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12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS

temoignages

Souvenez-vous, en vous inclinant devant ce Mur !

7 Juin 2020, 11:55am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Souvenez-vous, en vous inclinant devant ce Mur !

«  Savez-vous vivants, que sur cette bordure qui longe ce mur, que vos pas chaque jour foulent, des suppliciés se sont couchés sous les balles de l'ennemi, nul cri ne s’élèvera, les morts sont disciplinés ! »

 

Je citerai le témoignage de Jean Louis Chaulot Talmont âgé de 13 ans en 1944, recueilli en décembre 1989. Il est présent devant le mur avec sa maman , infirmière en Chef de la Croix-Rouge Française. C'est-elle aussi qui avec insistance auprès des officiers allemands, empêchera que les fusillés soient emmenés dans des camions pour être déposés dans une fosse commune, permettant aussi la vie sauve à 5 rescapés, dont un est décédé par la suite.

 

« Et brusquement , des coups de feu. Les prisonniers qui tombent sont ceux les plus prés de l'entrée de la route d'Orange. Le premier est un homme âgé. Il me semble qu'il porte des vêtements de travail d'agriculteurs, peut-être en velours. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il a un chapeau de feutre sur la tête. Quand il tombe en arrière, le chapeau se met en travers mais reste sur sa tête. L'homme se retourne à plat ventre et tente de se mettre sur les coudes, face aux Allemands, les mains jointes. Presque aussitôt, venant de l'autre côté de la route, un soldat allemand s'approche de lui. D'un coup de pied, il envoie rouler le chapeau au loin, braque son arme sur la tête de l'homme et tire »

 

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Emil BAUER, soldat de la Wehrmacht à Valréas le 12 juin 1944

7 Juin 2020, 10:44am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Lettre d'Emil Bauer adressée à Jean Duffard, Maire de Valréas

Lettre d'Emil Bauer adressée à Jean Duffard, Maire de Valréas

 

Ce 12 juin 1944, Valréas subissait les représailles des unités allemandes. Emil Bauer, soldat de la Wehrmacht faisait partie de l’une de ces unités. Il aura été l’un des seuls à reconnaître des actes inqualifiables perpétrés dans cette commune, mais aussi tout au long du parcours sanglant de ces unités qu’ils qualifient certaines de bandits.

Devons-nous occulter son témoignage, qu’il fera parvenir après-guerre à l’association des familles de fusillés de Valréas ? Devons-nous ne pas prendre en compte sa lettre adressée le 06 juin 1969, à Jean DUFFARD, maire de Valréas ?

Il est une histoire qu’elle soit si dramatique, que ceux qui y ont participé ne peuvent par la suite qu’apporter leurs témoignages sincères, même si certains n’ont pu faire autrement que de subir des ordres de guerre sans pour autant être comme d’autres des tortionnaires. Les représailles, massacres, tortures ne peuvent être loin de là, excusés. Malheureusement, pour Valréas et bien d’autres massacres, les « chefs commanditaires » sont passés bien souvent hors des condamnations, seuls quelques sous-fifres ont été condamnés.

D’un autre côté, nous avons aussi des personnes enrôlées dans la Milice, la Gestapo, l’unité Brandebourg et les bons collaborateurs auxquels on ne peut pardonner et pourtant combien se sont glissés à travers de susceptibles condamnations. Mais combien d’autres, femmes ou hommes, ont été condamnés sans un jugement digne ?

Non, nous ne sommes pas à même d’interdire la parole des uns et des autres, si ce n’ait d’essayer de comprendre le pourquoi du comment.

La haine des uns ne doit pas entraîner la haine des autres.

 

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CONSTANT Edouard Roger, fusillé

6 Juin 2020, 17:44pm

Publié par michel

Edouard Roger CONSTANT alias "Calas"

Edouard Roger CONSTANT alias "Calas"


A la recherche de  CONSTANT Edouard Roger, Fusillé le 12 juin 1944

62 ans jour pour jour, nous retrouvons l’auteur de la lettre.

24 juin 1944/ 24 juin 2006

 

Le 12 juin 1999, Joseph Coutton, Président de l’Association des familles de Fusillés, Déportés, Internés, Résistants et patriotes, reçoit Mme Marron, née Constant, demeurant à Vallon Pont d’Arc (07),  soeur d’ Edouard Constant fusillé le 12 juin 1944 à Valréas. Elle lui remets une lettre provenant de Valréas  datée du 24 juin 1944 , reçue par son père le 01 juillet 1944, annonçant la mort tragique de son fils Edouard.

 

extrait de la lettre “...c’est un bien pénible devoir qui m’incombe aujourd’hui et cependant je n’ai pas le droit de m’y soustraire....Vous avez entendu parler peut être des brusques et sanglants événements qui ont endeuillés le pays, il y a prés de  quinze jours, c’est au cours de ces redoutables journées que votre malheureux fils a été prématurément ravi à votre affection, je ne puis vous expliquer ici les raisons, ni les douloureuses circonstances qui nous ont empêché de vous prévenir plus tôt...”

 

Mme Marron remet également 2 photos représentant Édouard et une carte de travail au nom de Calas Roger né le 21.07.1929 et demeurant à Valence, fausse bien sur. Cherchant à savoir où était son frère, qui avait écrit cette lettre, qu’elles sont les personnes qui l’avaient hébergées?

Sans hésitation, le président des familles de Fusillés prend en main ces recherches qui risquent d’être très difficiles au vu de la signature illisible et des photos prises il y a plus de 55 ans (en 1999).

L’association demande une expertise graphologique de cette lettre. Elle nous apporte que c’est une femme qui l’a écrit. “...cette femme avait un caractère très alerte, extrêmement consciencieuse, très courageuse...riche personnalité, très intelligente et douée par les langues étrangères...”

La signature est peut être A. Hajard (rapport graphologique).Lettre expédiée  de Valréas le 24 juin 1944, reçue le 01 juillet 1944 par le père d’Édouard à Ruoms (07)

Une dernière photo vient étayer les documents remis par la famille Marron. Une photo représentant une grande bâtisse en campagne, prise il y a plus de 50 ans, lieu supposé se trouver  héberger Édouard Constant.

Au vu de ce document agrandi, Joseph Coutton part à la recherche d’indice plus précis, de renseignements sur le lieu supposé héberger Edouard en 1944.

Il charge plusieurs personnes d’effectuer des recherches de Mémoire, des contacts sont établis auprès de son entourage.

Incroyable on s’y croirait, 55 ans plus tôt. Ces hommes et femmes ont rajeunis, retrouvent leur force vive, se replongent dans le Maquis, remettant en mémoire certains détails de ces événements tragiques et douloureux.

Mandrin Raoul qui avait été sollicité pour ces recherches, apporte des renseignements très précis sur ce lieu de cette bâtisse ainsi que la présence en 1944 de Constant Édouard sur la commune de Visan.

Après plus de 8 mois d’investigation, “l’enquête” va aboutir.

Comment Mandrin Raoul a retrouvé la trace d’Édouard Constant ?

