alors, comme tout homme qui veut garder son honneur, l'imprimeur élevé dans la structure ouvrière, ne pouvait se soumettre à publier de tels écrits qui n'allaient pas dans le sens de ses valeurs que lui avait inculqué son père lithographe. Il se devait de résister avec les moyens qui lui étaient donnés, résister à ceux qui pensaient autrement pour leurs biens précieux sous l'influence d'une idéologie nauséabonde, qu'il n'avait loin de là épousé, mais bien rejeté.

Il entra en résistance sans arme, car les armes de guerre sont meurtrières et tuer n'a jamais été l'ivresse de sa famille si ce n'est par obligation, par ordre donné.

Son arme à lui, c'était cette machine qui sentait l'encre, qui s'emballait d'un élan pour imprimer, des « tacs-tacs, tacs-tacs » sons qui couvraient la voix de l'imprimeur habillé de son tablier noir, taché d'encre. Des « ouvrages » sortaient , telles des entêtes de lettres, des publicités, des bons d'achats, de vente etc. Un ensemble de papiers d'une vie qui se devait être plaisante, même si le travail pénible parfois, n'était qu'une liberté bien acquise après cette sale guerre de 1914-1918. On revivait, par le sacrifice !

Il entra en résistance, confectionnant des tracts, des faux documents d'identités pour que des jeunes ne subissent pas le Service du Travail Obligatoire qui leur était imposé en Allemagne. Il se devait comme d'autres Compagnons Imprimeurs de s'engager avec ses propres moyens à « combattre » l'ennemi, la collaboration. C'était une « résistance » non sans danger, la confiance d'un côté mais bien la méfiance autour de soi.

 

Avant le drame, le sacrifice, la terreur, l'horreur, l'occupation de Valréas décidée par les chefs de « guerre », les chefs civils, faisant suite au débarquement sur les côtes normandes le 6 juin 1944, cette ivresse des grands chefs de mettre en œuvre une pression combattante sur l'envahisseur, l'occupant et ses collaborateurs. La Résistance prenait les armes !

Mais combien était-il armé ? De quelques pétoires, pistolets, fusils-mitrailleurs au compte goutte, résistants dont certains avaient connu la première guerre, d'autres anciens militaires et puis tous ces jeunes et moins jeunes cachés dans les maquis venant grossir les effectifs avec leur moyen, leur formation « guerrière » de quelques jours. Mais ils étaient là, à répondre à l'appel de résister !

Ils n'avaient certainement pas conscience de ce qui les attendait, face à eux une armée aguerrie des combats de Russie, des atrocités vécues dont ils étaient pour la plupart les acteurs de l'ignominie.

Ces résistants, dans leur cœur, de leur sang qui coulait dans leurs veines, ils n'avaient dans leurs engagements l'ivresse de libérer leur pays, sans chercher à comprendre, ce que la hiérarchie combattante savait et bien souvent leur cachait.

L'ordre est donné, les barrages sont mis en place aux entrées de la ville. Un jeune hisse le drapeau France, drapeau de la liberté, d'une main il tient un vieux fusil, une dame s'en inquiète, la réponse est jovial, sans peur ; « il faut bien défendre son pays ».

Notre imprimeur entraîné par l'élan de résistance, laisse éteindre sa machine dont l'encre est encore fraîche, avec des camarades, il rejoindra les combattants-résistants. Une arme à la main, un pistolet, bien maigre défense, mais il était armé, prêt à faire face à l'ennemie, prêt à se sacrifier, comme bien d'autres.

Puis vint, ce 12 juin 1944, il venait de fêter ses 30 ans le 10 juin, avec ses camarades imprimeurs-résistants, ils avaient certainement bu un verre, dans la joie des jours sombres de cette seconde guerre assoiffée de dignitaires capitalistes !

Avait-il une « chérie » ? Il était célibataire, beau garçon, élégant, élevé  dans la dignité comme son frère et sa sœur par leur belle-mère. De leur enfance, la mort de leur maman de la grippe espagnole, trop jeunes ils en avaient aucun souvenir. Encore un drame, que la vie bien souvent vous attriste, mais aussi vous forge un caractère.

Ce 12 juin 1944, des renseignements font état que les troupes allemandes se dirigent sur Valréas, elles sont en nombre, plus de 1200 soldats accompagnés de chars et automitrailleuses, face à quelques combattants peu chevronnés et loin d'être en force de résister à cette armada de guerre. L'ordre de repli est donné, malgré quelques réticences de certains chefs. La communication entre les barrages était loin d'être fiable, pas de radio, si ce ne sont des « estafettes », hommes à motocyclettes ou à bicyclettes pour communiquer d'un poste à un autre. Mais l'ordre ne parviendra pas à un barrage !

