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12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS

recherches

Le passé nazi s'infiltre dans les communes

5 Juillet 2022, 16:12pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Mur des Fusillés 12 juin 2022

Mur des Fusillés 12 juin 2022

Plus de 80 ans après, nous constatons que dans bien des communes il est découvert un peu tardivement, d'anciens nazis "infiltrés" dans la vie communale. Ceci est du à l'ouverture de documents au grand public et bien souvent mis en ligne sur divers réseaux internet par lesquels nous en prenons connaissance et nous nous devons d'intervenir en dénonçant de tels agissements de ces personnes qui ont eu un passé de tortionnaire pendant la seconde Guerre mondiale.

Ce que la commune d Habsheim en Alsace vient de s'apercevoir de cet étrange passé d'un ancien nazi, nous rappelle "l'infiltration" dans un comité de jumelage entre une ville allemande et une ville français du Lieutenant Helmut Demetrio, appartenant à la 8ème compagnie Brandebourg qui a sévi par ses diverses actions de massacres atroces dans le Sud de la France, et également présent lors de la fusillade du 12 juin 1944 à Valréas.  

(...) Le 18 juin 2018, j’adresse une lettre(1) à monsieur le maire de Saint Riquier dans la Somme, région Haut-de-France au vu de mes recherches sur le Lieutenant Helmut DEMETRIO officier de la 8ème Compagnie Brandebourg qui a sévit dans le Sud de la France et notamment présent lors du massacre de Valréas. .

J’ai pu découvrir que la ville de Saint Riquier était jumelée avec la ville de Stutensee-Friedrichstal en Allemagne, mais ce qui m’a le plus marqué c’est de voir dans le Comité de jumelage allemand la présence d’Helmut Demetrio, ce jumelage a été créé en 1982. (...)  Helmut Demetrio, au Conseil d'administration du jumelage d'une ville allemande avec une ville française - 12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS (over-blog.com)

 

 

On oublie pas, on ne pardonne pas!

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Helmut Demetrio, au Conseil d'administration du jumelage d'une ville allemande avec une ville française

4 Avril 2022, 17:13pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Helmut Demetrio, au Conseil d'administration du jumelage d'une ville allemande avec une ville française

Le 18 juin 2018, j’adresse une lettre(1) à monsieur le maire de Saint Riquier dans la Somme, région Haut-de-France au vu de mes recherches sur le Lieutenant Helmut DEMETRIO officier de la 8ème Compagnie Brandebourg qui a sévit dans le Sud de la France et notamment présent lors du massacre de Valréas. .

J’ai pu découvrir que la ville de Saint Riquier était jumelée avec la ville de Stutensee-Friedrichstal en Allemagne, mais ce qui m’a le plus marqué c’est de voir dans le Comité de jumelage allemand la présence d’Helmut Demetrio, ce jumelage a été créé en 1982. J’ai également retrouvé 2 photos  datées, l’une  de 1958/1959  où l’on voit Demetrio jouait de l’accordéon et la mention de la photo : Les enseignants qui ont façonné nos journées scolaires et façonné notre personnalité à un âge. Classe Helmut Demetrio , la seconde montre Demetrio en bonne compagnie avec des amis au festival sportif sur le « Hub » en 1963.

Quels sont mes raisons de m’acharner à rechercher cette histoire du passé ?

Comprendre pourquoi des milliers d’hommes et de femmes et en particulier dans notre région, ont été torturés dans cet hôtel Le Spendid à Cavaillon occupé non pas par la Gestapo, mais bien par l’unité Brandebourg, ont été massacrés, fusillés, comme nos chers disparus à Valréas .

Comprendre comment ces tortionnaires ont pu vivre paisiblement et ce 14 ans après les divers actions qu’ils ont mené et qui en sont les responsables, condamnés puis acquittés, amnistiés par la suite, alors que des familles dans toutes les régions de France pleuraient et pleurent encore leurs chers disparus . Michel Reboul

(1)  Extraits de la lettre

Monsieur le maire,

Il y a 74 ans, comme nombre de villes et villages de France, la ville de Valréas (Vaucluse) était victime de la barbarie nazie, La population rassemblée sur la place de la Mairie a été épargnée au vu du sacrifice de 53 hommes fusillés le 12 juin 1944 à Valréas, 27 résistants et 26 otages pris au hasard. Quatre rescapés tout au long de leur « sursis de vie » seront engagés au nom de l'association des Familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis, pour ne pas oublier cette tragédie.