Pour avoir travaillé à la ferme Roussillac à Visan, se trouvant  au lieu dit les Bravets à 3 Kms des Barbes, Raoul Mandrin effectuant à l’occasion les moissons aux barbes, reconnaît sur la photo la propriété des Barbes située sur la commune de Visan propriété actuelle de la famille Barnouin.

Cette dernière contactée, connaissait Edouard Constant en 1943/1944 mais également sur le nom de Colas Roger, clandestin à la ferme des Barbes dont les métayers de l’époque étaient la famille Ponçon Henri, leur beau frère.

Henri Ponçon demeurant  ce jour à  Ste Cécile les Vignes, confirme qu’ils ont bien caché de 1943/1944 Constant Édouard. C’est son père qui l’avait accompagné en novembre 1943 au moment du ramassage des betteraves, il était de la classe 22, réfractaire au STO (Service Travail Obligatoire).

Concernant la lettre, Ponçon Henri ne peut apporter de précision, il ne connaît pas l’auteur.

 

8 Juin 1944, occupation de Valréas par la Résistance.

 

Ancelin Henri (fusillé le 12 juin 1944 à Valréas), réparateur ambulant dans les fermes, signale l’occupation de Valréas, lors de son passage aux Barbes.

Au vu de ces dires Constant Édouard, dans les jours suivants rejoint le groupe de résistants posté route de Baume (Voir Livre du 12 juin 1944 -53 Fusillés à Valréas)

Inconnu lors de la fusillade du 12 juin 1944, il sera identifié officiellement le 26 juin 1945. L’acte de décès n°145 portera désormais un nom : Constant Édouard.

 

Rebondissement dans ces recherches qui  ne sont pas restées sans intérêts pour l’association des familles de fusillés qui oeuvre pour la Mémoire.

Michel Reboul, poursuivant ce que Joseph Coutton (décédé en novembre 2003) a commencé, s’intéresse de plus près à la signature et par la relecture du livre du 12 juin 1944, se focalise sur le nom de ALAZARD, alias Don José, Colonel dans l’aviation. Il faut reconnaître que grâce au modernisme actuel, nous avons la possibilité d’effectuer des recherches immuables ou de transférer des informations qui peuvent apporter un contact. C’est ce qui nous est arrivée le 24 juin 2006, lors d’une réunion entre familles et résistants. Jean Rousson, me remettait un article qu’il avait reçu de la fille de Jean ALAZARD, dont les cendres ont été  déposées au cimetière de Visan. Je reconnaissais bien évidemment cet article pour l’avoir publié sur mon Blog. La commémoration du 29 janvier 2006, rue Pasteur à Valréas. L’adresse m’étant remise, je m’empressais d’écrire à Mme Alazard Michèle demeurant dans la Haute Vienne, tout en lui adressant la photocopie de la lettre adressée à la famille Constant ce 24 juin 1944. Réponse immédiate et par téléphone de Mme Alazard Michèle, la signature et bien évidemment la lettre a été écrite par sa mère, Simone Alazard épouse de Jean Alazard, alias Don José, qui est native de Valréas, et toujours en vie, elle à plus de 90 ans et toute sa mémoire (nous l’avons contacté) : elle était institutrice et a bien connu Édouard Roger CONSTANT, l’avoir vu avec un drapeau français et un vieux fusil sur la route de Baume, ils ont même plaisanté un peu, mais ma mère s’inquiétait de le voir s’exposer ainsi alors que les allemands débarquer. « Jean Callas » lui a répondu : il faut bien garder les routes. Elle pense qu’il avait suivi les ordres de Mr Coulouvrat, prêt à mourir en héros. C’est elle qui l’a vu mort ce même jour et qui a été chargée d’avertir les parents, ce qu’elle a fait en écrivant à son père….

Le rapport graphologique de la lettre, est proche de la personne, nous donnant bien les caractéristiques d’une femme intelligente et courageuse, puisqu’elle a été une résistante de l’ombre en cachant dans son grenier des résistants.

 

Le plus dur, reste à faire, prévenir Madame Josette MARRON, sœur du défunt Édouard Constant, de nos aboutissements. Je ne peux vous décrire son émotion et si l’on puis dire sa joie de retrouver la dite personne, auteur de la lettre, qui immédiatement s’est empressée de la contacter. Soixante deux  ans après que pouvions nous espérer, démontrer que les années passent, mais ne peuvent s’effacer.

Notre rôle ne peut-être qu’une reconnaissance de cette transmission de mémoire, de rechercher et de comprendre ce qui entoure notre passé et surtout d’apporter la vérité et non de l’extrapoler.

Valréas le 13 septembre 2006

Michel Reboul

 

                                                                         

 

 

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Valréas le 12 juin 1944 et le Lieutenant Helmut Demetrio

1 Juin 2020, 09:40am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Citadelle de Pont-Saint-Esprit, fin avril ou mai 1944. Autour du sous-lieutenant Demetrio, commandant en second de la 8e compagnie, des légionnaires français.

Citadelle de Pont-Saint-Esprit, fin avril ou mai 1944. Autour du sous-lieutenant Demetrio, commandant en second de la 8e compagnie, des légionnaires français.

Helmut Demetrio, Professeur de musique dans un collège en Allemagne année 1958/1959

Helmut Demetrio, Professeur de musique dans un collège en Allemagne année 1958/1959

Helmut Demetrio (le premier en partant de la droite) Année 1958/1959

Helmut Demetrio (le premier en partant de la droite) Année 1958/1959

Le 13 février 1951, s'ouvre devant le tribunal militaire de Marseille, le procès du massacre de Valréas. Parmi les accusés au nombre desquels figurent Schwinn, Sohn et Henrich, Demetrio est seul à comparaître.

Face à ses juges, l'accusé s'en tient à ses déclarations au cours de l'instruction. Il n'est en rien impliqué dans l'exécution, clame-t-il, avant de revenir sur ses faits et gestes à Valréas le 12 juin 1944. Vers 13 heures explique-t-il, son groupe et lui ont été pris à parti par des maquisards alors qu'ils s'apprêtaient à attaquer. A l'issue d'un bref engagement, ils ont capturé 10 à 12 hommes, qu'ils ont emmenés à Valréas et remis à un officier.

Demetrio s'est rendu à l'hôtel de ville sur ordre du capitaine Träger. « Je me suis installé à la mairie, déclare-t-il, et ai reçu une quinzaine de personnes, certaines pour faire des dénonciations.

D'après Demetrio il a entendu des premiers coups de feu alors qu'il se trouvait à la mairie... , de ce fait il ne se trouvait pas sur le lieu de l'exécution.

Pourtant !

Au début de l'instruction, fin 1949, un témoin capital Gehrard Blanck, ex-chef du PZ.Aufkl.-Abt9, dont l'implication dans l'affaire a été écartée, livre plusieurs témoignages embarrassants pour Demetrio. Blanck avait rejoint sa compagnie, stationnée à environ un kilomètre de là, pourdonner l'ordre de départ et traverser la ville. C'est alors qu'il avait constaté, passant à proximité de la maison Clarice (le Mur des fusillés actuellement), que six à huit hommes gisaient à terre. Le « capitaine et le « lieutenant » étaient sur place (parlant ainsi du Lt Demetrio). Par la suite Blanck est revenu sur sa déposition, ne reconnaissant pas Demetrio lors d'une confrontation devant le Capitaine Cruciani du Tribunal militaire.

