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12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS

Comment la résistance a pu prendre la décision d'occuper Valréas

4 Février 2022, 16:23pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Comment la résistance a pu prendre la décision d'occuper Valréas

Comment la résistance a pu prendre la décision d'occuper Valréas dans des conditions et à cette date ?

Voilà des interrogations qui nous laisse nous même dans l'attente des questions que nous nous posons et qui risquent de rester sans réponse, si ce ne sont que des déductions, que nous ne pourrons affirmer.

Dans cette lettre du 11 décembre 1989 adressée à Joseph Coutton, Jean-Louis Talmon, se pose beaucoup de questions sur cette journée du 12 juin 1944, où il n'avait que 5 ans et était présent avec sa mère Jeannine Talmon, responsable de la Croix-Rouge Française à Valréas.

« Mais tout de même, en évoquant de nouveau tout cela me vient de nouveau à l'esprit les mêmes questions lancinantes.

Comment la résistance a pu prendre la décision d'occuper Valréas dans des conditions et à cette date... ! 2 jours après le débarquement en Normandie ! C'est à dire alors que le monstre allemand était à peine égratigné et qu'on ne savait pas si les alliés n'allaient pas être rejetés à la mer. Et, comment imaginer entraver valablement les mouvements allemands, si c'est de cela qu'il s'agissait, avec quelques armes légères.

Même en tenant compte de l'euphorie du moment, on imagine mal comment une telle imprudence a pu être commise.

 

Et, deuxième interrogation : comment se fait-il que le repli n'ait concerné tous les partisans engagés mais, semble-t-il, seulement les FFI. Mauvaise transmission d'ordres ? Dualité (1) de commandement assortie d'une divergence d'analyse de la situation ? Mais comment quelqu'un pouvait penser que des barricades, même surmontées de fusils mitrailleurs, pourraient faire autre chose que tenir quelques dizaines de minutes, au mieux, devant des blindés.

Cette action n'aura-t-elle pas été plus efficace plus tard, lors du débarquement en Provence ?

Entendons-nous bien : il ne s'agit pas de diminuer le mérite de ceux qui y ont cru et y sont restés ou ont failli y rester, mais de s'interroger sur les véritables motivations, et/ou compétences des dirigeants de l'affaire.

Et puis, quel a été le rôle de ces civils arrivés avec les allemands et qui ressemblaient fort, parait-il, à des hommes de la Gestapo ? Qui étaient les deux civils que ma mère a vus, apparemment prisonniers dans un camion bâché stationnant contre le monument aux morts, peu avant que celui ne reprenne la route avec les allemands ?

Pourquoi les FFI ont-ils emmenés les personnes citées par le Maire ? Que sont-elles devenues ? Une situation irréversible n'était-elle pas créée dès cet instant ?

S'est-on posé des questions de ce genre ? Et, si oui, quelles réponses a-t-on trouvé ? »

En se référant sur le témoignage de Joseph Coutton dans le livre 12 Juin 1944 à Valréas– 5ème édition, il est évident que nous pouvons nous interroger sur cette occupation !

Témoignage de Joseph Coutton

 Le dimanche 11 juin vers 17 heures ( ?) Don José se présente au contrôle établi route de Baume, demande à parler Le dimanche 11 juin vers 17 heures ( ?) Don José  se présente au contrôle établi route de Baume, demande à parler

Lucien demande un volontaire et, m’étant présenté, je pars immédiatement au P.C.

Là, je demande un responsable et Louis Clarice prend le message. J’avais moi-même insisté pour être sûr que je remettais à un responsable – ce qui nous a amené à prendre connaissance de ce message qui était, de mémoire, établi comme suit :

 « Je considère que l’occupation de Valréas par la Résistance est prématuré. Les Allemands disposent encore dans la région de forces importantes et se livrent à des représailles terribles partout où ils le peuvent  donner suite à des opérations F.F.I. – Au cas où vous recevriez un ordre de repli, exécutez-le immédiatement. Quant à moi je vais mettre ma famille à l’abri. » Signé Don José

A la lecture de ce message Clarice et moi-même avons considéré le message comme très juste et évident.


(1) Dans la nuit ceux-ci commencent à déménager une partie du matériel, des munitions, des provisions, qu'ils emportent à Bouvières, à 649 mètres d'altitude, dans la haute vallée du Roubion

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