74 ans après, nous sommes toujours à œuvrer le martyr de nos chers disparus.

Ce qui m’amène aujourd'hui, en ma qualité de président de l'association  c'est la présence à Valréas de la 8ème compagnie Brandebourg, dont le Lieutenant Demetrio Helmut en était le commandant en second.

Du fait de mes recherches de témoignages et documents, je viens d'apprendre que votre ville est jumelée avec  Stutensee-Friedrichstal en Allemagne depuis 1982.

Notre ville est également jumelée avec une ville Allemande Sachsenheim depuis 1993. À cette époque les fusillés-rescapés, résistants, déportés et familles de fusillés s'étaient indignés, mais la ville est passée outre. Certes il faut avancer, les générations d'après-guerre sont loin d'être responsables. Mais, voilà !

Lorsque j'ai pris connaissance des noms du Comité de jumelage de la ville de Stutensee-Friedrischstal, j'ai été surpris de voir le nom de Demetrio Helmut, un des tortionnaires de la 8ème compagnie Brandebourg qui a sévi dans tout le sud de la France. Nous savons qu' Helmut Demetrio est décédé en 2001.

Loin de nous transporter dans le passé, puisque nous sommes aussi ouverts vers l'avenir, nous ne pouvons effacer ce que nombre de personnes ont pu souffrir et se sacrifier lors des événements de la deuxième guerre mondiale, pour un avenir meilleur.

Veuillez croire, monsieur le maire, à mes sincères salutations.

 

 

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A la recherche d'André Roger CHAIFFRE, résistant à Valréas.

17 Février 2022, 15:52pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

A la recherche d'André Roger CHAIFFRE, résistant à Valréas.

Qui était Roger André CHAIFFRE dans la résistance ?

L’attitude détendue du lieutenant-colonel de Lassus, au centre et au premier rang de l’assemblée officielle, semble indiquer que la manifestation (prise d’armes) n’a pas encore eu lieu. L’officier supérieur est accompagné (derrière lui, au second rang), par le commandant Chaiffre et le capitaine Rueff (coiffé d’un béret et le bras relevé).

Nos recherches se poursuivent au vu que ce personnage – André Roger Chaiffre, malgré ses implications dans divers actes de résistance, nous interpelle sur certains de ces actes, entre autre sur sa participation au 12 juin 1944 à Valréas, où il se « distingue » d’avoir « abattu » un avion allemand, ce qui est totalement faux au vu des témoignages des présents au barrage de la route de Baume de Transit, barrage qui n’aurait pas reçu l’ordre de repli, là encore des témoignages démontrent qu’un certain Lieutenant Emile et un certain Chaiffre « auraient » refusaient de quitter le barrage. Comme nous le citons plus haut, des renseignements sur sa personne mais aussi sur une certaine évasion, ne nous sont à ce jour inconnus.

Actes d’état civil ou de mariage en notre possession, ne nous mentionnent pas sa date de décès , qui d’après nos lectures diverses sur des livres relatant la résistance en pays drômois serait décédé vers 1989 – Contacts pris par diverses services administratifs de la Seconde  Guerre mondiale, ne nous apportent rien de plus, si ce n’est qu’on retrouve sa trace en 1954 à Avignon – Cette information est actuellement en cours. A suivre

Dans le livre du 12 juin 1944 – 53 fusillés – Association des Familles de Fusillés, Déportés, Internés, Résistants et Patriotes de l'enclave, il est fait souvent référence à la présence de Roger André Chaiffre allias « Roger », envoyé par le Parti Communiste Français de Marseille pour prendre le commandement des Francs Tireurs Partisans lors des événements du 8 au 12 juin 1944 à Valréas. Commandement contesté par les Communistes de Valréas. Ainsi que ses diverses actions sur le terrain.

Par la relecture de ce livre et des témoignages qui lui sont attribués, nous avons voulu comprendre qui était Roger André Chaiffre, reconnu par divers chefs en haut lieu, à son appartenance en sa qualité d'officier commandant les F.T.P.

Dans ce livre, il est dit qu'aucune trace de ce personnage n'a pu permettre de le contacter, de le situer si ce n'est qu'il aurait été vu par Amédée Tena, responsable A.S. , en tenue de Colonel, siégeant à l'Hôtel de la Croix d'Or à Valence, en Septembre 1944. D'autres récits le situent présent en sa qualité de Commandant à la Libération de Crest (Drôme) en compagnie du Lieutenant-Colonel de Lassus et d'autres officiers.

