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Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

28 Sep

Résistant, combattant-volontaire, grand blessé de guerre

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS  - Catégories :  #Hommage

Résistant, combattant-volontaire, grand blessé de guerre

De l'adolescence à l'exode

 

André BERGERON est né en 1924 à Courbevoie (Seine) proche banlieue de Paris.

Aussi, toute sa jeunesse, il a vécu dans cette ambiance encore toute récente de la tragédie de la guerre 14/18, qui avait fait tant de morts sur les divers champs de batailles, de Verdun, du chemin des dames ou d'ailleurs.

Lorsque l’Allemagne à de nouveau envahi la France en juin 1940, il travaillait comme apprenti chaudronnier traceur, dans l'usine d'aviation « Marcel Bloc » à Courbevoie, actuellement « avions Dassault »

Lors de l'avance rapide des allemands sur Paris, il participe dans son usine, à démonter les principales machines outils, qui seront chargées sur des camions, pour soi-disant un replis stratégique sur Bordeaux, afin d'embarquer sur des cargos, pour l'Algérie.

Alors André, comme des milliers d'autres personnes, va connaître l'exode, avec son cortège de misères, subissant les bombardements, les mitraillages des avions allemands, car très souvent les colonnes de civils étaient mélangées aux soldats français qui se repliaient également vers le Sud.

C'est à Saint Jean d'Angély dans le département des Charentes Maritimes, qu'ils seront rattrapés par les troupes ennemies, ce qui mettra fin à leur fuite épéerdue, et là, avec la population locale, Bergeron pour la première fois de sa vie, verra arriver les uniformes verts de l'infanterie et noirs des tanks allemands défilant avec orgueil exhibant à l'avant de leurs véhicules, des casques de soldats Français et Anglais. Devant ce triste spectacle, les larmes coulent et les poings se serrent avec force.

Après plusieurs semaines passées à St Jean d'Angély, dans un grand dénuement, il est possible

de passer en zone libre à Langon, sous Bordeaux, alors en voyage assez long, il se retrouve réfugié, d'abord à Avignon et ensuite à Valréas, Monsieur et madame Augustin Veyrier, habitant à cette époque Rue de l'échelle à Valréas.

 

Au retour, malgré lui en zone occupée

 

Par la suite, bien habitué au calme et à la sérénité de cette petite ville de Valréas, André est bien obligé de suivre ses parents qui désirent rejoindre leur domicile en zone occupée, et avec le passage de la ligne de démarcation à Chalon sur Saône, il retrouve avec tristesse l'impressionnante soldatesque allemande, l'accent guttural, les contrôles des papiers d'identité, etc.

Mais il faudra bien s'habituer à vivre très longuement en leur présence, avec toutes les brimades, le manque de nourriture, et les sévices imposés aux Français.

 

L'Appel à résister

 

Déjà l'occupation bien établie, au cours de l'année 1941, obscurément, commençait à naître, dans la tête de pas mal de Français, des idées de révoltes, car petit à petit on avait appris de bouches à oreilles, l'appel du Général de Gaulle et ébauche de divers projets, ayant pour but de trouver une solution pour rejoindre cette résistance extérieure.

Mais comment faire ? De quelle façon ? Où s'adresser ? Car il faut être extrêmement prudent, la Gestapo ainsi que la Police spéciale Française veillent dangereusement.

De longs mois passent, dans la vie oppressante de cette occupation, où beaucoup de péripéties vont se succéder, qui amèneront André à se diriger vers la clandestinité.

Enfin, on lui conseille de rejoindre la Normandie, car à proximité des cotes de la Manche, il y aurait éventuellement des possibilités sur de petits bateaux de pouvoir gagner l'Angleterre, bien sur, c'est risqué, mais la jeunesse aidant, il n'hésiterait pas à tenter l'aventure.

Il va alors travailler plusieurs mois dans des fermes du Calvados et de l'Orne, chez des paysans Patriotes, mais malgré ses efforts, n'ayant pu trouver une filière d'évasion vers l'Angleterre, pratiquement impossible, à cause de la surveillance renforcée de l'ennemi, c'est parrainé par un ami, déjà dans la résistance, et qui le recommandera auprès de ses chefs qu'André sous le nom de guerre : Alias « ZiZi », s'engagera dans la résistance en 1943, dans les Corps Francs, du réseau de résistance VENGEANCE, commandé par le lieutenant colonel Vic Dupont.

Il est alors chargé pour mise à l'épreuve , de distribuer de nuit, des tracts anti-allemand et collaborationnistes, cela assez stressant, car il faut éviter les nombreuses patrouilles ennemies, surveillant le respect des heures du couvre feu.

Le risque était peut-être encore plus grand, à cause d'une certaine police française spéciale en civil, qui se fondait dans la population.

Il participera également à diverses opérations commandées et dangereuses, entre autre, sabotage à l’explosif sur les lignes électriques servant à l’ennemi, sabotage sur le matériel ferroviaire, le tout en compagnie des F.T.P.F., les deux groupes œuvrant ensemble, participation à la constitution de nouveaux groupes de résistants sur la région, avec démonstration d'armes parachutées sur la région, remis en état d'armes de guerre qui avaient été camouflées, lors de la retraite des soldats français en 1940.

 

Étant natif de la région Parisienne, il sera chargé au départ de la Normandie, d’établir des liaisons avec des résistants de l’Ile de France du réseau (M.L.N.) Mouvement de la Libération Nationale.

