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Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

23 Sep

L'ORGANISATION TODT ET LE S.T.O.

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS  - Catégories :  #Recherches

L'ORGANISATION TODT ET LE S.T.O.
Service du Travail Obligatoire

 

Quand l'industrie Todt, mais aussi d'autres industries en France et dans l'Europe occupée et ce sous son couvert, apportent un soutien sans faille à l'occupant, sans elles, toutes ses constructions pour ralentir les alliés n'auraient pu se faire et les milliers de soldats allemands n'auraient pu accomplir leurs forfaits en France dans les conditions que l'on connaît. La collaboration industrielle !

Établissant le Service du Travail Obligatoire[1] (STO) et faisant du départ en Allemagne pour deux ans, une obligation comparable à celle du service militaire, pour les jeunes nés entre 1920 et 1922 (compris), la loi du 16 février 1943 n'a pas grand-chose à voir avec l'Organisation Todt qui travaillait, à cette époque, essentiellement hors des frontières du Reich. En fait, le STO devait indirectement entraîner un gonflement des effectifs de l'Organisation Todt : à tout prendre, entre le transfert dans les usines du Reich et un séjour dans les baraquements de l'Organisation Todt, sur le littoral français, il n'y avait, en général, aucune hésitation. Ainsi, grâce à la mise en place du STO, l'Organisation Todt devait indirectement bénéficier d'un afflux de main-d'œuvre française. Celle-ci qui dépassait les 150 000, en décembre 1942, frôlait les 200 000, au printemps de 1943. Cette croissance allait soudainement s'interrompre, au début de l'été de 1943, et, à partir de cette époque, l'effectif des bataillons de requis français travaillant sur les chantiers du Mur de l'Atlantique n'allait cesser de décliner pour se stabiliser, à la veille du débarquement de Normandie, autour de 85 000 hommes. En un an donc, entre juin 1943 et juin 1944, l'Organisation Todt allait perdre 100 000 travailleurs français A l'origine de ce brutal renversement, on trouve le déplacement, au cours de l'été de 1943, d'environ 50 000 ouvriers français des chantiers du Mur de l'Atlantique vers les barrages de la Ruhr détruits par l'aviation alliée. Provoquant une grande agitation dans la main-d'œuvre, ce transfert, effectué contre la volonté des ouvriers allait avoir des conséquences catastrophiques et durables. Considérant que, contrairement aux promesses faites, l'entrée dans l'Organisation Todt était une première étape avant le départ en Allemagne, que les primes promises n'étaient pas versées, qu'en raison des bombardements alliés, le travail était dangereux, que la durée de présence sur les chantiers était trop longue, que les conditions de vie dans les camps d'hébergement collectif étaient lamentables, beaucoup d'ouvriers s'échappaient des chantiers de la Todt.

Chef de la section du recrutement de la main d'œuvre à Y EG. West, le Dr. Sasse écrivait, dans son rapport destiné à Г О T-Zentrale (Berlin), que sur les 4 400 personnes que devait fournir Paris « où existent d'innombrables possibilités de se dissimuler », 98 seulement s'étaient présentées ! C'était la première fois qu'on constatait un décalage aussi important entre les exigences allemandes, que celles-ci concernent les départs vers le Reich ou l'embauche sur les chantiers de l'Organisation Todt, et la réponse de la population française. Incontestablement, les comportements avaient évolué depuis 1942, y compris chez les fonctionnaires des services administratifs chargés des opérations de recensement et de désignation de la main-d'œuvre. À n'en pas douter, comme l'écrit Robert Aron[2], cette campagne de désobéissance visant au sabotage des demandes de l'occupant était l'œuvre de la Résistance : sans avoir pu être récupérées par le Reich, des forces de travail disparaissaient des chantiers du littoral et des usines françaises ! Ce n'est pas sans inquiétude que le commandant du front Ouest constatait ce phénomène et observait le gonflement des effectifs de l'Armée Secrète. Afin de compenser ces déficits, Sauckel obtenait, le 1er février 1944, du gouvernement de Vichy, que ce dernier élargisse le champ d'application de la loi du 4 septembre 1 942 et que la réquisition de la main-d'œuvre s'étende à tout l'éventail de la population active (de 16 à 60 ans pour les hommes et de 18 à 45 ans pour les femmes). Le mois suivant, Berlin ordonnait la dissolution des Chantiers de jeunesse et l'embauche immédiate des 30 000 jeunes rendus à la vie civile, dans l'Organisation Todt, sur les chantiers de la Wehrmacht et dans les usines « S»

 

 

 

[1] Établissant le Service du Travail Obligatoire (STO) et faisant du départ en Allemagne pour deux ans, une obligation comparable à celle du service militaire, pour les jeunes nés entre 1920 et 1922 (compris), la loi du 16 février 1943 n'a pas grand-chose  à voir avec l'Organisation Todt qui travaillait, à cette époque, essentiellement hors des frontières du Reich. En fait, le STO devait indirectement entraîner un gonflement des effectifs de l'Organisation Todt : à tout prendre, entre le transfert dans les usines du Reich et un séjour dans les baraquements de l'Organisation Todt, sur le littoral français, il n'y avait, en général, aucune hésitation. Ainsi, grâce à la mise en place du STO, l'Organisation Todt devait indirectement bénéficier d'un afflux de main-d'œuvre française. Celle-ci qui dépassait les 150 000, en décembre 1942, frôlait les 200 000, au printemps de 1943. Cette croissance allait soudainement s'interrompre, au début de l'été de 1943, et, à partir de cette époque, l'effectif des bataillons de requis français travaillant sur les chantiers du Mur de l'Atlantique n'allait cesser de décliner pour se stabiliser, à la veille du débarquement de Normandie, autour de 85 000 hommes. En un an donc, entre juin 1943 et juin 1944, l'Organisation Todt allait perdre 100 000 travailleurs français A l'origine de ce brutal renversement, on trouve le déplacement, au cours de l'été de 1943, d'environ 50 000 ouvriers français des chantiers du Mur de l'Atlantique vers les barrages de la Ruhr détruits par l'aviation alliée. Provoquant une grande agitation dans la main-d'œuvre, ce transfert, effectué contre la volonté des ouvriers allait avoir des conséquences catastrophiques et durables38. Considérant que, contrairement aux promesses faites, l'entrée dans l'Organisation Todt était une première étape avant le départ en Allemagne, que les primes promises n'étaient pas versées, qu'en raison des bombardements alliés, le travail était dangereux, que la durée de présence sur les chantiers était trop longue, que les conditions de vie dans les camps d'hébergement collectif étaient lamentables, beaucoup d'ouvriers s'échappaient des chantiers de la «Todt »

 

[2] Écrivain français, auteur d’essais politiques et d’ouvrages historiques et membre de l’Académie française

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