Étrange, aucun dossier administratif aux archives du Service Historique de la Défense !

Par contre par le service de la Commission Nationale de la Médaille de la Résistance Française, nous apprenons que André Chaiffre dit Roger est titulaire de la médaille de la Résistance Française par décret du 15 octobre 1945.

Un mémoire de proposition (peu étoffé) nous est adressé.

 

Chaiffre André dit Roger né le 8 juillet 1909 à Rougemont (Haut-Rhin)

Grade commandant à titre fictif

Deux blessures par balles :

jambe gauche 23.11.1939

bras gauche 05.1944

 

Officier courageux, énergique et plein d'allant – résistant de toute première heure – Découvert par la Gestapo est arrêté en novembre 1942 alors qu'il se trouvait dans le département des Bouches-du-Rhône – est transféré à Toulouse d'où il s'évade en même temps que le général de Lattre de Tassigny et le colonel Saint-Sauveur (dit CONSTANS) – Le Cdt Chaiffre a été un organisateur de la résistance dans la Région d'Aix-en-Provence.

Le 22 -12-1943 est arrêté de nouveau et condamné, mais la prison où il se trouvait est attaquée par les patriotes. Il profite de cette occasion et s'évade avec 17 camarades.

En 1944 organis les maquis de la région de Valréas, prends part à toutes les actions dans le Sud Drôme où il se distingue au cours de l'attaque de Valréas.

En juin 1944, est nommé adjoint au chef départemental F.F.I.

 

Il est à noter que dans ce mémoire bien des désaccords à cette date nous laisse interrogateur au vu des recherches effectuées sur les évasions, date, lieu...

 

 

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On ne vit pas de notre passé, on veut seulement comprendre ce passé  !

5 Février 2022, 17:41pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Demetrio Helmut ( au milieu)

Demetrio Helmut ( au milieu)

De nos recherches, 75 ans plus tard, nous voulons toujours comprendre cet oubli de ceux qui dans un espace de leur vie ont été démoniaques.

Le Lieutenant Demetrio Helmut, jugé par le Tribunal Militaire de Marseille pour les faits de Valréas le 12 juin 1944...........Helmut Demetrio, lieutenant de la 8ème  compagnie (étrangère) du 3ème  régiment de la Division Brandenburg, se trouva le 13 et 14 février 1951 devant la justice militaire à Marseille à cause de sa participation à l’attaque de  Valréas.  Le  chef  d’accusation était  :  «  Arrestation  illégale, séquestrations  arbitraires, assassinats  ». Le procureur réclama la peine capitale. Le tribunal constata que 53 patriotes français furent assassinés avec préméditation à Valréas le 12 juin 1944 par des militaires allemands. Des actes de barbarie n’ont pas été commis pour l’exécution de ces crimes. Le lieutenant Demetrio n’est pas coupable de ces crimes. Le tribunal par 4 voix contre 3 a déclaré Demetrio non coupable de la mort des 13 résistants tués lors de la bataille du barrage routier direction Baume ou lors de l’exécution. Ainsi Demetrio fut relaxé avec une légère majorité des voix. La ville et la population de Valréas réclamèrent vainement une révision de cette relaxe. Dans un procès suivant le 10 avril 1951 à Bordeaux, Demetrio fut condamné à 10 ans d’emprisonnement pour ses méthodes d’interrogation qu’il avait employées dans le bordelais en octobre et novembre 1943. Il ne fit que 9 ans d’emprisonnement.

D'échanges de recherches, et de recherches en recherches, la vie paisible d'un tel homme, comme Demetrio Helmut nous fait comprendre que sa vie après tant d'atrocités, ne l'a de loin traumatisé. Il est né en Saxe, en 1911. Diplômé de droit, il enseigne les langues et la musique avant  son incorporation.  Il parle correctement le français.

On peut s'interroger d'un témoin capital qui aurait pu être entendu devant la justice militaire à Marseille  ; Madame Jeanine Talmon, infirmière en Chef de la Croix-Rouge présente lors de la fusillade à Valréas  : «  La journée du 12 juin 1944 – Témoignage de Mme Jeanine Talmon, Infirmière de la Croix Rouge Internationale (témoignage dans le livre du 12 juin 1944 -53 fusillés à Valréas)

  Extrait  : (…) monsieur Bourba et monsieur Rivière, adjoints au maire viennent alors me chercher, me demandant, de la part de monsieur Niel, de prendre contact avec les autorités allemandes en tant que seule représentante de la Croix Rouge Internationale.  J'accède à cette demande et je me fais accompagner par une de mes infirmières, Mireille Montabaranom.

