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12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS

distinction honorifique

Médaille de la Résistance - 79ème anniversaire

10 Février 2022, 07:29am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Médaille de la Résistance - 79ème anniversaire

9 février 1943-9 février 2022. Nous célébrons aujourd'hui le 79ème anniversaire de la création de la médaille de la Résistance française par le général de Gaulle.

Début 1943, de nombreux Français étaient entrés dans la lutte contre l’occupant, que ce soit sous l’égide de la France libre ou dans la Résistance intérieure. C’est à ce moment que le général de Gaulle estima devoir en récompenser certains de leur engagement dans ce combat libérateur.

Le 9 février 1943, à Londres, il créait ainsi la médaille de la Résistance française afin de « reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France, dans l'Empire et à l'étranger, auront contribué à la Résistance du peuple français contre l'ennemi et contre ses complices depuis le 18 juin 1940 ». C'est la seconde et seule autre décoration créée, après l'ordre de la Libération, pendant la Seconde Guerre mondiale, par le général de Gaulle.

Il s’agissait aussi de disposer d’un instrument pour renforcer sa légitimité comme chef de toute la Résistance alors que celle-ci était mise à mal à la fois par les conséquences du débarquement en Afrique du Nord (les Alliés, notamment Roosevelt, lui préfèrent le général Giraud) et la contestation qui se développait à son égard chez certains chefs de mouvements en métropole (Henri Frenay notamment) qui lui reprochaient de vouloir « confisquer » la Résistance.

Les titulaires, de la médaille de la Résistance sont demeurés en nombre limité, Au total, 65 068 personnes en ont été décorées, dont 4 555 personnes avec rosette (grade supérieur) et 25 655 à titre posthume.

La médaille de la résistance a été attribuée à titre individuel à des membres de la Résistance intérieure, mouvements, groupes francs, réseaux et maquis ainsi qu’à des membres de la France libre. Elle a également récompensé des unités militaires qui se sont distinguées au sein des troupes françaises libres et ont combattu en Afrique ou au Moyen Orient.

Quelques unités de l’armée métropolitaine ont également reçu cette récompense pour avoir mené des actions clandestines ou participé aux combats de la libération contre les Allemands.

La brigade de gendarmerie de la Chapelle-en-Vercors (Drôme) l’a également reçue.

Parce que la Seconde Guerre mondiale a été une guerre totale, impliquant au plus haut point les populations civiles, des communes ont pu être particulièrement impactées par le conflit, que ce soit à cause des opérations militaires ou des représailles menées par l’occupant. La médaille de la Résistance a ainsi été décernée à 17 communes qui avaient pu marquer leur soutien à l’égard de la Résistance, au risque de représailles et de sacrifices souvent importants. Le Territoire de Nouvelle-Calédonie a également reçu cette distinction pour son ralliement à la France libre en 1940.

Enfin, cette distinction a également été attribuée à des collectivités civiles. Ce sont toutes les formes de résistance qui ont ainsi été distinguées : propagande et presse clandestine, protection apportée aux Juifs, aux prisonniers évadés et aux aviateurs abattus, récupération de parachutages, sabotages, combat dans les maquis, soins et hébergement clandestins aux blessés, mais aussi soutien apporté à la France libre à travers le monde et aide aux Alliés. L’attribution de la médaille de la Résistance à ces collectivités a eu également pour objet de distinguer différents ensembles de la population : les jeunes, les cheminots, les fonctionnaires des PTT, les membres de la presse clandestine, les policiers et pompiers, les membres des professions de santé et ceux des communautés religieuses.

Comme pour la Croix de la Libération, la maquette de la Médaille de la Résistance a été réalisée par le lieutenant Mella, des Forces françaises libres, dessinateur et décorateur de profession, avant d'être soumise à l'approbation du général de Gaulle.

Le décret du 9 février 1943 prévoit la forme de la médaille. L'insigne est en bronze, d'un module de 37 millimètres. Il porte à l'avers un bouclier frappé de la croix de Lorraine avec, en arc de cercle en bas, la date XVIII VI MCMXL, et au revers, une banderole en trois parties portant l'inscription "Patria non immemor" ("La Patrie n'oublie pas").