Les allemands entre dans la ville, le repli se fait en débandade, chacun cherche son salut. Malgré cela des victimes au hasard des tirs de l'ennemi, puis vint les prisonniers, résistants-combattants du barrage « oublié », rejoints par des otages civils pris dans la nasse des soldats de la Wehrmach.

La terreur est entrée dans la ville, les habitants sont confinés sur la place de la mairie, autour d'eux, leurs bourreaux. Femmes, enfants, vieillards attendent leur sort. Sachant ce que cette armée en débandade, acculée par les libérateurs venant d'outre-Manche et de la Force Française Intérieure (F.F.I.), ne laissera rien sur leur passage, si ce ne sont des pleurs.

Maire, femmes de la Croix-Rouge, feront en sorte d'éviter un tel massacre perpétré 2 jours avant sur la commune d'Oradour-sur-Glane et bien d'autres communes. Mais ce « compromis » est loin d'atténuer la peur d'une population abandonnée aux mains de l'ennemi. Éloignés de la commune, dans les divers maquis, chefs combattants, résistants et jeunes réfractaires au S.T.O., ne peuvent imaginer la situation, dans cette ville qu'ils occupèrent pendant 3 jours. Les troupes de la Wehrmach, composée d'une unité de Brandebourgeois, sévissant dans tout le Sud de la France, dont leurs actes inqualifiables ont suscité nombre d'effrois, ne peuvent que s'interroger sur le devenir de cette occupation allemande.

Ce 12 juin 1944, notre imprimeur, résistant-combattant aura comme compagnons de la dernière heure, 45 otages résistants et civils alignés devant le Mur de la mort.

Malgré une fois encore l'intervention du Maire et du personnel de la Croix-Rouge, leur sort était aux mains du peloton d'exécution. L'un après l'autre, leur corps était criblé de balles, leur sang se déversa le long du mur, se mélangea aux uns et aux autres pour n'en faire qu'un, le sang du sacrifice. Le coup de grâce leur fut infliger par un ou plusieurs officiers qui par la suite n'ont pas eu le courage de reconnaître leurs actes. Cependant , cinq survivants ressortiront de cet amas de chairs sanglantes. Notre imprimeur en fait parti, les secours qui interviendront pour dégager ces cinq corps malgré l'interdiction par les exécutants de ce massacre de ne pas toucher aux terroristes-fusillés, ne survivra pas à ses blessures.

Par cet acte meurtrie, la population fût sauver.

 

 

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Rénovation du cimetière d'Eygalayes (Drôme)

13 Mars 2022, 17:10pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

La dernière phase des travaux de rénovation du cimetière national d'Eygalayes (Drôme) en hommage aux 35 fusillés du Maquis Ventoux tombés à Izon-la-Bruisse le 22 février 1944 est maintenant bientôt terminée.

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« Ce cœur qui haïssait la guerre… »

8 Mars 2022, 10:00am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

« Ce cœur qui haïssait la guerre… »

Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent,
Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne,
Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées, du jour et de la nuit.

Robert Desnos, 1943

 

Engagé contre le gouvernement de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale, Robert Desnos lutte de façon clandestine pour le réseau de résistance AGIR. Le 22 février 1944, il est arrêté et jeté en prison. Contre toute attente, il est déporté le 27 avril vers Buchenwald, puis est transféré dans le camp de Flöha où il travaille plusieurs mois. Il atterrit ensuite au camp de concentration de Térézin, en Tchécoslovaquie. Malade du typhus et très affaibli, Robert Desnos meurt le 8 juin 1945, la veille de sa libération.

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Andrée Chambon, résistante de l'ombre à Valréas

8 Mars 2022, 08:01am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Andrée Chambon, résistante de l'ombre à Valréas
Andrée Chambon, résistante de l'ombre à Valréas

Mademoiselle Andrée Chambon née le 22 septembre 1901 Elle servit la Résistance en accueillant les hommes de l'armée secrète des montagnes de la région nyonsaise qui avaient un code convenu pour se faire ouvrir la porte. Elle les restaurait et leur procurait ravitaillement par l'intermédiaire des fournisseurs valréassiens ; bouchers, épiciers, boulangers favorables à la Résistance. Elle était indicatrice des mouvements de la Gestapo favorisant ainsi la fuite de certaines personnes menacées. Enfin et surtout elle avait organisé chez elle une infirmerie où elle hébergeait les résistants malades que le docteur Gluge, Juif et résistant lui-même, visitait journellement. Le 12 juin 1944, désignée comme infirmière, elle est partie avec les résistants. Stoppée avec tous les autres sur la route de Nyons, arrêtée et ramenés au Monument à l'hôtel Thomassin, surveillée par un soldat allemand, l'arme au poing, elle a assisté atterré et impuissante à la fusillade. Au bout d'un certain temps, qu'elle ne peut définir, elle s'est rendu compte que les Allemands étaient partis en l'oubliant volontairement ou involontairement. Elle n'a jamais su.

