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12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS

histoire

La Résistance en Vaucluse

15 Mai 2021, 07:23am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Dans ce recueil quelques lignes sur les événements du 12 juin 1944 à Valréas

Dans ce recueil quelques lignes sur les événements du 12 juin 1944 à Valréas

En consultant les archives du département de Vaucluse, mais aussi celles de la commune de Valréas, il est regrettable d'avoir peu d'information sur l'engagement de la résistance à Valréas, si ce ne sont des témoignages des survivants et le récit du livre 12 juin 1944 – 53 fusillés à Valréas de l'association des familles de fusillés de Valréas.

voir le lien :

https://archives.vaucluse.fr/recherche-avancee-1197.html?L=0&id=1197&tx_solr%5Bq%5D=12+juin+1944+VALREAS

 

Il faut dire que la résistance à Valréas était englobée dans le département de la Drôme et n'avait que des liens accessoires avec celle du Vaucluse. Dans les quatre documents et témoignages du recueil des archives départementales sur les événements dans le Vaucluse pour cette période 39/45, seul ressort le témoignage d’Émile Bouchet, fusillé-rescapé du 12 juin 1944 et quelques lignes sur la tragédie. C'est par ce manque de communication que nous sommes à nous interroger sur ce qui s’est réellement passé pendant cette période du 8 au 12 juin 1944, occupation de Valréas par la Résistance. Soyons attentifs aux divers témoignages relevés dans le livre de l'association, et dans d'autres livres d'auteurs différents, racontant quelques lignes sur cette période. Nous laissant sur plusieurs interpellations, que nous essayerons de disséquer au plus juste de la mémoire de ce passé valréassien. Aujourd'hui, malgré les ans qui s'écoulent, certains essaient de se remémorer leurs souvenirs, fussent-ils bien loin et avec des contraintes de souvenances, justifiant leur âge bien avancé.

 

A noter : Depuis quelques années notre association des familles de fusillés mets tout en œuvre par les moyens qui nous sont donnés, livres et maintenant Internet, dont notre blog – 12 juin 1944 à Valréas , pour faire connaître ces événements tragiques d'une ville de Vaucluse, bien oubliés dans les archives vauclusiennes, mais aussi par l'absence de divers élus du Vaucluse lors de la commémoration de la cérémonie. - alors bien présents dans d'autres communes du département !

 

 

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« La Chasse aux sorcières »

12 Mai 2021, 07:46am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Plaque déposée sur le mur d'entrée de l'hôpital de Valréas, qui porte son nom. (A ce jour elle n'y est plus !)

Plaque déposée sur le mur d'entrée de l'hôpital de Valréas, qui porte son nom. (A ce jour elle n'y est plus !)

L'idéologie de Vichy, la xénophobie


En effet, le régime dénonce et poursuit les responsables de la défaite et du déclin de la France, et se sont majoritairement les étrangers et les Juifs qui devaient faire les frais de cette « chasse aux sorcières », subissant une politique discriminatoire de la part du gouvernement.


« La loi du 3 octobre 1940 portant sur le statut des Juifs, en son article 2 que '' l'accès et l'exercice des fonctions publiques notamment comme membres des corps enseignants sont interdites aux Juifs…" Les directeurs et membres du personnel des cours..., et engagés à titre quelconque...sont tenus de justifier de leur ascendance… »

En exécution de l'article 7 de la loi précitée, les agents du personnel enseignant figurant dans la première catégorie devront cesser immédiatement leurs fonctions ...

La candidature pour l'obtention d'un poste de garde champêtre à Valréas reprend toute la législation, le préfet en profite alors pour rappeler les instructions à Jules Niel le 29 août 1942 :

« Objet : candidature d'un garde champêtre (fournir) :
Un document officiel établissant que le candidat possède la nationalité française à titre originaire (né de père français).
Une déclaration manuscrite dûment signée dans laquelle :

A/, il affirmera n'avoir jamais appartenu à aucune des associations visées par l'article 1er du décret du 13 août 1940 ou avoir rompu toute attache avec elles. 

B/, il prendra l'engagement d'honneur de ne jamais adhérer à une telle organisation au cas où elle viendrait à se reconstituer. 

C/, il certifiera sur l'honneur qu'il n'est pas Juif au sens donné à cette appellation par l'article 1er de la loi du 2 juin 1941.
Valréas comme toutes les communes de la France non occupée, applique donc le programme de la Révolution nationale, portant les espoirs d'une population atteinte par la défaite et les difficultés de la guerre, et n'aspirant qu'à retrouver une vie correcte.