Mais un détail vestimentaire signalé par Blanck, mentionnant des feuilles de chêne de la division « Brandebourg » que la manche du « lieutenant » surexcité qui réclamait des représailles ne fait que renforcer les soupçons sur Demetrio, même acquitté par la justice. A noter que cette distinction sur les manches « feuilles de chêne » était porté par d'autres unités allemandes, mais aucune autre formation de cahsseurs à Valréas à l’exception de la « Brandebourg » n'était présente.

 

Lors de cette instruction de ces crimes de guerre perpétrés par la 8e Compagnie « Brandebourg » dans le Sud de la France et concernant Valréas, un témoin capital aurait pu être entendu.

 

Extrait d'une lettre datée du 5 octobre 1950

De Jeanine Talmon écrite de Paris à Émile Bouchet, l'un des quatre rescapés du massacre du 12 juin.1944.

(…) Je tiens pourtant à vous préciser une chose que vous ignorez peut-être, car, au moment où cela se passait, vous étiez, hélas, allongé le long de ce mur d'horreur dont le souvenir ne pourra jamais s'effacer en moi. Après vous avoir fusillés sous mes yeux, j'étais en effet devant l'hôtel où les Allemands avaient établi leur P.C. À ce moment-là, je reçus l'ordre d'un officier allemand de monter à la mairie, prévenir que l'on interdit à la population de descendre en direction du lieu d'exécution. Montant donc vers la place de la mairie, j'ai rencontré l'abbé Gertoux à qui je demandais de descendre et de demander l'autorisation de bénir tous ces pauvres corps torturés.

Redescendant au P.C. allemand, monsieur l'abbé vient à moi, le visage défait, me disant que quelques-uns parmi vous remuaient encore et de faire quelque chose. J'ai alors parcouru la longue file de ces 46 corps allongés et n'ai pu constater la chose. Je suis revenue vers les Allemands et ai entrepris de discuter avec un grand lieutenant qui parlait assez bien le français. J'appris alors, ce que beaucoup de Valréassiens n'ont jamais su, les corps devaient être ramassés sur des camions amenés là exprès par les Allemands, menés en campagne et incinérés. Je ne peux vous dire toutes mes pensées, toutes mes angoisses.

J'ai entrepris alors une lutte d'adresse et de mensonges qui a duré près de deux heures. La chance m'a favorisée, car le lieutenant allemand était un frontalier voisin de Belfort (où j'habitais avant la guerre). Connaissant bien le régiment (188ème d'artillerie) où mon mari était capitaine.

L'histoire est ainsi, de témoignages et d'autres oubliés, de persévérance à rechercher ce que d'autres ont occulté par négligence ou par volonté.

Qui était Helmut Demetrio avant d'être un militaire dans l'armée allemande ?


 

Helmut Demetrio est né en Saxe, en 1911. Diplômé de droit, il enseigne les langues et la musique avant son incorporation. Il parle correctement le français.

Nous le retrouvons après guerre, puisque condamné le 10 avril 1951 par le Tribunal militaire de Bordeaux (pour d'autres faits similaires) à 10 ans de réclusion. Il a sans doute été libéré au plus tard au printemps 1953.

Effectivement en 1958/1959 il est présent dans un collège en tant qu'enseignant, professeur de musique, ainsi que bien attablé avec des amis (photos).

Poursuivant nos recherches sur les événements du 12 juin 1944 à Valréas (Vaucluse), nous avons pu lire dans un livre intitulé : The World of Our Childhood – Memories of World War II - La Guerre de notre enfance - Souvenirs de la seconde guerre mondiale de l'auteur Wolfgang W.E. Samuel, le témoignage de la fille de Demetrio Helmut.

Il apparaît dans son témoignage de 7 pages, un passage contestable au vu des pièces que nous détenons et relatées dans le livre Valréas se souvient page 140 « Helmut Demetrio ».

Dans son témoignage Régina Demetrio raconte que son père a été condamné à mort et disgracié à la prison à vie. Totalement faux.

Afin d'étayer mes recherches, je contacte par mail l'historien Karl Heidinger auquel depuis 2004, j'échange divers renseignements sur cette période du 12 juin 1944.

Sa réponse : pour cette nouvelle. Je n'avais pas eu connaissance de ce livre. Il raconte la vie de 27 enfants pendant et juste après la guerre. Sur Regina Demetrio, fille de Helmut Demetrio, ce que je pouvais lire, me suffit. La famille a vécu à Keimsdorf près de Zwickau et a déménagée en avril 1954 à Karlsruhe. Regina raconte que son père a été condamné à mort et disgracié à la prison à vie, c'est faux. 

Voilà l'importance des recherches et de se soucier à comparaître d'autres recherches, d'autres écrits, d'autres témoignages, afin que l'on puisse apporter une vérité au plus juste et non de se contenter d'une première lecture, qui par les années qui passent soit-elle véridique pour l'auteur, mais bien souvent incomplète. On ne refait pas l'histoire, on la consolide.


 

Sources : Livre Sanglante randonnée – Olivier Pigoreau – Recherches Internet – Correspondances Karl Heidinger (Historien)


 

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Valréas accueille les réfugiés de Wisches (Alsace)

30 Mai 2020, 09:08am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Les Alsaciens ...chez les Frères, c'est en 1943, à quelques kms de Valréas; le 2ème à gauche c'est mon grand-père Henri GUY

Les Alsaciens ...chez les Frères, c'est en 1943, à quelques kms de Valréas; le 2ème à gauche c'est mon grand-père Henri GUY

Bien des récits et témoignages sur la période du 12 juin 1944, ont été couchés en lettres noires sur fond blanc et pourtant bien d'autres méritent aussi leurs pages dans un livre de souvenir d'un passé qui ne doit être oublié. Ce récit, et le témoignage de Anne Marie Brocheny Guy qui rejoint le témoignage de Dany Juillan ...femmes dans la Résistance

Ils ont comme bien d'autres, connus et inconnus un devoir de mémoire différent peut-être, mais qui se veut une action de Résistance.

 

Le 25 août 1942, le Gauleiter Wagner décrète l’incorporation obligatoire des Alsaciens dans la Wehrmacht (armée allemande). Environ 130 000 Alsaciens, appelés les « Malgré Nous », sont incorporés de force dans la Wehrmacht. La plupart d’entre eux ne reviendront pas. 22 000 "Malgré Nous" sont fait prisonniers par les Russes. Ceux-ci ne font pas la différence entre Alsaciens et Allemands. Les conditions de captivités sont très dures.

Pour y échapper, des milliers de jeunes Alsaciens-Mosellans fuient vers la Suisse et la France occupée et s'engagent dans la Résistance ou les Français libres. Ceux qui sont pris sont immédiatement fusillés comme déserteurs. Les insoumis sont internés et déportés dans les camps de Schirmeck et du Struthof et leurs familles déportées en Allemagne et leurs biens saisis, en représailles.

