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12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS

ceremonie d'hommages

Journée Nationale des Victimes et Héros de la Déportation

23 Avril 2020, 13:57pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Journée Nationale des Victimes et Héros de la Déportation
Gerbe de l'association

Gerbe de l'association

Cette année 2020, la cérémonie commémorative en souvenirs de nos déportés, n'aura pas lieu au vu de cette pandémie, mais nous aurons une pensée pour tous celles et ceux qui ont subi cette période tragique et dont bien des milliers ne sont pas revenus de ces camps d'extermination. Une gerbe au nom de notre association sera déposée ce dimanche 26 avril 2020. 

Déportés

Jean Gontier

Déporté de 1943 à 1945 (Struthof-Natzwiller / Bergen-Belsen / Neuengamme – matricules 3648/334/26121)

Témoignage détenu par l'association :(extrait)

J'AI PLEURÉ TROIS FOIS

Mémoires de Jean Gontier, de 1940 à 1945. Déporté

Du 15 mars 1943 au 3 mai, je suis resté 40 jours Travailleur libre au titre du STO, 24 mois déporté

Il y avait à côté de chez nous à Valréas, un petit état major français; après l'armistice en 1940 sont arrivés des militaires Italiens venus désarmer cet état-major; tous les gens du quartier étaient là, humiliés en silence. J'avais 17 ans, j'ai sifflé et injurié ces militaires étrangers, le Capitaine Français est venu me faire taire, mon père m'a fait rentrer à la maison, là, la rage au coeur,...

J'AI PLEURÉ...

A notre libération du camp de concentration de Vogledine, après le passage de deux Américains, est arrivée une jeep avec quatre militaires Français, d'où l'insigne tricolore;

J'AI PLEURÉ...

Libéré début mai 1945, rapatrié par avion sanitaire le 5 juin 1945 à notre débarquement au Bourget, voir le sol de la France,

J'AI PLEURÉ...

En février 1943, un décret de Vichy institut un service du travail obligatoire de deux ans en Allemagne nazie (S.T.O.)

(…)Le 4 mai 1943, on nous a embarqués dans des camions gardés par des militaires armés en direction d'un camp. C'était le camp de la mort du Struthof Natzviller !!! En rentrant dans le camp, nous sommes passés en revue par un officier SS qui faisait des va-et-vient devant nous en hurlant des paroles que nous ne comprenions pas et distribuant des coups de cravache, j'en pris un à travers la figure. Ma première vision : des squelettes vivants, assis contre une baraque, essayant de casser des cailloux ; un homme un peu mieux loti qui tombait, se relevait en poussant une brouette.(…)

Christophe Haro

Déporté du 6 avril 1944 au 5 mai 1945 (KLM Mauthausen – Gusen I – Gusen II

Ma déportation

La Classe 42 était partie. Nous la 44 nous voulions résister. C'est le 2 janvier 1944 que j'ai laissé le nougat royal pour aller au maquis. Au bout d'un mois à attendre dans une ferme, je reviens voir mes parents à Montélimar. Au retour je passe par Charols où je tombe sur la Gestapo. Nous sommes cinq à être conduits à l'hôtel du Parc à Montélimar. Nous passons là 24 heures, menottes au dos contre le mur. Le 8 février c'est l'entrée au Fort Montluc (Prison). Le 16 je passe à l'interrogatoire de Barbi à la Santé (Prison) ;

Début mars, on nous mène à Compiègne. Le 6 avril 44 c'est le grand départ pour l’Allemagne. Le 9 au soir, nous arrivons au camp KLM Mauthausen (3 jours sans dormir, ni manger). Un mois plus tard, je passe au camp de Gusen I et je travaille au tunnel Saint Georges. Huit jours après je rentre au Gusen II et cela va durer jusqu'au 28 avril 1945, date à laquelle, nous recevons un colis de la Croix Rouge Suisse. Nous revenons au camp central de Mauthausen et nous sommes mis en quarantaine ce qui n'est pas bon signe. Mais le 5 mai 1945, le drapeau blanc remplace la Croix gammée. Nous sommes libres dans le camp, mais il n'y a plus de ravitaillement. Le 19 mai on nous emmène à l'aérodrome de Lins, nous couchons à la belle étoile. Le 20, notre D.C.4 nous laisse au Bourget. Nous couchons deux nuits à l'hôtel Lutecia et le 22 mai à Montélimar, je retrouve mon père qui n'a pas pu me reconnaître....J'ai fait un mois d'hôpital, puis quinze jours de repos à Aiguebelle.