Dans cette lecture, il faut mentionner que Jules Niel a été le maire pour sa ville, et ce, sur les diverses positions des présidents et gouvernements qui se sont succédé, de Daladier en passant par le Maréchal Pétain pour finir avec le Général de Gaulle. La complicité silencieuse du maire Jules Niel pourtant mis en place par le Maréchal Pétain, en 1941, n'a pas failli à ses engagements jusqu'à vouloir donner sa vie en échange des fusillés du 12 juin 1944. 

On ne peut, par la suite que lui accorder toute notre gratitude.
Le Comité de Libération de Valréas a su le reconnaître.
À travers tout le pays, préfets et autres représentants de la République écartés par Vichy sortent simultanément de l'ombre avec des maquisards, récupérant les places laissées vacantes par les fonctionnaires de l’État français.

Dans les mairies s'installent des municipalités provisoires désignées avec le concours des groupements de résistance locaux, les comités et départementaux de Libération acquérant à partir de cette période une influence considérable.

Cette nouvelle prise de fonction a lieu à Valréas le 3 septembre 1944, le Conseil municipal est alors dissout par le comité local de Libération, mais ce dernier insiste fortement pour que Jules Niel reste à la tête de la municipalité qui doit être provisoire.

En effet, durant la séance, le maire donne lecture d'un courrier qu'il a reçu du président de Libération Marius Gras :
«  Le comité de Libération de Valréas a l'honneur de vous informer, qu'après-délibération en séance plénière, il adresse au comité départemental de Libération, la liste nominative du nouveau Conseil municipal de Valréas. Le comité se permet d'insister de façon pressante auprès de vous, pour que vous restiez à la tête de la nouvelle municipalité provisoire. En la proposant, nous avons eu pour but unique de sauvegarder la tranquillité de la ville de Valréas, déjà si cruellement éprouvée. »

Constatant que Jules Niel a su garder la population de la ville unie autour de lui pendant les durs moments de la guerre, le comité tient de ce fait pour le moment à ne pas le remplacer, afin de ne susciter aucune '' émotion '' au sein des Valréassiens. 

On pourrait également y voir là l'expression d'un sentiment de craintes pour certains, d'espoir pour d'autres, de la '' révolution ", terme vague regroupant toutes sortes de contestations possibles.
La réponse qui est alors adressée par le Conseil municipal à Marius Gras et sans appel :

« Le Conseil municipal (...) après avoir pris connaissance de la lettre que vous avez bien voulu transmettre à M. le maire : au sujet du remaniement et de la composition du nouveau conseil que vous envisagez ; croit devoir vous faire remarquer, que tous les membres n'avaient accepté d'en faire partie que dans un seul but, dans les circonstances graves où se trouvait notre malheureux pays, de se rendre utile à la population valréassienne.  Il estime avoir rempli son mandat sans une défaillance n'ayant qu'un but, la défense des intérêts de la commune, et n'avoir jamais trahi leur devoir de bon Français et de patriote.

Dans ces conditions, tous ses membres s’estiment solidaires et laissent à l'autorité responsable le soin de prendre l’arrêté de dissolution (…) »

Tout en reconnaissant la nouvelle autorité, il considère par conséquence qu'il n'a pas démérité par rapport à la Résistance et prend cet arrêté comme la fin de son ''contrat'' pour lui dûment rempli. Cependant, Jules Niel refuse la proposition « solidaire » avec ses conseillers, solidarité durement mise à l'épreuve depuis le début de son mandat, et qui s'exprime ici une fois de plus.
C'est donc le 11 septembre qu'une « délégation spéciale de la Résistance » s'installe en tant que nouveau Conseil municipal. Ce dernier nomme à l'unanimité le docteur Émile Quet maire.

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La Maisonnette « postale »

26 Avril 2021, 13:59pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Suite et qui sait sans fin !

Rien de plus étrange, une maisonnette ou cabanon aux bords d'une vigne ou à l'intérieur, si ce n'est qu'un cabanon pendant la période des événements de la dernière guerre a pu servir à autre chose que d'entasser des outils et matériaux pour la vigne ou un coin de repos après l'effort. Ils sont nombreux dans la région, comme le sont les vignobles. On en connaît pour certains l'usage, lors de l'occupation de la résistance, dans ces divers lieux du Vaucluse et de la Drôme. Sans pour autant arrêter son usage premier, ce qui n'enlèverait pas le doute de voir du monde autour ; il semblerait que des caches d'armes en ont fait le principal lieu d'attraction pour les maquisards. L'un est connu au vu du livre du 12 juin 1944 – 53 fusillés à Valréas :