Les couleurs rouge et noir du ruban symbolisent le deuil et le sang versé pour la Libération du pays.

La réalisation des premiers exemplaires fut assurée par la maison londonienne J.R Gaunt and Son.

Une ordonnance du 2 novembre 1945 institua un grade supérieur - avec rosette - pour les résistants particulièrement méritants. La rosette, de couleur rouge et noire, est apposée sur le ruban.

(Extraits de l'exposition sur la médaille de la Résistance française réalisée par notre association et la Fondation de la Résistance).

Musée de la résistance en ligne (museedelaresistanceenligne.org)

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Que va devenir l’ordre de la Libération après la mort d’Hubert Germain ?

17 Octobre 2021, 15:50pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Que va devenir l’ordre de la Libération après la mort d’Hubert Germain ?
Un travail de transmission aux jeunes générations

En 2018, la mutation de l’ordre de la Libération a été inscrite dans la loi de programmation militaire. Sa nouvelle mission est de développer l’esprit de défense à travers le parcours des Compagnons et des médaillés de la Résistance française. Auprès des jeunes générations, l’ordre de la Libération explique notamment en quoi le sort de la patrie peut être supérieur à tous les sacrifices.

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Raymonde d'Isernia fait chevalier de l'Ordre National du Mérite.

6 Janvier 2021, 11:15am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Raymonde d'Isernia en présence du président François Hollande, lors de la remise des médailles des Justes parmi les Nations à Montségur-sur-Lauzon (Drôme) Photographie : Michel Reboul

Raymonde d'Isernia en présence du président François Hollande, lors de la remise des médailles des Justes parmi les Nations à Montségur-sur-Lauzon (Drôme) Photographie : Michel Reboul

Madame Raymonde D’Isernia, Présidente départementale de l’association des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes, (ADIRP), membre du Conseil départemental des anciens combattants et victimes de guerre et la mémoire de la nation, a été nommée chevalier de l’Ordre National du Mérite1 par décret du 1er janvier 2021.

 

Une reconnaissance légitime, pour Raymonde d'Isernia qui a malheureusement vécu les événements tragique du 12 juin 1944 à Valréas.

Elle fût sous les tirs des Allemands, elle avait 11 ans.

Notre association, dont elle a été présidente, se félicite de cette distinction méritée, pour son engagement à perdurer le souvenir tragique de cette période de la seconde Guerre Mondiale.

 

Témoignage de Raymonde d'Isernia.

 

Raymonde d’Isernia est la fille de Louis d’Isernia qui fut fusillé contre le mur. Elle témoigne :

Je suis née en 1933 à Valréas. Mon père, Louis d’Isernia, avait fondé une entreprise de cartonnage avec une imprimerie dans la rue du Berteuil. Mon frère Jean, mon aîné de 10 ans, et ma mère y travaillaient.

Mon père, engagé volontaire pendant la guerre de 1914-1918, était effondré par la capitulation de 1940 et l’occupation de la France par l’armée allemande.

En 1942 mon frère dut accomplir son service du travail à Sapey près de Grenoble. Au début de 1943 il fut appelé au STO. Il refusa de partir et se cacha un certain temps avant d’entrer en contact avec la Résistance.

La Résistance se forma peu à peu. Mon père entra en contact avec le Pasteur Seignol et Amédée Téna et y participa au second plan. Bientôt il imprima des tracts de nuit, des permis de conduire et d’autres papiers de circulation pour l’organisation régionale.

Le 12 juin 1944 vers 12h, la sirène retentit. Nous allons à la cantine rejoindre notre père. En nous apercevant, il nous dit : « Vous tombez mal car nous attendons l’ordre de repli » ; il nous laisse aller manger et l’attente se prolonge.