Témoignage  (détenu par l'association)

Charles Marro

Arrêté le 18 juillet 1944 à Montélimar, Interné au Fort de Montluc vers le 1 août 1944 au Camp du Struthof. Déporté en Allemagne (Dachau – Mauthausen- commando à Melk)

Devant l'avancée des troupes alliées, déplacé dans le Tyrol (Autriche) au camp d' Élensée. Survivant rapatrié en France.

Albert Picard

Résistant arrêté le 17 juin 1943 jusqu'au 3 juillet 1943, comparant devant le Tribunal de Breil (Alpes-Maritimes), juridiction Italienne. Déporté du 3 juillet 1944 jusqu'au 5 juillet 1944, date de son évasion du Camp de Fossano (Italie). Reprend du service en Italie avec les partisans Italiens et Français jusqu'à la libération.

Georges Pérignat

Né le 19 octobre 1918 à Lyon – Service militaire du 27 novembre1939 au 15 janvier 1941 8ème Régiment de Dragons, Arme Cavalerie n°15 à Orange. Francs Tireurs Partisans Français (FTPF) – Force Française Libre (FFI) 15ème Région Militaire département du Vaucluse. Alias Antoine.

Du 01 avril1943 au 03 octobre1944 déporté à Dachau. Centrale d'Eysses du 12 janvier1944 au 30 mai1944 – Matricule 3692 (condamné aux Travaux forcés à perpétuité – annulé le 06 juillet 1945). Du 30 mai1944 au 27 mai1945 déporté à Allach, puis Dachau matricule 73856. Rapatrié le 27 mai 1945 par la Croix Rouge.

Albert Collin

Résistant Déporté

Entre en Résistance en 1942 dans l'O.R.A.  (Organisation de la Résistance Armée), Officier retraité – résistant arrêté en Bretagne par la Gestapo en mars 1944. Interné à Compiègne – Déporté à Mauthausen – Dachau -Neuengamme. …....... Disparu

Louis Ducol

Résistant déporté. Âgé de 36 ans. Arrêté le 27 novembre 1943 (ravitaillement- dépôt des camps de maquisards), à sa ferme situé à la « Charbonnière » hameau de l'Estellon (Drôme).

Interné au Fort Montluc – Compiègne – Déporté à Buchenwald – Flosenburg – Hradishko

Grièvement blessé par un garde SS sur le chemin du retour du travail (creuser une tranchée anti-chars autour du camp) en ra­massant un pissenlit, le 10 août 1945. Mort à l'hôpital (recueilli par les Tchèques), témoins qui ont permis le retour de ses cendres en 1948, déposés au cimetière de l'Estellon.

Émile Romainville

Belge, entre dans la résistance en janvier 1941. Réseau de renseignements « Bayard » et de la ligne belge « Félix », évasion d'aviateur alliés abattus. Arrêté le 9 août 1943. Interné à la citadelle de Liege jusqu'à sa déportation en Allemagne le 6 mars 1944 au camp de Giostraklet ensuite Gros Rosen jusqu'au 8 février 1945. Évacué devant l'avance des armées alliées vers Dora où il a ….Disparu

Gaston André

Rejoint le Maquis Vasio en compagnie de son frère Justin. Un mouchard à la botte de l'Occupant, dénonce ces courageux résistants auprès de la Gestapo.