« Le 7 juin, vers 13 heures, Marius GRAS me fait appeler et me demande de venir le voir à la tombée de la nuit, au cabanon situé route de Taulignan, accompagné de volontaires. Je lui demande combien il en désire, il me répond : « autant que tu voudras ». Je contacte les responsables des groupes et, le soir, comme convenu, je retrouve Marius Gras, avec une vingtaine de camarades (…) Avant la tombée de la nuit arrive un camion d'armes, convoyé par Jean Guitton ... »

Extrait du témoignage d'André Monnier - Livre « 12 juin 1944 53 fusillés à Valréas. »

D'autres le sont moins ou n'ont pas retenu l'attention pour que l'on en parle dans un livre. Et pourtant ce sont bien les écrits qui restent et qui font notre histoire. Ne serait-ce que des graffitis inscrits de la main d'une personne en colère, d'une opposition contre un certain régime que l'on voudrait nous imposer, d'une clameur venant outre-Manche. Rien n'est plus vivant que l'écrit, encore faut-il s'arrêter dessus et chercher à comprendre le sens, à identifier l'auteur.

Et voilà l'histoire de l'un de ces cabanons ou maisonnettes, comme bon vous semble.

En 2009, contacté par Christian Brun demeurant sur la route de Taulignan, fervent coureur à pied et curieux de nature. Sa curiosité, l'entraîne à pousser la porte entrebâillée d’un de ces cabanons ; je laisse la parole à Christian qui mieux que moi raconte sa découverte et les raisons pour lesquelles il m’a contacté.

« L’une de mes passions me conduit régulièrement au travers de ce que l’on doit appeler la campagne Valréassienne. Bien que mes entraînements soient variés, le final se fait toujours en passant près d’une maisonnette. Elle est à deux kilomètres de mon habitation le dos à ras du Rieu sec, protégée du Mistral par de très gros chênes. J’arrive par l’Est. Une lucarne triangulaire taillée dans la pierre lui donne un air coquet. Dessous, sur la pierre centrale du linteau d’un grand portail carré, l’année 1887 révèle son âge. Le toit en tuiles de Marseille témoigne d’un entretien d’après guerre. L’enduit est usé. Là où il manque, on peut voir que le mur est fait de briques. A ma droite, côté Sud, l’entrée. Jambages et linteau sont sobres, reliés harmonieusement par un liseré. La porte est dans son jus, elle confirme l’idée d’abandon. Jours après jours, mois, années et saisons après saisons, inlassablement, je passe devant. L’image est toujours la même. Arrive un jour où mon regard est attiré par le fait que la porte est légèrement décollée de l’encadrement. Le vent du sud probablement. Personne ne l’ayant refermée, l’ouverture grandit, ma curiosité aussi.

Maintenant je peux m'y faufiler.

Une minuscule pièce aux murs de plâtre, au plafond comme on n'en fait plus. Sur sa largeur, face à l’entrée, une cheminée de petite facture (genre fenière). A droite, par une ouverture, on accède à la remise. Directement sous le toit. Un enduit rustique, un râtelier sur le mur Nord. Au milieu une belle jardinière. Un tonneau décerclé et quelques bouteilles sont entreposées sur le plafond de la pièce d’à côté. Hormis une brouette en bois bien mal en point et des cannes pouvant servir de repère pour les manquants, il n’y a rien d’autre. La sensation que le temps s’est arrêté est confirmé par une observation des plâtres qui ont servis d’écritoire, des dates de 1920 à 1944 y sont figées avec pêle-mêle, des patronymes, des noms de lieu, des déclarations. Je décide d’enquêter pour cette conclusion non définitive :

Construite en 1887, la maisonnette appartenait à «  Mr et Mme GUITTON  ». A deux petits kilomètres de leur domaine des Treilles, route de Montbrison, il s’agissait d’un abri aussi bien pour les hommes, les bêtes et le matériel. Cette vocation agricole confirmée par l’addition concernant l’avoine récoltée à Bois vieux (lieu dit vers Saint-Pantaléon). Attestés par l’application à signaler leur origine drômoise il me semble que la plupart des noms, sans monsieur et madame, sont ceux de saisonniers. Même si il n’y a pas d’âge en amour, les cœurs laissent à penser que ce beau monde était juvénile.

Ensuite, tout aussi intéressant au beau milieu de tous ce Pierre Chastan qui grave tout un programme «vive la quille, vive de GAULLE, à bas PÉTAIN, LAVAL au poteau». Et puis les dessi­nateurs du libérateur sont-ils des ouvriers, des patriotes, des résistants ou bien les trois mon général ? Et ce Nicolas de Fribourg, Allemand à contre sens ?