Que sont devenus les expulsés, les évadés, les réfugiés ?

 

Le 25 novembre 1944, les chars américains entrèrent dans le village devant une population stupéfaite.

Que sont devenus pendant ce temps, les autres Wischois, ceux qui ont quitté le pays dans les conditions que l'ont sait: expulsés,évadés, réfugiés ?

Ils aboutirent généralement dans le Vaucluse. Partout, il s'agit de trouver à s'insérer. Parmi les divers pôles de regroupement , Valréas fut le plus important. La famille CHARPENTIER expulsée y tenait le restaurant du secours national, tandis que la famille HERRY réussit à obtenir une maison de la ville pour assurer l'accueil de la cinquantaine de jeunes en transit: PAUL SCHREYECK, PAUL OHREL, ADOLPHE CLAUDE,ROBERT VINCENT, CHARLES PETITCOLIN, ANDRE BASTIEN, PAUL WEBER,JOSEPH GUERY,les PORRE,, les trois ZURMELY, les HERRY, THEOPHILE THALGOTT… impossible de les citer tous.

Témoignage

Pendant la guerre mes grands-parents HENRI GUY et mon père Hubert GUY sont partis de Wisches avec un maigre baluchon pour une destination inconnue. Ils ont tout laissé maison, meubles, bêtes…Ils ont atterri à Valréas. Ils habitaient à côté du restaurant du secours national –qui se situait juste derrière l'hôpital-. Au début ils ont souffert de faim, venant d'Alsace, on les traitait de boches. Dans les fermes on ne voulait pas les ravitailler.

En bon croyant, le premier dimanche où ils sont arrivés à Valréas, Papa et un copain sont allés à l'église, à la sortie ils ont fait connaissance avec Maman et une amie.

Et, à partir de là leur séjour a été « plus doux ».

Papa avait 18 ans et Maman 16 ans.

Charpentier, Henry, R. Vincent – c'est de la famille-, Douvier- je crois que mon grand-père travaillait à la carrière-, Charton …sont des noms que j'ai entendus souvent après guerre, mais je n'y prêtais pas attention étant beaucoup trop jeune.

Arrêté à la ferme de La Lance, mon père a dû son salut pour avoir sauté du camion en gare d'Avignon. Papa faisait parti du « réseau Provence » au-dessus de Montmirail (dans les dentelles). Maman et ma tante travaillaient dans une ferme juste au-dessous et ce sont elles qui servaient de liaisons avec Valréas. Elles faisaient le trajet à bicyclette.

 

« Ils sont partis comme beaucoup, … avec un simple baluchon »

 

Les Alsaciens ...chez les Frères, c'est en 1943, à quelques kms de Valréas; le 2ème à gauche c'est mon grand-père Henri GUY

 

Pendant la guerre mes grands-parents HENRI GUY et mon père Hubert Guy sont partis de Wisches avec un maigre baluchon pour une destination inconnue. Ils ont tout laissé maison, meubles, bêtes…Ils ont atterri à Valréas. Ils habitaient à côté du restaurant du secours national –qui se situait juste derrière l'hôpital-. Au début ils ont souffert de faim, venant d'Alsace, on les traitait de boches. Dans les fermes on ne voulait pas les ravitailler.

En bon croyant, le premier dimanche où ils sont arrivés à Valréas, Papa et un copain sont allés à l'église, à la sortie ils ont fait connaissance avec Maman et une amie. Et, à partir de là leur séjour a été « plus doux ».

Papa avait 18 ans et Maman 16 ans.

Charpentier, Herry, R. Vincent – c'est de la famille-, Douvier- je crois que mon grand-père travaillait à la carrière-, Charton …sont des noms que j'ai entendus souvent après guerre, mais je n'y prêtais pas attention étant beaucoup trop jeune.

Arrêté à la ferme de La Lance, mon père a dû son salut pour avoir sauté du camion en gare d'Avignon. Papa faisait parti du « réseau Provence » au-dessus de Montmirail (dans les dentelles). Maman et ma tante travaillaient dans une ferme juste au-dessous et ce sont elles qui servaient de liaisons avec Valréas. Elles faisaient le trajet à bicyclette.

. Un jour elles furent arrêtées par une patrouille allemande, elles avaient un message roulé dans la pompe de la bicyclette. Elles se sont mises à parler avec eux et à rire afin de ne pas éveiller des soupçons. Les soldats les ayant poussées pour les aider à repartir- c'était dans une côte- elles les ont quitté en leur envoyant des baisers de la main. Une fois hors de vue elles ont pédalé, pédalé….

Sur cette période mes parents et mes grands-parents ne parlaient presque pas.

Après la guerre mes grands-parents sont « remontés » à Wisches où ils ont retrouvé une maison bien abîmée. C'est là qu'on leur a donné des œufs et prêté une poule qu'il a fallu rendre…

Ils ne parlaient pas de cet  après-guerre où ils ont « encore souffert », ils ont dû se retrousser les manches pour se reconstruire.

Papa s'est engagé dans l'armée de l'air…( le maquis, les exploits… il n'en parlait pas)

 

Témoignage de Anne Marie Brocheny Guy

Source : ICI

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Valréas,Violette Chaix femme dans la résistante

28 Mai 2020, 10:17am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Photo anonyme vintage bicyclette femme vers 1940 (ce n'est pas Violette Chaix)

Photo anonyme vintage bicyclette femme vers 1940 (ce n'est pas Violette Chaix)

Pendant la dernière guerre, ma maman Violette née Giai-Gianetti faisait partie de la Résistance (réseau Provence) avec son mari –mon papa- Léon Deyvant qui avait été fait prisonnier et s’était évadé d’Allemagne. Ma tante Renée et son futur époux Hubert Guy étaient eux aussi des résistants. Ce dernier fut arrêté à la ferme de la Lance et a dû son salut pour avoir sauté du camion en gare d’Avignon.

 

 

Maman avait un autre prénom ; dans la Résistance elle était Charlette. Lorsque la radio de Londres diffusait le message : « le poisson aime la sardine à l’huile », les résistants savaient que c’était pour eux et voulait dire, entre autres : parachutages…

 

Maman et les résistants étaient cachés dans une ferme à Montmirail. Marie-Rose, la fermière, décédée il y a deux ans, les a beaucoup aidés (légumes, œufs, volailles, logement…) Maman aidait au château de Montmirail et faisait le trajet Valréas-Montmirail ou l’inverse à bicyclette avec se sœur Renée. Lorsqu’il fallait venir à Valréas, ma grand-mère téléphonait au château et disait : « dites à Charlette que son papa est malade ».

 

Un jour, Maman et sa sœur furent arrêtées par une patrouille allemande. Maman avait un message roulé dans la pompe de sa bicyclette. Elles se sont mises à parler avec eux, à rire afin de ne pas éveiller des soupçons. Les soldats les ayant poussées pour les aider à repartir, elles les ont quitté en leur envoyant des baisers de la main. Une fois hors de vue, elles ont pédalé, pédalé et sont arrivées tremblantes à la ferme de Montmirail !

 

Puis, Valréas vécu le 12 juin 1944.