 

Retour à Paris et arrestation

 

Mais de graves événements et vagues arrestations viendront traquer le réseau régional, et sous ordre de dispersement immédiat, il rejoindra à nouveau paris pour échapper aux poursuites.

Après un certain temps de galère, passé dans la capitale, car par prudence, il ne pouvait être hébergé par sa famille.

Il sera arrêté par la police française, en possession de sa fausse carte d’identité, dans le petit hôtel où il avait trouvé un refuge provisoire. Malgré la brutalité des interrogatoires, les policiers n’en connaîtront pas la provenance, et aucun membre du réseau ne sera inquiété.

Il est incarcéré à la sinistre prison du dépôt de Paris, et transféré ensuite à la prison de la Santé à Paris, où il restera plusieurs mois, y subissant mauvais traitements et privations et c’est dans sa cellule qu’il passera tristement l’anniversaire de ses 20 ans, le 27 juin 1944.

Il sera présent également, lorsque dans la nuit du 30 avril 1944, 7 jeunes résistants capturés les armes à la main, seront fusillés dans la cour d'honneur de la prison de la Santé, et triste honte, cela effectués par des miliciens Français accompagnés de G.M.R. (Garde Mobile de Réserve) et, aussitôt, provenant de toutes les divisions de la prison des centaines de prisonniers ont hurlé leur réprobation, insultant les bourreaux et jurant de venger ces crimes.

 

A cause de sa fausse identité, il est soupçonné d'activité clandestine, mais faute de preuve, après avoir été condamné, il sera libéré, échappant ainsi, à de plus graves suites.

Aussi, il aurait pu rester tranquillement à l'abri chez les amis qui l'ont aidé à se remettre de la fatigue de son internement, mais, avec la fougue de la jeunesse, ne pouvant rejoindre la Normandie, suite aux combats dus au débarquement allier le 6 juin 1944, il va reprendre rapidement contact avec les résistants du M.L.N. « Mouvement de la Libération Nationale » région Parisienne, et poursuivra ainsi son activité résistante.

 

Combats pour la Libération de Paris

 

Ensuite, au cours des combats pour la Libération de Paris en août 1944, dans les F.F.I. « Forces Françaises de l'Intérieur » du Colonel « Rol-Tanguy », il sera par mi les premiers, qui en prenant de très grands risques pour leur vie, vont harceler les éléments allemands circulant dans Paris, et ceux qui en retraite gagnaient les portes Nord Est de la Capitale.

 

Avec son groupe, au Fort de Romainville, il sera également témoin des massacres effectués par vengeance par les soldats SS avant leur départ précipité, sur les derniers patriotes emprisonnés, beaucoup d'hommes et femmes tués à la grenade. Cette terrible vision impressionnera beaucoup de jeunes F.F.I. Présents.

 

Cette participation à la bataille, avec des centaines d'autres combattants, obligera l'ennemi, malgré sa supériorité en armement et ses Panzers, et grâce aussi aux innombrables barricades dressées dans tous les quartiers de Paris, par la population, forcera les Allemands a resté bloqué dans leurs divers points d'appuis, qui seront mis hors de combat, grâce à l'action des chars de la 2éme BD du général Leclerc, arrivés à Paris, dans la soirée du 24 août 1944.

 

Mais l'attention des F.F.I. aurait été encore plus efficace, s'ils avaient reçu les armes qui devaient être parachutées sur les champs de courses parisiens, entre autre bazookas et mortiers légers.

 

André, n'a jamais oublié, que lors de la capture des allemands, pour récupérer leurs armes, ces derniers étaient terrorisés d'être pris par des F.F.I., car on leur avait dit que les résistants étaient des bandits, aussi, étaient-ils très étonnés d'être traité humainement, dans le respect des lois de la guerre, ce que eux même ne respectaient pas puisque lors des combats, la majorité des F.F.I., pris les armes à la main, étaient immédiatement tués, même sans pitié pour les blessés et malgré leur brassard F.F.I.

 

Grièvement blessé

 

Et c'est justement ce 24 août 1944 vers 18 heures qu'il sera très grièvement blessé, car criblé de balles de mitrailleuse, et miraculeusement, il survivra à ses terribles blessures.

 

Bien que souffrant beaucoup, il restera conscient lors des journées des 25 et 26 août 1944, pour entendre la foule Parisienne, fêter et acclamer l'arrivée des soldats français. Malheureusement, ses camarades de combat venant à son chevet, lui apprendrons que ce même 25 août 1944, alors que Paris était libéré, les soldats allemands, en retraite, se vengeaient atrocement en massacrant tous les habitants du joli village de Maillé, à 35 kms de Tours, soit 124 personnes, hommes, femmes et enfants.

 

Il sera décoré de la Médaille de la Résistance Française par décret du 20 novembre 1946 sous le n° 2199

 

Titulaire par la suite :

 

  • La médaille militaire décret du 12 avril 1951

  • La Crois de Chevalier de l'Ordre Nationale du mérite

  • La Croix du combattant volontaire 39/45

  • La médaille des blessés de guerre

  • La médaille des Internés de la Résistance

  • Le titre de reconnaissance de la Nation en témoignage des services rendus pour la France

  • Chevalier de la Légion d' Honneur à titre militaire.

 

 

 

 

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