L’ordre de repli est enfin donné vers 13h. Nous montons dans la cabine d’un camion que conduit Pierre Bouchet. Mon père reste en arrière et fait des va-et-vient entre les véhicules. La colonne s’ébranle en direction de Nyons. Nous devons très vite faire demi-tour, un motocycliste nous ayant avertis que les Allemands sont déjà là-bas. J’ai appris plus tard qu’il s’agissait de Paul Mège et qu’il était blessé.

J’ignore combien de temps s’est écoulé avant que la fusillade commence. Pierre Bouchet était descendu du camion, ma mère et moi-même restions dans la cabine, tremblantes de peur. Pierre Bouchet revint et nous dit de descendre et de nous mettre à l’abri. Je courus dans le fossé, pliée en deux, et m’étalai soudain de tout mon long ; ma mère qui me suivait, se jeta sur moi pour me protéger.

Le bruit de la fusillade était insupportable, l’air était à peine respirable ; je pensai que nous allions mourir.

Soudain une phrase en allemand nous fit redresser la tête ; un soldat allemand nous toucha du bout de son pistolet-mitrailleur et nous ordonna de nous lever. Nous n’avions pas le choix ! Nous dûmes prendre la direction de Valréas jusqu’à une fosse où il y avait des prisonniers, dont mon père.

Nous y passâmes des heures sous un beau soleil, avant d’être conduits à Valréas, au Portalon, devant l’immeuble de l’entreprise Autajon. En haut de Tivoli un mort était étendu par terre. (J’appris plus tard qu’il s’agissait de Julien Salard).

Il y avait des Allemands partout, ils étaient assis sur des camions, ils mangeaient et ils riaient et ils faisaient des photos.

Peu de temps après nous vîmes arriver un groupe de jeunes Résistants attachés les uns aux autres. Les uns portaient une arme attachée au cou, les autres leurs chaussures. Je ne les connaissais pas tous mais je me souviens avoir vu René Hueber.

Un officier allemand avec de nombreuses décorations s’approcha du groupe, il parlait avec violence en faisant des gestes menaçants que je compris tout de suite. Je dis à ma mère : « Ils vont tuer ces jeunes qu’ils ont fait prisonniers les armes à la main, je ne veux pas voir ça ». Je pensais que ceux qui avaient été pris sans arme, seraient épargnés (mon père avait réussi à se débarrasser de son revolver).

Les Allemands donnèrent l’ordre aux prisonniers, parmi lesquels mon père, d’aller en direction du Monument aux Morts. Mon père se tourna vers nous et nous fit signe de la main, de ne pas les suivre. Nous laissâmes passer la colonne mais un soldat allemand qui fermait la marche, nous signifia de suivre.

A la hauteur de la Société Marseillaise il y avait des officiers allemands auxquels ma mère s’adressa : « Ma fille est fatiguée, elle voudrait bien se reposer un instant ». A notre grande surprise, un des officiers répondit dans un français parfait et nous rassura concernant notre père prisonnier : « On les conduit à la gendarmerie pour vérifier leurs papiers, attendez ici ».

Nous nous assîmes sur un banc et attendîmes ; nous commençâmes lentement à retrouver notre calme.

Des coups de feu retentirent soudain et nous comprîmes aussitôt que les Allemands fusillaient les Résistants que nous avions vu arriver. D’autres coups de feu retentirent très vite, nombreux et de façon presque ininterrompue. C’était horrible !

Nous nous rapprochâmes du Café Gachet. A l’entrée, une femme parlait avec un homme qui arrivait à l’instant du Monument aux Morts. Il était ébranlé et dit : « Ils les ont tous tués ! ». C’est ainsi que j’appris la mort de mon père.

En racontant cela, je voulais compléter mes précédentes déclarations. Bien que 57 ans se soient écoulés depuis cette tragédie, cela m’a été extrêmement pénible d’en parler.

Juin 2001 – Raymonde d’Isernia

1L'ordre national du Mérite est le second ordre national visant à honorer des citoyens français, après la Légion d'honneur. Il récompense les mérites distingués acquis soit dans une fonction publique, civile ou militaire, soit dans l'exercice d'une activité privée.

 

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