Du coup, avec la seule intention d’informer un descendant j’en parle à Patrice et à Gilbert puisque j’ai identifié sans nul doute leurs aïeuls. Ensuite j’en ai parlé au hasard à Pierre, Paul, mais pas à Jacques, il ne le mérite pas. Et pour ce qui est des années quarante et des interrogations qui demeurent, c’est forcément à Michel que je les confie sans retenue. Avec le résultat que l’on sait, ça fait plaisir.

 

Une des gravures - Photographie Christian Brun

« Si demain le temps nous le permets, d'autres documents et témoignages classés à ce jour dans les archives historiques et familiales feront surface, pour que le passé reste toujours présent afin de préserver notre avenir. » Michel Reboul

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Détruire Paris, les plans secrets d'Hitler

13 Avril 2021, 10:40am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Quand les archives s'ouvrent et que la vérité se fait ! On pourrait se poser des questions aussi sur les actions qui se sont passées localement !
En août 1944, alors que Paris est sur le point d'être libéré, Hitler ordonne de détruire la ville en minant les ponts et les monuments. Le roman national raconte que le général allemand, Dietrich von Choltitz, Commandant du Gross Paris et amoureux des arts, aurait sauvé la capitale en refusant d'obéir à l'ordre du Führer.
Ce récit, célébré par la littérature et le cinéma, a bercé l'imaginaire de plusieurs générations de Français. Il faut dire qu'elle est belle cette histoire !
Elle est belle, mais elle est fausse.

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Le passé ressort de terre à Valréas

1 Avril 2021, 15:02pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Le passé ressort de terre à Valréas

Il est des jours, où le passé ressort de terre, c'est ce qui a eu lieu le 17 mars 2021 à Valréas.

Le Pont de la Fosse (Viaduc)

Un agriculteur labourant sa terre a eu la « surprise » de déterrer un objet assez impressionnant et ressemblant à une munition de guerre – Contacté par le propriétaire de cette découverte et après recherches pour avoir des renseignements au vu des photographies, j'ai pu pu en déduire que c'était bien une munition de la seconde guerre mondiale – Selon des connaisseurs de ces munitions, contacté sur un Forum de la Guerre 39/45, il s'avère que cette munition a la ceinture intacte – Elle n'a pas sa cartouche, elle est donc semi-encartouché, ce qui élimine une munition de char qui elle sont de type encartouché, ce serait plus une munition de pièce d'artillerie traditionnelle – La forme à ogive tronquée avec une large ouverture sur le dessus, et la hauteur de la ceinture, évoque plus le 76 mm (76,2) allemand (1) que le 75 mm français.

Munition d'artillerie allemande

Le 31 mars, les démineurs de Marseille, interviennent pour neutraliser cette munition en la faisant exploser dans un champ. Une munition qui ne doit être absolument pas manipuler au vu des directives des artificiers – Celle-ci ayant encore sa charge et un détonateur aurait pu exploser et faire des dégâts sur 300 m – Un bon rappel de prudence !

 

(1) La Wehrmacht en 1941 lors de son invasion en Russie, avait capturé des quantités considérables de canons russes de 7,62 plus modernes – Ceci expliquant qu'au printemps 42, ce sera un canon de 7,62 cm qui sera choisi pour être celui des nouveaux Panzerjäger (Chasseurs de Chars) – Mais ceci reste à certifier pour cette découverte.

 

Mais d'où provient cette munition ?

 

De part nos recherches, nos contacts, nos divers témoignages, nous ne pouvons qu'avoir des hypothèses sur cette découverte, ce lieu où les troupes allemandes étaient en position de tirs.

 

Première hypothèse, lors du 12 juin 1944, une partie des F.F.I. , accompagnés du personnel de la cantine, des services administratifs et des gendarmes parviennent à quitter la ville en camion(un peu tard) , en direction de Nyons, des tirs effectués par le Groupe Emil Bauer (soldat fantassin dans la 7ème compagnie, 2ème bataillon, 10ème régiment panzer grenadier, 9ème division blindée) en position à Novezan font feu sur Paul Mège qui précédant en moto le convoi, blessé, a néanmoins le courage de retourner pour alerter la colonne – Les résistants abandonnent la colonne et réussirent à fuir.

Au loin la montagne La Lance

La munition allemande retrouvée se trouve non loin du Pont de la Fosse (viaduc du chemin de fer, imposant, à la limite de Valréas et Saint-Pantaléon-Les-Vignes, haut de 16 m comportant 5 arches de 8 m d'ouverture, longueur totale 73 m) – Une œuvre d'art à surveiller par les occupants et qui sait à détruire, ce que heureusement ne s'est pas produit , comme le pont de la Coronne.

Pont de la Coronne

Ou, nous avons la deuxième hypothèse de ce retour des troupes allemandes sur notre commune et aux alentours, pourchassés par la 3ème division d'infanterie Américaine 

 

L'occupation allemande dans cette commune de 4600 habitants en 1944.

