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Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

13 Jun

Valréas se souvient : 12 juin 1944-12 juin 2013

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS  - Catégories :  #Actions de l'association

 12 juin 2013 010

Photo : Inauguration des 2 sculptures  du Rond Point du 12 juin 1944

Intervention devant le Mur de Michel REBOUL, Président des familles de Fusillés (Valréas)

Ami entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines.

De ces premières paroles du chant des Partisans chantées à voix basses ou sifflées, résistants, combattants volontaires, de leurs tracts, affiches et graffitis , prennent les armes contre la Bête immonde.

Un engagement responsable par la clameur venant d’Outre Manche, une France saignante de massacres, de tortures, d’internement dans les prisons, de déportation dans les camps de concentration et d’extermination, de tragédies immondes avec la complicité intérieure.

Ce 12 juin 1944, l'armée allemande rentre dans Valréas , 32 chars , une unité de la Luftwaffe, ainsi que des éléments de la Feldgendarmerie , soit au total 1200 hommes uniquement mis à la disposition pour Valréas.

Elle fait feu de toutes ses armes et tire à tout hasard, dans les rues, les portes et fenêtres.

Ordre est donnée de rassembler toute la population sur la Place de la Mairie. Valréas va t' elle subir ce qu' Oradour/Glane a vécu atrocement deux jours avant.

Ce 12 juin 1944, ils étaient une poignée route d'Orange face à cette armée. Malgré le courage de ces jeunes résistants , seuls sans ordre de repli ils ne purent rejoindre dans le Maquis leurs Chefs et camarades de combat .

Prisonniers, maltraités jusqu'au lieu de rassemblement que nous venons d'inaugurer par ces deux sculptures, ils rejoignirent les otages sans arme, pris au hasard .

Alignés , face au mur il n'y avait pas de différence entre combattants et otages civils. Ils étaient là, eux , à attendre la mort à quelques pas de la Lance.

Devant ce Mur où nous nous inclinons aujourd’hui ; Ces hommes de convictions diverses, les bras levés, les mains jointes sur la tête, quelques uns priaient, d’autres chantaient la Marseillaise, tous attendaient… la mort !

L'intervention du Maire Jules Niel , ne pût sauver que 2 personnes,

Un silence inquiétant, suivi de détonations assourdissantes. L’exécution était lente, douloureuse jusqu'aux derniers qui virent tomber leurs camarades. Comment des hommes peuvent-ils abattre si froidement d’autres hommes ?

53 tués ! Leurs noms sont inscrits sur ce Mur pour l’éternité. Et lorsque vous irez en compagnie de vos enfants marcher sur La Lance , ayez une pensée pour eux qui sont tombés criblés de balles pour que d'autres, dans ce lieu magnifique puissent être libres .

Les morts restèrent là, comme une splendide illustration de la culture Nazi, de la démesure d’un dictateur, capable à lui seul de détruire l’avenir de l’homme!

Après l'ignoble massacre ! Mme Jeanine Talmon responsable de la Croix Rouge, accompagnée de l'infirmière Mireille Montabaranom, interviendront auprès d'un officier allemand permettant que ces corps meurtris, ne terminent dans une fosse commune , afin que les familles poursuivent décemment leurs deuils. Ce qui a permis que 5 personnes ensanglantées mais vivantes seront relevées par les pompiers et la croix rouge, 4 seulement survivront et auront la lourde tache de témoigner tout au long de leur vie, pour tous leurs camarades restés à terre.

Ces 4 rescapés disparus à ce jour ; des témoins de cette journée tragique sont encore là.

Parmi nous, des filles et fils de fusillés, des frères et sœurs, des parents proches , des amis.

Non 69 ans pour eux ce n'est pas vieux, c'était hier et leur mémoire est intacte.Ils ne peuvent oublier.

Si l’ennemi d’hier est aujourd’hui notre allié, nous ne pouvons tourner la page sur les atrocités d’un temps passé, car à l’heure ou nous sommes ici rassemblés, dans divers pays du Monde des exactions, telles que celles du 12 juin 1944, se renouvellent.

Nombre d'entre nous n'étions pas là en ce 12 juin 1944 , mais nous sommes là 69 ans après pour transmettre cette période tragique.

Nous sommes là pour nous opposer au négationnisme, à la xénophobie, au racisme.

Nous sommes là contre le révisionnisme, contre les allégations mensongères qui resurgissent périodiquement d’une certaine voix cynique.

Nous sommes là contre l'oubli de ces dates mémorables qui s'infiltre dans certains lieux .

Nous sommes là pour nous opposer aux dérives actuelles de groupes nauséabonds, blessant dans leur langage et leurs tenues abjectes , tous ceux qui nous ont apporté la Liberté.

Nous sommes là pour nous indigner de propos écœurant faisant allusion à des événements d'aujourd'hui à ceux d'hier.

Laisser dire, c'est laisser faire !

Je citerai un vers d'un poème de René Tavernier, poète Résistant

Il y en a qui prient, il y en a qui fuient, 

Il y en a qui maudissent et d’autres réfléchissent,
Courbés sur leur silence, pour entendre le vide,
Il y en a qui confient leur panique à l’espoir,
Il y en a qui s’en foutent et s’endorment le soir
Le sourire aux lèvres.


Je tiens encore cette année à remercier toutes les municipalités successives qui ont su avec nos associations ANACR et Familles des Fusillés perdurer ce souvenir tragique.

Cette ville comme d'autres trop nombreuses, ont une histoire dont nous devons transmettre, pour dire plus jamais çà ! C'est la raison cette année de ces 2 sculptures qui seront encore là quand nous n'y serons plus.

Je remercie tous les élus ici présents, les représentants des diverses communautés religieuses, , la Gendarmerie, le détachement des pompiers, la Police municipale, la Croix Rouge ainsi que les présidents des associations, adhérents et portes drapeaux . Les enseignants et leurs élèves accompagnés par le CAEM, et toute la population présente à cet événement tragique qui appartient à Valréas.

N'oublions jamais ! Ami entends-tu !

 

 

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