Les officiers allemands sont assis à la terrasse du Grand Hôtel (Hôtel Tomassin)  : commandant, capitaine, lieutenant. Ce dernier sert d'interprète, parlant français à la perfection. Je suis invitée à présenter les documents qui attestent de mon appartenance à la Croix Rouge et à fournir la liste de la section de Valréas.  »

  (…) «  Je suis revenue vers les Allemands et ai entrepris de discuter avec un grand lieutenant qui parlait assez bien le français. J'appris alors, ce que beaucoup de Valréassiens  n'ont jamais su, les corps devaient être ramassés sur des camions amenés là exprès par les Allemands, menés en campagne et incinérés. Je ne peux vous dire toutes mes pensées, toutes mes angoisses.

J'ai entrepris alors une lutte d'adresse et de mensonges qui a duré près de deux heures. La chance m'a favorisée, car le lieutenant allemand était un frontalier voisin de Belfort (où j'habitais avant la guerre). Connaissant bien le régiment (188ème  d'artillerie) où mon mari était capitaine.  »

  En 2018, nos recherches aboutissent sur deux photographies  que nous découvrons sur Internet. Nous pouvons constater sur la seconde photographie, Demetrio professeur de musique, avec un accordéon dans les mains, photo du collège de 1958/1959 (14 ans plus tard des événements tragiques de 1944) et nous pouvons lire  : «  Les enseignants qui ont façonné nos journées scolaires et façonné notre personnalité à un jeune âge  »

La première photographie montre 5 personnes attablées autour d'une table remplie de bouteilles de bière, dont Demetrio Helmut (festival sportif 1963)

Dernière découverte, et pas des moindres  . Nous apprenons que la ville où était domicilié Demetrio Helmut dans les années 80, était jumelée depuis mars 1982 avec une ville Française, mais le pire c'est que Demetrio faisait parti du Conseil d'Administration de la ville allemande  !!!!

Voilà, celui qui a t'en parcouru les routes de France, ensanglantées, sans gêne, sans remords puisque nous apprenons également que Demetrio a toujours été muet à son domicile sur sa participation de ses actions de guerre en France. Sa fille apprenant «  ses exploits  » lors de la parution (2004) en Allemagne du livre «  Widerstand gegen die Wehrmacht  » sur la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas de Karl Heidinger et par la suite de la lecture du journal personnel de son père. (nous aimerions bien le lire)

C'est là que l'on s'aperçoit que ce soit du côté des victimes ou du côté des tortionnaires, le silence était de mise, pour les premiers éviter de partager les peines, pour les seconds effacer leurs ignominies..

 

Michel Reboul

 


 

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Une exception à Valréas ? Le doute nous est permis !

16 Octobre 2021, 16:20pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Image Musée de la Résistance en ligne

Image Musée de la Résistance en ligne

 

 

 Un témoin essentiel de cette tuerie aurait pu être entendu, Jeanine TALMON, infirmière en chef de la Croix-Rouge Française, présente devant le mur, actuellement mur des fusillés, qui avait entamé une discussion avec un officier allemand.

 Occupation de Valréas par la Résistance décidée, mais loin d'être efficace, si ce n'est de l'inconscience d'un certain haut commandement, sachant que les « troupes de résistants » non loin d'être des centaines d'hommes, mais quelques vétérans de la première guerre mondiale, des résistants venant d'autres lieux « appuyés » par des jeunes réfractaires au S.T.O.

Malgré, l'avertissement d'un autre officier, le Commandant Joseph ALAZARD, alias « Don José » : « ... le 11 juin au soir, il renseignait lui-même, devant plusieurs témoins à un poste avancé, et sous le feu de l'aviation allemande qui devait se produire le lendemain. Il conseillait une manœuvre en retraite vers le maquis, quitte à faire par la suite un retour offensif... », le repli n'a pas été donné assez vite pour éviter toute confrontation avec l'ennemi.

Un des barrages ne le recevant pas (?), nous en connaissons la suite, comme nous connaissons l'arrestation d'autres résistants en repli ainsi que des otages civils.