 

Le retour en ce 22 août 1944 de ceux qui ont commis des actes inqualifiables le 12 juin 1944 à Valréas et dans tout le Sud de la France , ne peut qu'engendrer la peur d'une nouvelle violence. Heureusement, les maquisards ne sont plus présents dans la ville, certains poursuivent leurs actions de résistance dans divers lieux, pas bien loin de Valréas, traquant l'oppresseur, celui qui a laissé du sang dans leur commune, du sang de leur camarade, du sang des victimes innocentes, d'autres ont repris leurs activités respectives.

 

Les Allemands sont arrivés vers le 22 août 1944, en déroute. Ils s'installent route de Taulignan prés du pont, une pièce d'artillerie (déguisée) est mise en batterie dans le terrain de Chaix à gauche avant le pont, des hommes avec des fusils mitrailleurs sont en poste au bord de la route. Ils occupent le jardin de Monsieur Pommier prés du pont à gauche, (sa serre sera d'ailleurs démolie par les camions américains qui passèrent par le gué de la rivière quand le pont a eu sauté.)

Deux Allemands sont venus à la maison (proche) et cherchaient un poste d'observation, mon père leur a ouvert la maison, les chambres, le grenier et le toit. Ceci ne leur a pas convenu. On les vit par la suite aller et venir sur un toit d'une maison route du Lac, qui leur avait convenu – Les occupants voyant cela partent en laissant la maison à l'occupant avec chèvres et cave garnie – Les voisins sont venus traire les chèvres mais le contenu de la cave avait disparu ! Un Allemand qui cherchait un vélo est entrée chez l'une de mes voisines en demander un qui était caché. Ce sont les voisins n'en possédant pas eux mêmes qui l'avait indiqué !! Une fois les Allemands installés, ils pensaient toujours arrêter l'offensive américaine, ils font sauter le pont.

De suite un gué a été aménagé. J'ai vu des centaines  de gros camions américains (GMC) revenant du front qui a eu lieu vers Montélimar, la Coucourde, Sauzet avec des prisonniers derrière les ridelles, des Allemands certes, mais aussi des Mongols prisonniers des Russes enrôles dans l'armée allemande.

Malgré ces événements les GIs nous lançaient, chewing gum et paquets de cigarettes. J'avais recueillis la valeur d'une cartouche Lucky « Striste »(?), Pall Mall, Chesterfield que j'ai gardé jusqu'à mon mariage en 1948, après le repas, ils avaient tous disparu.

En prévision d'une bataille, mon père et le voisin avaient creusé une tranchée dans la terre avec siège (en terre) au cas où la bataille prévue aurait lieu chez nous. Nous y étions quand le pont a sauté (à 100 mètres, le pont de la Mates, route du Lac) a sauté le samedi 26 août dans l'énervement du désespoir des allemands qui déménagèrent dans la nuit.

 

Témoignage d'Odette Rosay – Valréas

 

Durant la période pré-libération, les Allemands, installés sur la route de Nyons, parallèle à la voie de chemin de fer, avaient installé, pointées vers les collines de Novézan et de Vinsobres, des mitrailleuses et des pièces d'artillerie lourde ; je revois les obus brillant au soleil empilés et heureusement inutilisés.

 

Mémoire d'enfant de Georges Caulet (Le train Nyons-Pierrelatte)

 

Le 22 août, de bonne heure, nous sommes prévenus qu'un convoi allemand se dirige vers Grignan, dit Émile Bouchet du bataillon Morvan. Nous allons prendre positon : la section Guy à Salles-sous-Bois pour tenir la route d'Aiguebelle ; celle de Raymond et celle de Kléber et Hild établiront un barrage au croisement des routes de Grignan, Salles, Taulignan.

Pour ma part, dit Émile, je pars en reconnaissance avec deux tractions avant et deux motos. En vue de Valaurie, nous entendons un bruit de moteurs puis, cachés derrière un talus, nous apercevons une colonne de chars, auto-mitrailleuses et autres véhicules se dirigeant à allure modérée vers Grignan.

 

Témoignage d’Émile Bouchet – Pour l'amour de la France – Drôme Vercors - 1940-1944

 

Le 22 août 1944, une colonne de blindés allemands fut arrêtée au bois St Pierre ( à quelques kilomètres de Nyons) par les combattants du maquis Morvan qui utilisèrent avec efficacité les canons pris au combat de Montclus. Le 1er char ennemi fut mis hors de combat. A l'issue d'un combat qui dura une partie de la journée, les Allemands durent faire retraite. L'héroïsme des combattant sans uniforme des 1er et 2eme bataillons du 1er régiment FTPF, dont 7 furent tués, évita sans doute « la destruction de la ville et le massacre de ses habitants »

Souvent les maquisards s'engagèrent pour la durée de la guerre (plus de 3 mois) et participèrent aux campagnes des Alpes et d' Alsace, voire à l'occupation de l'Allemagne et de l'Autriche.