Prison d’Avignon du19 avril au 7 mai 1944- Prison des Bau­mettes (Marseille) du 7 au 28 mai 1944 – les Nazis avaient prévu de fusiller les 7 Maquisards de Vasio – ayant appris l'imminence de bombardements sur Marseille, la décision est prise de les transférer à Compiègne – Royaleux – Frontstalag 122 – du 29 mai au 3 juin 1944. Les prisonniers ignorent qu'ils se trouvent sur la plate-forme orientant les futurs déportés vers les camps de concentration. Près de 53000 déportés ont en effet transité par cette structure dont les rouages étaient méthodiquement organisés par les SS.

Plusieurs déportés, dont Gaston André, sont transférés le 2 juillet au camp de concentration de Sachsenhausen, à 30 kms au Nord de Berlin  les Allemands évacuent Sachsenhausen et commence alors la sinistre “Marche de la Mort”, en direction de l'Ouest, les déportés épuisés qui ne parviennent pas à suivre sont abattus d'une balle dans la tête et laissés dans le fossé. Ce sont des soldats Soviétiques qui délivreront Gaston André du joug nazi le 4 mai 1945, près de Rostok, proche du littoral de la Mer Baltique  Les déportés français seront remis peu après aux Autorités Alliées et Gaston André rentrera en France le 25 mai 1945.

Source : Association des Familles de Fusillés, déportés, Internés, Résistants, Patriotes et Amis - Valréas

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Cérémonie commémorative du 11 novembre à Valréas.

1 Novembre 2019, 10:45am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Cérémonie commémorative du 11 novembre à Valréas.

Le Rassemblement Cantonale n'aura pas lieu cette année.

 

Comme nous l'avions annoncé dans un article précédent : La disparition de l'association du Rassemblement des Associations Civiques de l'Enclave , avec une interrogation laisse à penser que celle-ci est confirmée au vu que cette année il n'y aura pas de regroupement des associations dans une des villes du canton, comme cela se faisait depuis 45 ans. Ce regroupement devait avoir lieu cette année à Valréas, suivi d'un repas comme à l'habitude.

Chaque commune en ce 11 novembre 2019, commémorant le 101ème anniversaire de l'Armistice de la première guerre mondiale de 14/18, aura sa propre cérémonie.

 

A Valréas :

 

  • 11h30 : rassemblement du cortège officiel dans la cour intérieure de l'espace Jean Duffard (Cours Victor Hugo) ; hommage aux enseignants anciens combattants de la Grande Guerre.

  • 12h00 : mouvement vers le Monument aux Morts

  • 12h30 : mouvement vers le Mur des Fusillés

 

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Comité Départemental de Libération du Vaucluse

20 Août 2019, 10:41am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Afficle du Comité départemental de libération Juin 1944 Collection ALAZARD - Document Archives 84

Afficle du Comité départemental de libération Juin 1944 Collection ALAZARD - Document Archives 84

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Cérémonie commémorative du 75ème anniversaire de la tragédie de Valréas

12 Juillet 2019, 08:28am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Messe à la mémoire des Fusillés, chapelle des Pénitents Blancs

Messe à la mémoire des Fusillés, chapelle des Pénitents Blancs

Recueillement devant la plaque du rassemblement des otages

Recueillement devant la plaque du rassemblement des otages

Départ du cortège vers le Mur des Fusillés

Départ du cortège vers le Mur des Fusillés

Recueillement devant le Mur des Fusillés

Recueillement devant le Mur des Fusillés

Mur des Fusillés et dépose de gerbes

Mur des Fusillés et dépose de gerbes

Photographies Laurent Frasson

 

 

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Les aviateurs de Propiac

11 Juillet 2019, 14:21pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

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Récit du 12 juin 1944 par Charles Borello, maire de Valréas

19 Juin 2019, 17:21pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

12 juin 1945 - Premier anniversaire de la fusillade - Document Photographique Association familles de Fusillés

12 juin 1945 - Premier anniversaire de la fusillade - Document Photographique Association familles de Fusillés