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La Résistance au féminin

7 Mars 2022, 15:41pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

La Résistance au féminin

En cette journée de la femme et de cette guerre en Ukraine

En 2002, l’exposition "De l’oubli à la reconnaissance, Images de femmes" organisée par les Archives départementales de Vaucluse mettait en lumière des destins. La Journée internationale des femmes nous a donné l’occasion de remettre à l’honneur un des portraits évoqués, celui d’Yvonne de Komornicka, grande figure de la Résistance en Vaucluse.

Yvonne de Komornicka

Aînée d'une famille nombreuse, Yvonne de Komornicka, née Roeschlin (1898 Saulxures-sur-Moselotte - 1994 Avignon), part faire ses études à Paris après le premier conflit mondial. Le choc des combats, si près de son enfance vosgienne, et les interrogations sur la place des femmes ont contribué à forger cette personnalité énergique.

La seconde guerre mondiale fait de cette veuve, mère de trois filles Christiane, Wanda et Hélène, le Capitaine "Kleber". Du service social à l'écoute de Radio-Londres, de la propagande à la direction du mouvement "Combat ", Yvonne de Komornicka est un rouage essentiel de l'armée des ombres dans le sud-est. Arrêtée en octobre 1943, elle est internée aux Baumettes puis déportée à Ravensbrück.

La Résistance au féminin - Archives Vaucluse

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Le hameau des Crottes, petit "Oradour Ardéchois"

3 Mars 2022, 11:23am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Photographie Journal Midi Libre

Photographie Journal Midi Libre

Troisième année (2020-2021-2022) que nous ne pouvons être présents au vu des restrictions suite à la pandémie, cérémonie en Huit Clos, nous regrettons !

Cette année elle aura lieu le dimanche 6 mars 2022

 

"Un petit Oradour" en Ardèche ...

Le dimanche 3 mars 2019, la petite commune ardéchoise de Labastide de Virac (07) commémorera le 75ème anniversaire du massacre du Hameau des Crottes.

Le 3 mars 1944, 14 civils, des femmes, des enfants et des hommes (âgés de 15 à 73 ans), tous habitants du hameau ont été exécutés par des éléments de la 9e Panzerdivision Hohenstaufen. Une autre victime âgée de 33 ans a été abattue, probablement lorsqu’elle tentait de fuir. Le cadavre d’un inconnu a aussi été retrouvé à peu de distance.

Leur tord ? Avoir accueilli et hébergé une formation du maquis AS Bir Hakeim pendant deux jours au hameau.

Si aujourd'hui le hameau a été rénové, certaines maisons gardent encore la trace du massacre, des destructions et des impacts de balles.

En ce dimanche , tout au long de la matinée, se déroulera une grande manifestation commémorative d'hommage et de souvenir. La veille au soir, une conférence sur cette tragédie, s'est tenue à la salle polyvalente.

Sur les deux monuments aux morts de la commune, celui du cimetière et celui du hameau des Crottes, un inconnu est mentionné. Qui est-il ? Tel est l’objet des recherches d’Olivier Bertrand. Des recherches devenues un livre, “Les Imprudents”.

L'association des Familles de Fusillés de Valréas était représentée par Christine Reboul, fille de Marcel Constant, résistant F.T.P.F. (F.F.I.) et présent lors des événements du 12 juin 1944 à Valréas ainsi que de Michel Reboul, neveu d'Alfred Buey fusillé le 12 juin 1944 à Valréas. Une gerbe a été déposée au nom de l'association.

Une cérémonie digne de cet événement tragique. Nombreux élus locaux, du département, de la région, présence d'un détachement de Spahis de Valence. Un groupe de musiciens et chanteurs ont interprété le chant des Partisans, un autre la Marseillaise. Avant la cérémonie , sous un grand chapiteau une célébration œcuménique, en présence de l’Évêque de Viviers , de deux curés des paroisses locales, et d'un Pasteur Allemand invité par Jacques Marron, Maire de Labastide de Virac. 


 

 

 

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