 

En conclusion, 77 ans après , l'histoire de cette tragédie du 12 juin 1944, nous laisse bien des questions sans réponses, témoignages manquants ou des on-dit d'un passé bien souvent troublé.

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Valréas pendant la guerre et sa situation géographique

8 Septembre 2020, 14:01pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Valréas et l'enclave, terre vauclusienne enracinée dans le département de la Drôme

Valréas et l'enclave, terre vauclusienne enracinée dans le département de la Drôme

Lors des événements de juin 1944, la résistance de Valréas fut rattachée à celle de la Drôme, au vu de sa situation géographique enclavée dans la Drôme tout en étant un canton vauclusien. Fallait-il comprendre que les divers maquis vauclusiens n'avaient lieu de se rapprocher de ce terroir par nécessité de lui laisser la libre initiative de créer son propre maquis, voir de le partager par la résistance drômoise  sur une terre qui lui était plus favorable à l'engagement de résister ? Pour autant, l'engagement de résister était aussi un engagement politique qui se devait de rester Vauclusien, dont le département était bien rattaché à la région « Provence » et ne devait par la suite laisser libre de prendre d'autres directives que celle d'une politique acquise au département du Vaucluse et de sa région.

C'est ce que le Parti Communiste de Marseille avait bien compris, en envoyant un « émissaire 1» résistant pour prendre le commandement des F.T.P. de Valréas et ce malgré la riposte des communistes de cette ville.

Après le massacre du 12 juin 1944, bien des cérémonies se sont suivies pour perdurer la mémoire de cette tragédie, mais malgré cela on a pu voir et surtout constater par notre présence à ces diverses cérémonies que le site de Valréas était loin d'être pris en compte par certains élus du département du Vaucluse et au plus les années passent, nous constatons une présence de plus en plus minime, si ce n'est absente. La cérémonie commémorative du 75ème anniversaire en est la preuve : absence de plusieurs élus locaux, absence du président du département (dont je n'ai jamais vu sa présence depuis son mandat) de la député de la 4ème circonscription et tout cela non excusés ! Puis, il nous faut aussi intervenir sur certains sites d'Internet, où le lieu de Mémoire de Valréas est absent ou manque de précision, voir aussi d'inexactitude ou incohérence dans certains écrits.

 


 

1En fait, tout se passe comme si Roger CHAIFFRE alias "Roger", envoyé de Marseille par le parti communiste [ou (et) les FTP], avait une mission précise, après le débarquement de Normandie le 6 juin, dans une région où les Francs-Tireurs ont une forte présence : dans le secteur Sud-Drôme, au début juin 1944, quatre bataillons FTP côtoient deux bataillons AS. "Roger" se doit d'obtenir que les FTP aient un rôle clé dans l'insurrection locale (Taulignan-Valréas-la Lance, le Nyonsais), voire dans la Résistance départementale. A posteriori, l'ascension de "Roger", dans le sud-est de la Drôme, puis dans le département - qui suit la répression sanglante de Valréas-Taulignan, validerait cette hypothèse. 

Il est bien connu que les forces de la Résistance, unies sur un projet ambitieux de libération nationale et d'émancipation humanitaire mondiale, sont aussi un rassemblement d'organisations et de personnes poursuivant leurs propres objectifs. André Chaiffre est un de ceux qui, singulièrement, originaire de Marseille, signale l'influence phocéenne dans la Drôme et semble affirmer la volonté communiste de charpenter un rayonnement politique qui se dessine, de faire concrètement la place des FTP dans le commandement militaire des FFI au plus haut niveau. Il n'est pas surprenant que les chefs locaux et même régionaux de sa propre organisation, les FTP, sur le terrain souvent depuis 1943 et même parfois avant, aient contesté ce qui leur apparaît comme un chapeautage inadmissible et incompréhensible de dernière minute. Mais le contexte général est marqué par l'accélération vertigineuse de la guerre ; déjà, la question d'une nouvelle république se pose, le programme du CNR est en route. Chaiffre est un combattant, apparemment homme d'un parti qui a la ferme intention, comme d'autres éléments des différentes forces du mouvement résistant, peut-être davantage ou en tout cas autrement, de participer au gouvernement de la France libérée.


 

Auteurs : Michel Seyve 
Sources : Dvd-rom La Résistance dans la Drôme-Vercors, éditions AERI-AERD, février 2007.