Récit du 12 juin 1944 par Charles Borello, maire de Valréas du 4 juillet 1945 au 14 mais 1953, père de fusillé. Récit déposé le 19 août 1947 aux Archives du département de Vaucluse (cote A.2.II.d)

Le lundi 8 juin 1944, le maquis occupe la ville de Valréas, laisse le Conseil Municipal en activité sous son contrôle. Monsieur Marius Gras est le chef du Comité d'occupation, et, sous ses ordres fait procédé à l'arrestation d'un nombre important de soi-disant collaborateurs. Quelques arrestations seulement ont été maintenues, celle de Le Guillou, secrétaire général de la Mairie, et de Marc Jules, employé de banque à la Marseillaise, ami de Sarry. Des personnes arrêtées le matin étaient armées par la résistance le soir. Il y eu même des exécutions ; d'un nommé Matton des environs de Pierrelatte qui fut exécuté par les dénommés Belfort et Salard Julien, ce dernier fut par la suite abattu par les allemands pendant la journée du 12 juin.

L'isolement de la ville fut accompli au début de l'occupation par le Maquis, fils téléphoniques coupés, ponts sautés à la mine, on ignorait tout de l'extérieur sauf les nouvelles données par T.S.F. et celles surtout données par le Comité dont Marius Gras avait pris la tête.

Les troupes allemandes n'ignorèrent pas cet état de rébellion, des avions vinrent survoler la ville en reconnaissance, attaquèrent même les postes qui avaient été formés aux entrées de la ville, le dimanche 11 juin, veille de la tragique journée, plusieurs avions de reconnaissance allemands survolèrent la cité et le lundi 12 juin, milice et troupes Allemandes, vers midi cernèrent Valréas. Déjà, vers 10 heures ils étaient à Taulignan où ils firent de nombreuses victimes, mais les moyens de renseignements étant enlevés, on ne put savoir, et ce n'est que lorsqu'ils furent à proximité que les dirigeants chefs de la résistance Valréassienne prirent la fuite vers le quartier St Pierre, laissant non seulement la population à son triste sort, mais aussi les quelques jeunes du maquis se défendre avec des mitraillettes contre des chenillettes et chars d'assaut avec lesquels les Allemands avaient amené leurs troupes pour exercer la répression.

Ils envahirent la ville, la campagne, faisant feu,incendiant et abattant « les terroristes » qui voulaient s'enfuir et s'emparant d'autres personnes comme otages, auparavant à leur entrée en ville ils avaient rassemblée au Monument aux Morts de 1914, une nombreuse population menaçant de les abattre si le Maire désigné par Pétain n'était pas là dans 10 minutes et fort heureusement Monsieur Niel Jules, maire dépossédé de ses fonctions par les occupants au nom du maquis, ne s'étant pas éloigné fut aussitôt, sans cela quelle tuerie aurait eu lieu ?

Vers 16 heures toute la ville ayant été visitée et jugeant sans doute le nombre d'otages suffisant, les allemands firent rassembler toute la population place de l'Hôtel de Ville autour du kiosque où le chef de l'expédition tint un discours des plus sanguinaires. Monsieur Niel exhorta la population au calme et lui demanda de garder tout son sang froid, d'être en un mot Valréassien et l'on crut que la répression était terminée et que la population grâce à son sang froid et celui de son Maire était sauvée. Il n'en était rien hélas, les prisonniers qui avaient été faits, qui étaient rassemblés au Portalon, en face l'immeuble Autajon avaient été pendant le rassemblement conduits et alignés, les mains au dessus de la tête, devant le Mur, avenue d'Orange.