Puis cette inconscience d'un « officier » Capitaine par la suite lors de divers combats, André Roger CHAIFFRE, envoyé par le Parti Communiste Français de Marseille pour prendre le commandement des F.T.P.F. Même si sa venue par les FTPF de Valréas est contestée, il a bien était dans l’Etat-Major du Capitaine ALAIN…. Et devint par la suite l'officier en second du Colonel LEGRAND au commandement de la Drôme.

De cette occupation éphémère, du 8 au 12 juin 1944, deux avions de reconnaissance allemands survolés la région, fallait-il comprendre que les troupes allemandes en retrait étaient prêtes à intervenir au moindre accrochage. Sans repli, comme il avait été décidé, les risques étaient majeurs.

André CHAIFFRE, alias « Roger », se trouvant sur un barrage n'a trouvé de mieux lors du passage des avions, de prendre un fusil mitrailleur et de leur tirer dessus. Fort heureusement sans les atteindre, contrairement aux déclarations du capitaine Alain dans un de ses témoignages (le grossissement des actes étant dans chaque engagement militaire bien connu).

Mais cet acte, aurait déclenché le mécontentement de certains officiers allemands décidant de prendre en otage la ville de Valréas.

 Aujourd'hui, cet acte de résistance peut être perçu comme irréfléchi !

 Puis vint la Libération, scènes de liesses populaires à l'arrivée des forces américaines, des défilés de résistants paradant dans les rues des villes et villages libérés, cérémonies patriotiques puis cette vulgaire tonte des « collaboratrices » devant un « Tribunal civil » d'un Comité de Libération, actes contestés en haut lieu de la Résistance.

 Une autre histoire de cette journée du 12 juin 1944 à Valréas ?

Sérieusement non, mais une toute autre approche de l'auteur, qui plus est 75 ans après découvre d'autres documents et même d'autres témoignages qui auraient pu être inscrits dans le livre du « 12 juin 1944 – 53 fusillés à Valréas » dont 5 éditions ont été publiées depuis 1981 à 2001, augmentées de témoignages.

 

 

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L'ORGANISATION TODT ET LE S.T.O.

23 Septembre 2021, 16:02pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

L'ORGANISATION TODT ET LE S.T.O.
Service du Travail Obligatoire

 

Quand l'industrie Todt, mais aussi d'autres industries en France et dans l'Europe occupée et ce sous son couvert, apportent un soutien sans faille à l'occupant, sans elles, toutes ses constructions pour ralentir les alliés n'auraient pu se faire et les milliers de soldats allemands n'auraient pu accomplir leurs forfaits en France dans les conditions que l'on connaît. La collaboration industrielle !

Établissant le Service du Travail Obligatoire[1] (STO) et faisant du départ en Allemagne pour deux ans, une obligation comparable à celle du service militaire, pour les jeunes nés entre 1920 et 1922 (compris), la loi du 16 février 1943 n'a pas grand-chose à voir avec l'Organisation Todt qui travaillait, à cette époque, essentiellement hors des frontières du Reich. En fait, le STO devait indirectement entraîner un gonflement des effectifs de l'Organisation Todt : à tout prendre, entre le transfert dans les usines du Reich et un séjour dans les baraquements de l'Organisation Todt, sur le littoral français, il n'y avait, en général, aucune hésitation. Ainsi, grâce à la mise en place du STO, l'Organisation Todt devait indirectement bénéficier d'un afflux de main-d'œuvre française. Celle-ci qui dépassait les 150 000, en décembre 1942, frôlait les 200 000, au printemps de 1943. Cette croissance allait soudainement s'interrompre, au début de l'été de 1943, et, à partir de cette époque, l'effectif des bataillons de requis français travaillant sur les chantiers du Mur de l'Atlantique n'allait cesser de décliner pour se stabiliser, à la veille du débarquement de Normandie, autour de 85 000 hommes. En un an donc, entre juin 1943 et juin 1944, l'Organisation Todt allait perdre 100 000 travailleurs français A l'origine de ce brutal renversement, on trouve le déplacement, au cours de l'été de 1943, d'environ 50 000 ouvriers français des chantiers du Mur de l'Atlantique vers les barrages de la Ruhr détruits par l'aviation alliée. Provoquant une grande agitation dans la main-d'œuvre, ce transfert, effectué contre la volonté des ouvriers allait avoir des conséquences catastrophiques et durables. Considérant que, contrairement aux promesses faites, l'entrée dans l'Organisation Todt était une première étape avant le départ en Allemagne, que les primes promises n'étaient pas versées, qu'en raison des bombardements alliés, le travail était dangereux, que la durée de présence sur les chantiers était trop longue, que les conditions de vie dans les camps d'hébergement collectif étaient lamentables, beaucoup d'ouvriers s'échappaient des chantiers de la Todt.