 

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Valréas et la législation discriminatoire envers les Juifs

28 Août 2020, 09:10am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Valréas et la législation discriminatoire envers les Juifs

 

L'idéologie de Vichy, la xénophobie !

 

En effet, le régime dénonce et poursuit les responsables de la défaite et du déclin de la France, et se sont majoritairement les étrangers et les Juifs qui devaient faire les frais de cette « chasse aux sorcières », subissant une politique discriminatoire de la part du gouvernement. La première mention publique de la politique antisémite que l'on peut relever dans les pages du Ventoux date du 25 octobre 1940, soit trois mois après l'insaturation de la loi du 21 juillet 1940 leur imposant un « statut spécial » : «  Cet envahissement par une minorité juive qui nous a mené à nos récents désastres, les Israélites le paient par le nouveau et dur statut qu'on lira plus loin « . Le 20 juin 1941 il annonce que « le nouveau statut des Juifs est publié », pour affirmer par la suite :

 

« (…) Le communiqué signale qu'une action juive cohérente poursuit en France la chute du franc et l'altération des rapports franco-allemands. Le problème juif sera entièrement résolu après guerre, par une entente de toutes les nations européennes. »

(…) Valréas n'échappe pas à cette législation discriminatoire envers les étrangers et les Juifs, certains courriers émanant de la préfecture et adressés à Jules Niel attestant de son application, tout au moins théorique, dans le département et la commune. En effet, le 7 mars 1841,le préfet adresse au directeur des cours professionnels de Valréas de nouvelles instructions :

 

« La loi du 3 octobre 1940 portant sur le statut des Juifs a précisé, en son article 2 que '' l’accès et l'exercice des fonctions publiques notamment comme membres des corps enseignants sont interdites aux Juifs'' (…) Les directeurs et membres du personnel des cours (…) et engagés à titre quelconque (…) sont tenus de justifier de leur ascendance (…) En exécution de l'article 7 de la loi précitée, les agents du personnel enseignant figurant dans la première catégorie devront cesser immédiatement leurs fonctions (…)

Mémoire (extrait) d'Ihssane Garbit – Officier de Gendarmerie, sur l'organisation de la municipalité de Valréas pendant la période 39/45

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De 1942 à 1944, plus de 400 Juifs ont été déportés du Vaucluse dans les camps d'extermination. Tous n'ont pas été raflés à Avignon, Orange ou Carpentras. On est aussi venu les chercher à Camaret, Vaison la romaine, Mormoiron, Buoux, Saint-Saturnin-lès-Apt, Cadenet, Goult,... Tous ces villages perchés du Ventoux et du Luberon qui enchantent le regard, mais aussi à Valréas. Qui a arrêté tous ces Juifs? Les Allemands, a-t-on prétendu, secondés parfois par la Milice. Comme si c'était si simple. Comme si l'administration française n'avait été que complice. Comme si les Allemands avaient été seuls à la manœuvre, alors qu'ils n'ont cessé de recruter, sur les ordres de Paris et de Berlin, des auxiliaires et des supplétifs pour mener la chasse.

 

Traquer les traqueurs de Juifs à travers les archives, telle est la tâche que se sont fixée Isaac Lewendel et Bernard Weisz. Cette recherche démarrée en 2005 conduit le lecteur sur les traces de vies criminelles jusqu'à Marseille et au-delà. On y côtoie des fonctionnaires zélés, des affairistes, des extrémistes, des SS en mission, des voyous et des repris de justice à l'affut. On y entend aussi la voix de Juifs qui à la Libération ont témoigné.

De l'ensemble se dégage une force documentaire qui bouscule bien des idées reçues. Le rendement du dispositif policier nazi, 20 à 25 % d'arrestations, est ainsi passé au crible d'une analyse qui agit comme un révélateur. Elle relativise le rôle de l'entraide parmi tous les facteurs qui ont contribué à la survie de la majorité sans rien enlever à l'héroïsme de certains actes de solidarité.

 

Le 12 juin 1944, étant auprès de l’État Major allemand installé à la terrasse du Grand Hôtel (1) place du Monument aux Morts de Valréas, en qualité d'infirmière de la Croix Rouge et requise pour différentes coordinations, j'ai constaté au retour d'une recherche de blessés et de morts dans la campagne, que plusieurs personnes étaient groupées à la hauteur du garage de l'hôtel: hommes, femmes, dont une jeune femme avec deux jeunes enfants, ce qui m'avait frappée. J'ai demandé au lieutenant interprète ce dont il s'agissait. Il m'a répondu ; « Ce sont des juifs, nous les emmenons ». En effet, plus tard, avant que les occupants commencent à partir, ces personnes ont dû monter dans un camion qui attendait à la hauteur de l'actuelle caserne des pompiers. Ayant été appelée à l'hôpital, j'ai constaté à mon retour que le camion n'était plus là. Je ne connaissais aucune de ces personnes nominativement, mais j'avais eu l'occasion de les voir dans la rue ou chez les commerçants.