Le Maire, Jules Niel, essaya par tous les moyens d'éviter cette tuerie, proposant même sa vie pour sauver tous ces innocents, rien n'y fît... Il reçut même l'assurance que la ville se sortait à bon compte de cette escapade du maquis puisque le chef de la répression avait reçu l'ordre que Valréas devait être rasé et toute la population massacrée... Et, la tuerie commença... L'un après l'autre les prisonniers du maquis, les otages tombèrent abattus, assassinés, victimes du sadisme d'une race et de l'ambition de quelques français, et, pendant cette horrible tuerie, les grands fautifs de cette tragédie étaient comme il est dit plus haut à St Pierre... Les corps abattus furent piétinés pour se rendre compte de leur mort, comptés, avec interdiction absolue d'y toucher jusqu'au lendemain 6 heures. Cette cruelle consigne ne fut pas respectée, 5 des fusillés n'étaient pas morts : Bouchet, Coutton, Mary, Soureillat, Buey, ce dernier ne survit pas à ses blessures. Ils furent enlevés du charnier et remplacés par ceux abattus dans la campagne et le nombre fût respecté.

Le lendemain 13 juin, dés 6 heures du matin, les corps des martyrs furent transportés dans la Chapelle des Pénitents Blancs, transformée en chapelle ardente, ce fut là que se fît la mise en bière et que les familles vinrent reconnaître les leurs, la plupart méconnaissables, l'acharnement à détruire avait sévi avec toute sa cruauté.

Le surlendemain, 14 juin, la municipalité qui avait repris ses fonctions décida qu’une messe basse serait dites sur le parvis de l’Église paroissiale et qu'ensuite les corps seraient transportés au cimetière. A 15 heures, un ordre allemand ordonnait que l'enterrement aurait lieu le 15 juin à 6 heures 30 ; il était interdit à la population et même au Conseil Municipal d'y assister, seuls étaient autorisés les parents directs des victimes.

Dans la journée, la population Valréassienne et environnante leur rendit un hommage qu'elle aurait voulu à la grandeur de leur sacrifice.

Le premier anniversaire de cette tragédie, le 12 juin 1945 (lendemain des élections municipales) un cortège seul est lieu sans discours, où la population Valréassienne et environnante tint à venir en foule se pencher sur le désastre de l'année précédente, aucun discours ne fut prononcé, la politique commence seule à parler l'année suivante , juin 1946. Le Conseil municipal élu par les élections d'avril 1945 subit un changement par suite de la démission du maire, forcée par des (attentats) successifs. La commémoration de cette date fatale fut marquée par l'inauguration d'une plaque apposée dans la salle des pas perdus de l'Hôtel de Ville, faisant pendant à celle des victimes de la Guerre 1914-18, portant les noms des malheureux martyrs du 12 juin 1944 ainsi que les noms des victimes Valréassiennes de la Guerre 1939 – 1945. Un discours du Maire fut prononcé, ainsi qu'un discours de Monsieur le Secrétaire Général de la Préfecture, Monsieur Cluchier, représentant monsieur le Préfet Stephanini, appelé à d'autres fonctions.

Toutefois, avant de mettre un point final à cet exposé, fait de toute véracité, il me plaît de signaler que pendant l'occupation de Valréas par le Maquis et surtout au moment difficile du 12 juin, un homme, par son sang froid et son abnégation a sauvé beaucoup de fuyards sur la route de Nyons. Je veux parler de Paul Mège, qui fuyant à motocyclette, tomba vers Novesan sur les allemands qui venaient pour encercler le pays, et qui, blessé dangereusement à la main, eut le courage de faire demi tour pour avertir les cars qui fuyaient vers Nyons et sauver ainsi tous ceux qui y étaient.

Récit de Monsieur BORELLO Charles, Maire - Père de Fusillé.

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Lettre ouverte à l'oubli

14 Juin 2019, 06:48am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Lettre du 12 juin 1944 des frères Devès

Lettre du 12 juin 1944 des frères Devès

Faisant suite à l'absence de représentant de la Mairie de Bollène ainsi que cette année d'aucune gerbe déposée pour commémorer les 53 fusillés à Valréas, dont deux nés à Bollène, les descendants de la famille Devès adresse une lettre ouverte, publiée dans le Dauphiné - Vaucluse Matin.

 

Le 12 juin 1944, à Valréas, les nazis ont rassemblé 53 hommes et les ont fusillés. Parmi eux, se trouvaient François et Fernand Devès, 18 et 21 ans, nés à Bollène.