 

Lorsque l’ordre fut donné par l’ennemi de se rassembler sur la place de la mairie et de laisser les maisons ouvertes, mon grand-père maternel, Piémontais naturalisé Français (il avait fuit le fascisme et les Chemises Noires en Italie) a dit : « c’est un guet-apens ! »

Mes grands-parents, mes parents, mes oncles et ma tante sont alors partis à pied –en laissant leur maison ouverte, emportant seulement leurs papiers- vers la côte de Vinsobres et ont été cachés dans le foin de la ferme La Désile…

 

Le lendemain, mon grand-père a transporté des corps des fusillés sur son charreton de maçon et a aidé à faire des cercueils.

Mémoire recueillie par sa fille Dany Juillan

 

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12 juin 1944, ordre de repli à Valréas

26 Octobre 2019, 16:01pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

12 juin 1944, ordre de repli à Valréas

Éteindre les allégations sur cette journée tragique

 

Ce livre du 12 juin 1944 – 53 fusillés se veut une réponse à l'interrogation d'une certaine population de Valréas et ses environnements et aussi faisant suite au livre de Paul. Dreyfus « Histoires extraordinaires de la Résistance » qui mets en avant l'ordre de repli non reçu du groupe de la route de Baume.

Après la cérémonie du 12 juin 1977, les anciens résistants et rescapés de la fusillade se réunissent pour éclaircir cette situation qui semble laisser un doute sur le commandement des uns et des autres des groupes de résistants A.S. et F.T.P.., et la décision d'un repli. Une première édition créée en 1981, apporte certains récits et témoignages plus ou moins contradictoires.

Il faut se mettre dans le contexte de l'époque où ceux qui se sont engagés pour se soulever contre l'envahisseur et sa collaboration française, n'étaient loin de là au départ des personnes aguerries au soulèvement d'une telle situation guerrière, comme le sont préparés les militaires de carrière.

Il fallait composer avec le cru de ceux qui se soulever contre l'envahisseur. Qu'ils soient chefs de groupe de résistants ou chefs civils, il fallait improviser sur les diverses manœuvres « militaires » ou « civiles » - Le combat est une stratégie que l'on apprend dans les écoles militaires et dont les politiques en sont aussi les maîtres d’œuvres quand une guerre est déclarée.

A ce niveau d'une commune, d'un département ou d'une région sans l'aide extérieure militairement et politiquement on ne peut penser poursuivre cet engagement. C'est la raison en ce qui concerne Valréas que l'on doit se référer à un commandement digne pour une telle opération d'envergure au niveau national.

 

 

Revenons à l'ordre de soulèvement général en France et de ce qui impliqua la résistance armée à Valréas.

 

Au 6 juin 1944 les Alliés débarquèrent en Normandie. De Londres arriva l’ordre d’un soulèvement général en France. Deux jours après, un groupe de résistants entra dans Valréas. Le but principal de l’occupation de Valréas et d’autres lieux de la vallée du Rhône était de couvrir la mobilisation générale et le soulèvement général dans la zone Est montagneuse du département en créant un point de fixation pour les forces d’occupation.

Le chef régional de l’armée secrète (A.S.) le commandant « Alain » (Pierre Reynaud) délégua le commandement militaire sur Valréas au lieutenant « Georges » (Pierre Rigaud). L’autorité civile était exercée par Marius Gras et Louis Clarice, responsable de l’A.S. pour Valréas et environ. Une rivalité existait entre les forces gaullistes, l’A.S. et la Résistance communiste FTP. Les résistants prirent possession de la poste, la mairie et s’emparèrent des armes de la gendarmerie. Les lignes téléphoniques furent coupées, les collaborateurs et les miliciens, arrêtés. Des barricades furent dressées autour de Valréas en vue de résister. Dans un élan général, beaucoup de jeunes gens de Valréas se joignent aux résistants.

La possibilité d’un repli en cas d’attaque allemande fut envisagée. Mais « Roger » (André Chaiffre) lieutenant de la FTPF, se prononce contre l’idée d’un repli et veut engager le combat avec son groupe.

Au 12 juin, les Allemands attaquent et un ordre de repli est donné aux groupes de résistants.

Cet ordre de repli n’est jamais parvenu aux deux groupes des FTP, installés à la barricade de la route de Baume. Les anciens résistants expliquent ce fait que l’agent de la Gestapo Roger Ferrant, qui s’était infiltré dans les rangs de la Résistance à Valréas avait détourné l’ordre de repli. Une autre explication: Peut-être ces deux groupes ont été tout simplement oubliés suite à la confusion régnant au poste de commandement lors de l’attaque allemande.

 

Quatre possibilités nous sont « offertes » de cet ordre de repli :

1/ André Roger Chaiffre alias « Lieutenant Roger » a refusé d'exécuter l'ordre.

2/ Un agent de la « Gestapo » ou agent de la 8ème Compagnie Brandenbourg s'était infiltré dans les groupes de résistants.

3/ Confusion dans l'exécution de l'ordre de repli au vu des chefs de commandements des groupes A.S. et F.T.P.F.

4/ Refus catégorique de repli


 

Plus de 75 ans après et au vu des documents et témoignages en notre possession il est difficile de conclure sur ces quatre possibilités, seuls des doutes subsistent

Dans le livre du 12 juin 1944, le commandement militaire sur Valréas au lieutenant « Georges » (Pierre Rigaud). L’autorité civile était exercée par Marius Gras et Louis Clarice, responsable de l’A.S. pour Valréas et environ. En ce qui concerne le commandement militaire pour le groupe F.T.P.F, d'après André Monnier lui même responsable civil F.T.P. à Valréas dit avoir présenté au Lieutenant Georges, comme responsables militaires des F.T.P. les lieutenants Fifi et Serge ainsi que le Frisé, délégués par le Parti Communiste de Nyons.

Dans son témoignage page 81 du livre du 12 juin 1944, « Georges » Pierre Rigaud atteste que le seul Chef ou responsable F.T.P. que j'ai vu à l’œuvre à Valréas était le Lieutenant « Roger ». Aucun autre ne s'est jamais manifesté à moi pendant la période du 8 au 12 juin.

En ce qui concerne les lieutenants Fifi, Serge et le Frisé, rapportons-nous au témoignage de Pierre Chaze alias « Claude »


 

Samedi 10 juin 1944

 

  • A 11 heures le matin, Fajargot alias Fifi me dit ceci « Claude, nous partons sur Valréas pour encadrement des jeunes qui arrivent en grand nombre »

  • Je fais mon sac, sac récupérer au camp de jeunesse du Crestet dans la nuit du 29 janvier 1944. Je passe la succession de mon poste de responsable à « Wladimir », Jacques Rambaud de Villeneuve-Les-Avignon.

  • Début après-midi, nous partons direction Valréas. A Nyons se joint à nous Roger Renzo alias « Le Frisé » qui sera tué à Valréas. Ce qui fait 5 personnes : Fajardot alias « Fifi » - Serge alias « Le Barbu » - Louis « le chauffeur » - Roger Renzo alias « Le Frisé » - Pierre Chaze alias « Claude ». Arrivée à Valréas le samedi 10 juin 1944 vers 16 heures, je dépose mon sac au « Café de la Paix », sac que je n'ai jamais plus récupéré étant donné les événements tragiques du 12 juin 1944.