Valréas, le 29 juin 1984 signé J Rutschi-Talmon – Vice Présidente ANACR Valréas

 

(1) Hôtel Thomassin à l'époque Témoignage de Jeanine Talmon – Infirmière en chef de la Croix-Rouge à Valréas

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Bien des femmes oubliées pendant les guerres mondiales

11 Juillet 2020, 07:40am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Bien des femmes oubliées pendant les  guerres mondiales

Oubliez les histoires d'aventure de James Bond, Kim Philby, Klaus Fuchs et co. - l'espionnage n'est pas seulement un jeu de garçons. Tant qu'il y a eu des conflits, il y a eu des agents féminins dans les coulisses. En Belgique et dans le nord de la France, en 1914-1918, plusieurs milliers de femmes travaillaient activement contre les forces de l’Empereur occupant leur patrie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les femmes de nombreux pays se sont opposées aux nazis, risquant le peloton d'exécution ou la décapitation à la hache ou à la guillotine. Pourtant, beaucoup de ces femmes n'avaient pas le droit de voter pour un gouvernement ni même d'ouvrir un compte bancaire. Alors pourquoi l'ont-ils fait? Cette histoire révélatrice explore la vie et les motivations des femmes de nombreuses races et classes sociales qui ont risqué leur vie en tant qu'agents secrets, et célèbre leur intelligence, leur force et leur courage.

 

Un des  passages dans ce livre qui nous intéresse à Valréas, sur les pratiques de ce Lieutenant présent lors du massacre des 53 personnes le 12 juin 1944.

 

"Lorsque Demetrio et « Cosh » entrèrent dans la cuisine de la ferme, les premiers mots de ce dernier à Lucienne furent. « Votre mari a tout raconté. Il a dit que vous nous diriez où se trouvent maintenant les armes ». Elle savait que c'était un mensonge parce que s'il avait craqué, ils le sauraient déjà.

 

Assise sur la table de la cuisine avec un pistolet chargé pointé sur elle, mais confiant que son mari ne l'avait pas impliquée, même sous la torture, elle a été tour à tour traitée et battue pendant quatre à cinq heures. Sachant qu'un des hommes arrêtés s'était pendu dans sa cellule après qu'un œil eut été arraché de son orbite ... interrogatoire par ces deux hommes, elle est devenue tellement traumatisée que sa gorge s'est complètement asséchée et qu'elle ne pouvait ni parler, ni bouger"

 

 

 

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Les réfractaires du S.T.O. à Valréas et ses alentours

21 Juin 2020, 09:33am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Les réfractaires du S.T.O.   à  Valréas et ses alentours

Réfractaires du service du travail obligatoire en Allemagne, ils se devaient de « fuir » pour outre passer cette obligation instituée par l'Allemagne mais aussi par la collaboration de Vichy. Ils se devaient grâce à des aides extérieures, médecins qui leurs fournissaient de faux certificats médicaux mentionnant un état de santé incompatible avec le travail demandé, où plus encore, le refuge dans les divers maquis de la région et entre autre celui de la Lance .

Chastan Pierre - Vive la quille - Vive De Gaulle - A bas Pétain - Laval au poteau

Et si l'étape avant de rejoindre le maquis, était un petit cabanon où le réfractaire devait attendre d'être pris en charge par un responsable, qui devait être sûr si la personne concernée était bien réfractaire, et non une personne qui avait ordre de s'infiltrer dans les groupes de maquisards afin de renseigner l'ennemi. Une stratégie qui grâce à bien des infiltrer ont coûté la vie à nombre de résistants.

 

A Valréas et dans les alentours nombre de ces cabanons sont présents, dans divers champs et vignes.

Celui que nous avons pu découvrir se trouve face à la Lance, des inscriptions y sont présentes, gravées sur les murs intérieurs. Une attente parfois longue, qui laissait à penser de mettre « son empreinte » avant de rejoindre pour de longs jours une autre vie, loin de la famille.

Une partie de la liste de noms gravés dans ce cabanon

A noter : De cette liste de noms recueillie sur les murs, il est possible que certains n'ont rien à voir avec la Seconde guerre mondiale, peut-être des inscriptions de personnes de passages dans les années suivantes . Mais des dates inscrites que nous avons recueilli nous confortent sur certains noms.

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