Chaque année, deux ou trois membres du Conseil Municipal Bollénois étaient présents à la cérémonie de commémoration et déposaient une gerbe devant le « mur des fusillés ».

A partir de 2008, avec le changement de municipalité, aucun représentant de la mairie de Bollène n’a fait le déplacement. Toutefois, une gerbe était commandée, fleurs que nous déposions avec mon cousin.

Et puis, il y a 3 ans, la municipalité Bollénoise a retrouvé le chemin de Valréas.

En ce 75ème anniversaire du débarquement, alors que les grands chefs d’Etat se sont rendus sur les plages de Normandie, la ville de Bollène marque par son absence et son « oubli » d’achat d’une gerbe, un manquement au plus élémentaire devoir de mémoire.

Cette attitude est un manque de respect, voire une insulte envers ceux qui ont donné leur vie pour la France, pour notre LIBERTE.

 

Florianne Devès-Lambert et Sandra Lambert-Chauvin,

descendantes des frères Devès, fusillés à Valréas, le 12 juin 1944.

 

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Chant des partisans par les enfants à Valréas

13 Juin 2019, 15:58pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

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Allocution du 12 juin 2019 - Valréas

13 Juin 2019, 10:39am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Photographie Laurent Frasson

Photographie Laurent Frasson

Monsieur le Sous-Préfet

Monsieur le directeur de l'Office National des anciens combattants et victimes de guerre

Mesdames et Messieurs les élus,

Mon Général, messieurs les officiers et sous-officiers,

Messieurs les représentants des cultes,

Mesdames et Messieurs les Présidentes et Présidents d’associations patriotiques,

Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames, Messieurs,

Chers enfants

« Les morts nous écoutent, quand on parle d’eux »

75 ans après la fusillade du 12 juin 1944, nous parlerons encore d’eux, nous nous souviendrons de ces 53 martyrs, 27 résistants et 26 otages, victimes de la barbarie nazie, l'un des massacres le plus meurtrier du Vaucluse.

Amédée Tena, résistant de la première heure, met sur pied dès décembre 1942 une organisation de résistance du Haut Comtat et du Nyonnais, créée hors partis politiques et coiffant des comités locaux à Valréas, Montségur, Taulignan et Le Pègue. La première réunion a lieu sous la présidence du pasteur Seignol. Une dizaine d'hommes y assistent venant des cantons de Saint-Paul-Trois-Chateaux, Valréas et Nyons, tous participant à l'entraide aux juifs.

 « Couleur, race ou religion ne sont pas des barrières pour aider son prochain »

Ce premier contact avait pour but de mettre au point une action effective et organisée de résistance hors des partis politiques.

Le 8 juin 1944, les forces du maquis occupèrent la ville. Il était malheureusement trop tôt, les troupes alliées venant à peine de débarquer sur les côtes de Normandie. Le 12 juin, par représailles, les Allemands, nombreux encore dans la région se jetaient sauvagement avec des moyens considérables, sur la petite ville de moins de 5000 habitants.. Les F.F.I. peut nombreux et misérablement armés et équipés, durent décrocher malgré leur courage.

Ce 12 juin 1944, ils étaient une poignée route d'Orange face à cette armée. Malgré le courage de ces jeunes résistants , seuls, sans ordre de repli ils ne pourront rejoindre leurs Chefs et camarades de combat qui avaient rejoint le maquis, laissant derrière eux une ville aux mains des tortionnaires.

La population Valréassienne vécut ces heures où la horde hitlérienne envahissaient la ville. Rassemblée sur la place de la mairie, la population est apeurée. Encerclée par des automitrailleuses et chars braqués sur la foule, du haut du kiosque, un officier allemand harangue la foule, phrases traduites en bon français par un soldat portant l’uniforme allemand. Les troupes allemandes agirent avec leur sauvagerie coutumière. Déchaînées, elles pillèrent, s’enivrèrent et assassinèrent.. Elles tuèrent les hommes qu'elles rencontraient dans les champs, armés ou non, jeunes hommes ou vieillards et prirent des otages au hasard des rencontres.