Nous allons , Louis, Le Frisé et moi, à la Mairie de Valréas. Nous attendons les ordres de Fifi, nous apprenons que des avions ont mitraillé. En soirée, Fajardot, alias Fifi me dit : « tu vas sur le barrage de la route d'Orange, afin d'organiser la défense »

Sur place, beaucoup de va et vient, armement, 1 fusil mitrailleur anglais marque Bren « mitraillettes Sten., fusils et grenades, enfin pas terrible pour faire face à l'armada blindé que nous allions recevoir.

Roger Renzo alias le Frisé, fût envoyé ailleurs, je ne devais plus le revoir.

 

Dimanche 11 juin 1944

 

Fajardot - Serge – Louis sont restés au P.C.

La nuit s'est passé sans incident, la journée permet de s'organiser, la confiance règne, la volonté est bonne, une certaine euphorie existe. Nouveau mitraillage,pas de victime à ma connaissance, des cyprès ont brûlés.

 

Lundi 12 juin 1944

 

Un prélèvement de quelques hommes a été fait à la relève. Je reçois l'ordre de me porter quelques centaines de mètres en avant avec deux F.T.P. Ces deux hommes courageux, jeunes comme moi sont : Monsieur Lager Georges alias « Martigues » et Monsieur Arrigoni, qui a aucun moment ne paniquent et firent preuve d'une belle discipline.

Toute la matinée nous entendons tirailler, sans savoir ce qu'il en est, personne ne vient nous voir, nous informer.

Vers 11 heures la sirène sonne, n'étant nullement au courant ignorant totalement la situation, inquiets, nous quittons toujours cette fameuse route d'Orange.

Vers 12 heures, c'est la grande surprise, devant nous tout près apparaissent les blindés dont une auto-mitrailleuse à l'avant. Nous sommes à l'abri, derrière une butte de terre (saffre). Les Allemands ne nous ont pas vu, que faire avec un fusil mitrailleur ? Nous nous replions suivant cette butte de terre qui nous protège à la vue. Nous regardons vers les collines, nous sommes une fois de plus surpris, les allemands montent en file indienne et encerclent Valréas, difficile d'y croire, nous n'avions rien vu, n'avions été averti de rien et laisser pour compte.

Il se peut que le barrage en retrait ait été prévenu du repli, mais nous trois avions été oublié totalement.

Arrigoni, qui porte le fusil mitrailleur, à l'intention immédiate de tirer sur les boches, je réalise que c'est cuit, une étincelle, je lui dit ne tire pas, arrête c'est fini, il exécute.

Notre chance ! Un petit caniveau d'arrosage avec de hautes herbes et canisses est à nos pieds, nous nous couchons à plat-ventre, un derrière l'autre, avec le fusil mitrailleur et grenades.

Lieu : derrière Fanfinette, il y a de l'eau, nous nous faisons petits, nous entendons des grenades qui explosent, nous comprenons que les allemands resserrent leur étau sur Valréas. Les heures passent, longues, ponctuées de tirs divers.Nous attendons la tombée de la nuit pour partir, nous nous risquons enfin, rien, Arrigoni, je l'avais surnommé « Lapin » car il marchait vite, connaissait la région ainsi que « Martigues ». Nous nous dirigeâmes vers les collines, pour arriver au hameau des « Cornuts »  vers 23 heures environ. Les chiens nous accueillirent par des aboiements , puis les propriétaires de la ferme vinrent, quand ils nous virent armés, je compris leur surprise, après une courte explication, ces braves gens qui étaient apeurés aussi, nous donnèrent des cerises pour manger et à boire, ils nous indiquèrent le chemin pour rejoindre l'Aygues.

Ces braves gens sont la famille Chauvin, Hameau des Cornuts. Au petit jour, nous étions dans l'Aygues, ce fut la remonté de la rivière, la ferme Gérard, Nyons évacué et le village des Pilles. Nous venions de nous sortir d'une situation tragique et sûrement d'échapper à une mort certaine.

A partir des Pilles, les unités se regroupèrent à nouveaux en des lieux différents, le brassage des diverses informations et éléments de la résistance armée allaient donner naissance aux divers bataillons et au 1er régiment F.T.P.F. Drôme-Sud.

Quand à moi j'ai rejoins le groupe MORVAN à Rosans et ensuite les Corps Francs commandé par le chef André Martin, adjoint Marie.

 

Ce résumé du 6 juin au 13 juin 1944 lendemain du massacre de 53 fusillés est véridique.

Sur l'honneur, je déclare que les noms cités sont vrais, que mon chef était Fajardot dit « Fifi ».

Ce récit a été vu et lu par Monsieur Lager Georges dit « Martigues » domicilié à la Petite Peyrouse à Valréas 84.

 

Résumé rédigé sur cinq feuillets manuscrits.

 

CHAZE Pierre

Montée de la Chapelle

07170 Villeneuve de Berg

Alias Claude 72070 F.T.P.F.

Événements du 12 juin 1944 à Valréas – Témoignages

 

(…) Le lendemain de nombreux barrages furent édifiés sur les routes rejoignant Valréas, dont un, très important, sur la route d'Orange, à la ferme Biscarat. Sur ce barrage se trouvaient une partie des hommes que j'avais avec moi, à savoir Roger Chaiffre, Raoul Mandrin et mon frère Jean . J' avais à distance la responsabilité de ce groupe jusqu'au 11.... Le 11 juin, je reçu l'ordre de me replier avec un petit peloton. Mission : préparer un cantonnement dans les montagnes de Bouvières et Gumiane...

Les hommes que j'avais laissé ont rejoins Gumiane dans les jours suivants. Parmi eux Roger Chaiffre, commandant un groupe (comme par hasard). J'ai été étonné de son avancement, mais nous vivions une telle époque !

Plus tard, les hostilités terminées, j'ai eu la visite de Roger Chaiffre et de deux personnes dont une femme. J'avais repris mon activité et je travaillais dans mes vignes. Cet individu (je dis : cet individu) ayant perdu son commandement, venait me rendre visite dans un but qui n'avait rien à voir avec les souvenirs voire l'honnêteté.

 

Témoignage de Michel Coulouvrat

 

(…) Personne ne conteste qu'il s'est tenu à ce sujet, dans la nuit, au P.C. de l’École supérieure, une réunion des chefs militaires et de certains chefs de postes, dont le Lieutenant Georges (Pierre Rigaud), officier de Saint Cyr, pour l'A.S. Et «  Roger » Chaiffre (Lieutenant Émile d'après le livre) pour le compte des F.T.P. Qui avaient rejoins Valréas.... A ce moment de la réunion, cependant , André Monnier récusé la qualité de chef F.T.P., à Chaiffre et dit qu'il était seul responsable politique à ce moment là....