Chef de la section du recrutement de la main d'œuvre à Y EG. West, le Dr. Sasse écrivait, dans son rapport destiné à Г О T-Zentrale (Berlin), que sur les 4 400 personnes que devait fournir Paris « où existent d'innombrables possibilités de se dissimuler », 98 seulement s'étaient présentées ! C'était la première fois qu'on constatait un décalage aussi important entre les exigences allemandes, que celles-ci concernent les départs vers le Reich ou l'embauche sur les chantiers de l'Organisation Todt, et la réponse de la population française. Incontestablement, les comportements avaient évolué depuis 1942, y compris chez les fonctionnaires des services administratifs chargés des opérations de recensement et de désignation de la main-d'œuvre. À n'en pas douter, comme l'écrit Robert Aron[2], cette campagne de désobéissance visant au sabotage des demandes de l'occupant était l'œuvre de la Résistance : sans avoir pu être récupérées par le Reich, des forces de travail disparaissaient des chantiers du littoral et des usines françaises ! Ce n'est pas sans inquiétude que le commandant du front Ouest constatait ce phénomène et observait le gonflement des effectifs de l'Armée Secrète. Afin de compenser ces déficits, Sauckel obtenait, le 1er février 1944, du gouvernement de Vichy, que ce dernier élargisse le champ d'application de la loi du 4 septembre 1 942 et que la réquisition de la main-d'œuvre s'étende à tout l'éventail de la population active (de 16 à 60 ans pour les hommes et de 18 à 45 ans pour les femmes). Le mois suivant, Berlin ordonnait la dissolution des Chantiers de jeunesse et l'embauche immédiate des 30 000 jeunes rendus à la vie civile, dans l'Organisation Todt, sur les chantiers de la Wehrmacht et dans les usines « S»

 

 

 

[1] Établissant le Service du Travail Obligatoire (STO) et faisant du départ en Allemagne pour deux ans, une obligation comparable à celle du service militaire, pour les jeunes nés entre 1920 et 1922 (compris), la loi du 16 février 1943 n'a pas grand-chose  à voir avec l'Organisation Todt qui travaillait, à cette époque, essentiellement hors des frontières du Reich. En fait, le STO devait indirectement entraîner un gonflement des effectifs de l'Organisation Todt : à tout prendre, entre le transfert dans les usines du Reich et un séjour dans les baraquements de l'Organisation Todt, sur le littoral français, il n'y avait, en général, aucune hésitation. Ainsi, grâce à la mise en place du STO, l'Organisation Todt devait indirectement bénéficier d'un afflux de main-d'œuvre française. Celle-ci qui dépassait les 150 000, en décembre 1942, frôlait les 200 000, au printemps de 1943. Cette croissance allait soudainement s'interrompre, au début de l'été de 1943, et, à partir de cette époque, l'effectif des bataillons de requis français travaillant sur les chantiers du Mur de l'Atlantique n'allait cesser de décliner pour se stabiliser, à la veille du débarquement de Normandie, autour de 85 000 hommes. En un an donc, entre juin 1943 et juin 1944, l'Organisation Todt allait perdre 100 000 travailleurs français A l'origine de ce brutal renversement, on trouve le déplacement, au cours de l'été de 1943, d'environ 50 000 ouvriers français des chantiers du Mur de l'Atlantique vers les barrages de la Ruhr détruits par l'aviation alliée. Provoquant une grande agitation dans la main-d'œuvre, ce transfert, effectué contre la volonté des ouvriers allait avoir des conséquences catastrophiques et durables38. Considérant que, contrairement aux promesses faites, l'entrée dans l'Organisation Todt était une première étape avant le départ en Allemagne, que les primes promises n'étaient pas versées, qu'en raison des bombardements alliés, le travail était dangereux, que la durée de présence sur les chantiers était trop longue, que les conditions de vie dans les camps d'hébergement collectif étaient lamentables, beaucoup d'ouvriers s'échappaient des chantiers de la «Todt »

 

[2] Écrivain français, auteur d’essais politiques et d’ouvrages historiques et membre de l’Académie française

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