Sept hommes tombèrent sous les balles des hitlériens, dans les faubourgs ou à la campagne, 51 otages furent molestés, frappés puis fusillés. Quarante sept d'entre eux moururent, ils étaient là, eux, face à ce mur, à attendre la mort , il y eu au total 53 tués et 7 blessés dont une vielle femme de 80 ans qui vit tuer son fils sous ses yeux.

4 rescapés survivront et feront en sorte dans leur sursis de vie de ne pas oublier leurs camarades résistants et otages

Notre association en cette année de commémoration, tient à rendre hommage à tous les participants qui ont œuvré, en ces douloureuses circonstances, Le Maire Jules Niel qui interviendra auprès des officiers allemands pour que sa ville soit épargnée, l'Abbé Gertoux qui assista les victimes, les membres de la Croix-Rouge, femmes et hommes, les sapeurs pompiers de la ville,les volontaires, la plupart des habitants de Valréas, rivalisèrent de zèle et de dévouement dans leur pénible et pieuse besogne. On vit de toutes jeunes filles relevaient les cadavres, épancher le sang, faire la toilette des morts, ces corps meurtries qui furent transportés le 13 juin dans la chapelle des Pénitents Blancs, transformée en chapelle ardente. Sans oublier le docteur Didier Delaunay, directeur de l'hôpital de Valréas qui apporta son aide à diverses familles Juives.

Valréas, la bienveillance envers les persécutés

Valréas, la résistante contre une collaboration et l’avilissement de son peuple

Valréas occupée, mais loin d’être libérée si ce n’est par le sacrifice de cette journée du12 juin 1944.

Des témoins de ce drame sont encore parmi nous, ici présents, ils étaient la plupart des enfants, enfants de martyrs, enfants rassemblés sur la place de la mairie, enfants de votre âge chers écoliers.

La renaissance du fascisme resurgit, le rejet des uns et des autres, la xénophobie, l'homophobie tous ces actes inqualifiables combattus par tant d'hommes et de femmes jusqu'à la souffrance et la mort. Aujourd'hui encore soyons vigilants sur certaines paroles qui ne sauraient que nous propulser vers un passé où la liberté d'expression était réprimée. Nous avons à Valréas mais aussi dans le Vaucluse encore du sang de résistant soyons en fiers.

Je tiens aujourd’hui, devant vous, à rendre hommage, à remercier toutes celles et ceux qui ont donné de leur personne dans leur engagement au sein de la présidence de notre association faisant suite au Comité du Monument aux Morts, sans eux, sans elle, notre passé serait vite oublié :

Mme Josette Pradelle, institutrice, sœur de Charles Borello otage fusillé du 12 juin 1944.

Monsieur Joseph Coutton résistant fusillé-rescapé du 12 juin 1944.

Mme Raymonde d’Isernia, fille de Louis d’Isernia, résistant, fusillé le 12 juin 1944, actuellement Présidente de l’Association des Déportés Internés Résistants et Patriotes du Vaucluse, présente parmi nous.

Notre association dans cette journée du 12 juin 1944 ne représente pas un héroïsme de guerre, mais bien un sacrifice pour une paix durable, bien loin encore des sacrifices humains qui perdurent aux quatre coins de notre monde.

Je tiens à remercier les diverses municipalités et les Conseils départementaux qui se sont succédés et qui ont œuvré pour que cette journée soit toujours représentative dans la continuité des ans passés, souhaitons que cela perdure.

Je tiens à remercier l’ensemble des groupes scolaires pour leur présence toujours aussi grande, sous n’importe quel temps, rappelons-nous 2018. Merci aux diverses associations patriotiques, merci aux porte-drapeaux toujours aussi nombreux.

Merci à vous tous présents.

Allocution du 12 juin 2019. Michel Reboul, président de l'association des Familles de Fusillés, Résistants, Déportés, Internés, Patriotes et Amis

 

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