 

Témoignage Amicale des Résistants du Haut Comtat page 55

 

(…) toujours au sujet de cette réunion du 11 juin 1944 ; selon les témoignages de MM Bazzini et Bonnefoy, Roger Chaiffre a manifesté son opposition à tout repli. Considérant que Roger Chaiffre n'était qu'un chef de groupe F.T.P., sa décision personnelle ne présente aucune valeur et n'engage pas la responsabilité de l'ensemble des F.T.P. Participant à l'occupation de Valréas. Seuls les chefs militaires Serge et Albert avaient le pouvoir de prendre les décisions, ainsi que André Monnier, chef responsable civil.

 

Témoignage : Coutton – Monnier -Mandrin

 

(…) A nouveau, de retour au P.C., nous nous informons, et je reçois l'ordre de prendre la route de Taulignan en vue d'organiser la position à la tranchée. Au volant du camion, il y a Bazzini Louis ; monte également sur notre véhicule Roger Chaiffre, responsable des F.T.P.... Je signale, qu'après avoir pansé moi-même les pieds ensanglantés de Roger Chaiffre, ce dernier n'a pas pu suivre ma colonne, et qu'il est resté avec quelques hommes sur place.

Je ne l'ai revu qu'en uniforme de Colonel, siégeant à l'Hôtel de la Croix d'Or à Valence, en septembre 1944

 

Témoignage d'Amédée Tena

 

(…) Le 7 juin 1944, vers minuit, nous avons coupé les fils téléphoniques et même abattu des poteaux à la hache, au lieu dit »La Croix de Chabrette » coupait ainsi toute communication avec Orange et Avignon.

Le 8 juin après-midi, j'ai pris position sur le barrage de la route d'Orange. Roger Chaiffre avec nous.

Le 10 juin dans l'après-midi, deux avions allemands nous ont mitraillé....Roger Chaiffre s'est emparé de notre fusil mitrailleur, et, debout sur la route, a vidé le chargeur sur les avions ennemis qui revenaient.

 

Témoignage de Raoul Mandrin

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12 juin 1944 à Valréas, 73 ans plus tard une uchronie (1) historique !

26 Août 2019, 10:33am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

La fusillade de Valréas - Edition 1946

La fusillade de Valréas - Edition 1946

RAPPEL pour ceux qui ont la mèmoire courte ou ne veulent entendre qu'un seul son de cloche, surtout quand les derniers témoins directs ne sont plus !

Hier, du moins au lendemain des événements tragiques de Valréas, ils témoignaient. D'un témoignage sincère au vu d'une mémoire encore fiable, participants à cet événement dramatique ou 53 hommes furent fusillés, ils voulaient inscrire sur une page blanche leurs divers récits et ne pouvaient que se confier en souvenir de nos chers disparus.

 

 

Le livre du 12 juin 1944, dont la première édition a vu le jour en 1981 , relatait par ses écrits les journées sombres d'une occupation de résistance à Valréas.

« Au 6 juin 1944 les Alliés débarquèrent en Normandie. De Londres arriva l’ordre d’un soulèvement général en France. Deux jours après, un groupe de résistants entra dans Valréas. Le but principal de l’occupation de Valréas et d’autres lieux de la vallée du Rhône était de couvrir la mobilisation générale et le soulèvement général dans la zone Est montagneuse du département en créant un point de fixation pour les forces d’occupation. Le chef régional de l’armée secrète (AS) le commandant «  Alain  » (Pierre Reynaud) délégua le commandement militaire sur Valréas au lieutenant «  Georges  » (Pierre Rigaud).

L’autorité civile était exercée par Marius Gras et Louis Clarice, responsable de l’AS pour Valréas et ses environs. Une rivalité existait entre les forces gaullistes, l’AS et la résistance communiste FTPF. Les résistants prirent possession de la poste et de la mairie et s’emparèrent des armes de la gendarmerie. Les lignes téléphoniques furent coupées, les collaborateurs et les miliciens arrêtés. Des barricades furent dressées autour de Valréas en vue résister. »

Ce livre sera une série de questions avec des réponses plus ou moins fondées sur la responsabilité d'un ordre de repli non parvenu au groupe de résistants sur la route de Baume, qui amènera son arrestation par l'armée allemande, et par la suite la mort devant un mur, appelait aujourd'hui le mur des fusillés.

73 ans après, nous en sommes toujours au même point.

Ce livre a été édité en 5 éditions, augmenté de témoignages et de documents, jusqu'à sa dernière en 2001. Si certains témoins directs de cet événement ont voulu, d'année en année, apporter leurs témoignages, d'autres ont préféré garder le silence...

Aujourd'hui, l'histoire de cette période refait surface, sur une phase uchronique d'une situation historique ayant existé. De témoignages que l'on découvre plus de 70 ans après en passant par une volonté de changer l'histoire pour imaginer ce qu'elle aurait pu être.

D'une occupation éphémère, on passerait à une libération éphémère du 8 au 12 juin 1944 .

De 1981 à 2001, soit 20 ans de publication de ce livre à 3000 exemplaires, il aurait été temps de contredire ou d'ajouter des écrits.

Voir aussi le fascicule d' Edmond LAMY « La fusillade du 12 juin 1944 à Valréas » Imprimerie COSTE FRÈRES - 1946 – Page 2 : Les F.F.I. Occupent Valréas- et non « libère Valréas » (2 ans après les faits tragiques)

On ne peut récrire l'histoire, surtout quand les témoins directs ne sont plus là !

 

(1) Selon l'inventeur du terme, Charles Renouvier, l'auteur d'une uchronie écrit l'histoire, non telle qu'elle fut, mais telle qu'elle aurait pu être, à ce qu'il croit

 

 

Michel Reboul – Neveu d'Alfred Buey – imprimeur-résistant (*), fusillé le 12 juin 1944 à Valréas

Président des familles de fusillés – Valréas le 24 juin 2016

 

 

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12 juin 1944 à Valréas, témoignage de Pierre CHAZE alias "Claude"

29 Juillet 2019, 09:35am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Photographie prise sur Mémoires de l'Ombre - Capitane Paris Editions Scriba

Photographie prise sur Mémoires de l'Ombre - Capitane Paris Editions Scriba

Nous allons , Louis, Le Frisé et moi, à la Mairie de Valréas. Nous attendons les ordres de Fifi, nous apprenons que des avions ont mitraillé. En soirée, Fajardot, alias Fifi me dit : « tu vas sur le barrage de la route d'Orange, afin d'organiser la défense »
Sur place, beaucoup de va et vient, armement, 1 fusil mitrailleur anglais marque Bren « mitraillettes Sten., fusils et grenades, enfin pas terrible pour faire face à l'armada blindé que nous allions recevoir.

 

Historique de la Résistance

 

 

6 juin 1944 Camp « des Pennes » Commune d' Arnayon - Drôme

12 juin 1944 - occupation - Tragédie de Valréas - Vaucluse

 

 

 

Résumé du Sous-Lieutenant F.F.I. Chaze Pierre – Alias Claude – matricule 72070 F.T.P.F.

 

  • Camp des Pennes Arnayon – 26

 

  • 6 juin 1944, dés le début de la matinée, nous apprenons le débarquement en Normandie , c'est la joie, enfin le grand jour est arrivé. Depuis le Printemps tous les camps maquis de la région étaient attaqués par les troupes allemands. La vie était de plus en plus dure, la sécurité difficile.

  • Au Camp « des Pennes » au dessus des gorges d'Arnayon, toute le monde se prépare au départ et attend les ordres de mouvements.

  • Dans la journée, c'est le départ vers la vallée de l'Aygues

  • La Motte Chalancon, Cornillon, Rémuzat, Saint May, Sahune, les Pilles, Nyons sont libérées par l'ensemble des Camps de Maquis et de la résistance civile. Un grand nombre de jeunes gens, de personnes de tous les âges, viennent s’enrôler dans diverses Compagnies en formations.

  • A Nyons, il nous est distribué quelques vêtements et chaussures sur délivrance d'un bon du Comité de Libération. Une grande activité règne dans la petite ville.

 

Étant C.E. De Compagnie, je me trouve à la Mairie des Pilles avec Fajargot, alias Fifi, Serge alias Le Barbu, Louis chauffeur de Fifi, Louis fût tué à la bataille de Romans (26)

 

Samedi 10 juin 1944

 

  • A 11 heures le matin, Fajargot alias Fifi me dit ceci « Claude, nous partons sur Valréas pour encadrement des jeunes qui arrivent en grand nombre »

  • Je fais mon sac, sac récupérer au camp de jeunesse du Crestet dans la nuit du 29 janvier 1944. Je passe la succession de mon poste de responsable à « Wladimir », Jacques Rambaud de Villeneuve-Les-Avignon.

  • Début après-midi, nous partons direction Valréas. A Nyons se joint à nous Roger Renzo alias « Le Frisé » qui sera tué à Valréas. Ce qui fait 5 personnes : Fajardot alias « Fifi » - Serge alias « Le Barbu » - Louis « le chauffeur » - Roger Renzo alias « Le Frisé » - Pierre Chaze alias « Claude ». Arrivée à Valréas le samedi 10 juin 1944 vers 16 heures, je dépose mon sac au « Café de la Paix », sac que je n'ai jamais plus récupéré étant donné les événements tragiques du 12 juin 1944.

Nous allons , Louis, Le Frisé et moi, à la Mairie de Valréas. Nous attendons les ordres de Fifi, nous apprenons que des avions ont mitraillé. En soirée, Fajardot, alias Fifi me dit : « tu vas sur le barrage de la route d'Orange, afin d'organiser la défense »

Sur place, beaucoup de va et vient, armement, 1 fusil mitrailleur anglais marque Bren « mitraillettes Sten., fusils et grenades, enfin pas terrible pour faire face à l'armada blindé que nous allions recevoir.

Roger Renzo alias le Frisé, fût envoyé ailleurs, je ne devais plus le revoir.

 

 

Dimanche 11 juin 1944

 

Fajardot - Serge – Louis sont restés au P.C.

La nuit s'est passé sans incident, la journée permet de s'organiser, la confiance règne, la volonté est bonne, une certaine euphorie existe. Nouveau mitraillage,pas de victime à ma connaissance, des cyprès ont brûlés.

 

Lundi 12 juin 1944

 

Un prélèvement de quelques hommes a été fait à la relève. Je reçois l'ordre de me porter quelques centaines de mètres en avant avec deux F.T.P. Ces deux hommes courageux, jeunes comme moi sont : Monsieur Lager Georges alias « Martigues » et Monsieur Arrigoni, qui a aucun moment ne paniquent et firent preuve d'une belle discipline.

Toute la matinée nous entendons tirailler, sans savoir ce qu'il en est, personne ne vient nous voir, nous informer.

Vers 11 heures la sirène sonne, n'étant nullement au courant ignorant totalement la situation, inquiets, nous quittons toujours cette fameuse route d'Orange.

Vers 12 heures, c'est la grande surprise, devant nous tout près apparaissent les blindés dont une auto-mitrailleuse à l'avant. Nous sommes à l'abri, derrière une butte de terre (saffre). Les Allemands ne nous ont pas vu, que faire avec un fusil mitrailleur ? Nous nous replions suivant cette butte de terre qui nous protège à la vue. Nous regardons vers les collines, nous sommes une fois de plus surpris, les allemands montent en file indienne et encerclent Valréas, difficile d'y croire, nous n'avions rien vu, n'avions été averti de rien et laisser pour compte.

Il se peut que le barrage en retrait ait été prévenu du repli, mais nous trois avions été oublié totalement.

Arrigoni, qui porte le fusil mitrailleur, à l'intention immédiate de tirer sur les boches, je réalise que c'est cuit, une étincelle, je lui dit ne tire pas, arrête c'est fini, il exécute.

Notre chance ! Un petit caniveau d'arrosage avec de hautes herbes et canisses est à nos pieds, nous nous couchons à plat-ventre, un derrière l'autre, avec le fusil mitrailleur et grenades.

Lieu : derrière Fanfinette, il y a de l'eau, nous nous faisons petits, nous entendons des grenades qui explosent, nous comprenons que les allemands resserrent leur étau sur Valréas. Les heures passent, longues, ponctuées de tirs divers.

Nous attendons la tombée de la nuit pour partir, nous nous risquons enfin, rien, Arrigoni, je l'avais surnommé « Lapin » car il marchait vite, connaissait la région ainsi que « Martigues ». Nous nous dirigeâmes vers les collines, pour arriver au hameau des « Cornuts »  vers 23 heures environ. Les chiens nous accueillirent par des aboiements , puis les propriétaires de la ferme vinrent, quand ils nous virent armés, je compris leur surprise, après une courte explication, ces braves gens qui étaient apeurés aussi, nous donnèrent des cerises pour manger et à boire, ils nous indiquèrent le chemin pour rejoindre l'Aygues.

Ces braves gens sont la famille Chauvin, Hameau des Cornuts. Au petit jour, nous étions dans l'Aygues, ce fut la remonté de la rivière, la ferme Gérard, Nyons évacué et le village des Pilles. Nous venions de nous sortir d'une situation tragique et sûrement d'échapper à une mort certaine.

A partir des Pilles, les unités se regroupèrent à nouveaux en des lieux différents, le brassage des diverses informations et éléments de la résistance armée allaient donner naissance aux divers bataillons et au 1er régiment F.T.P.F. Drôme-Sud.

Quand à moi j'ai rejoins le groupe MORVAN à Rosans et ensuite les Corps Francs commandé par le chef André Martin, adjoint Marie.

 

 

Ce résumé du 6 juin au 13 juin 1944 lendemain su massacre de 53 fusillés est véridique.

Sur l'honneur, je déclare que les noms cités sont vrais, que mon chef était Fajardot dit « Fifi ».

Ce récit a été vu et lu par Monsieur Lager Georges dit « Martigues » domicilié à la Petite Peyrouse à Valréas 84.

 

Résumé rédigé sur cinq feuillets manuscrits.

 

CHAZE Pierre

Montée de la Chapelle

07170 Villeneuve de Berg

Alias Claude 72070 F.T.P.F.

 

Signature

 

Témoignage détenu par l'association des Familles de Fusillés - Valréas

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