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12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS

Oradour-sur-Glane, un travail de mémoire colossal

10 Juin 2020, 07:53am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Le projet Oradour 1944, un travail unique et inédit

Le projet Oradour 1944 aura mobilisé plus de 80 personnes durant toute une année, et l’on peut considérer aujourd’hui que l’arbre collaboratif de 30 000 personnes qui a été réalisé, ainsi que la reconstitution du parcours de vie de chaque habitant, victimes comme survivants, avec les endroits où ils se trouvaient ce jour fatidique du 10 juin 1944, sont terminés.

Rappelons ce qui s’est passé ce jour-là : le 10 juin 1944, les SS de la division Das Reich, remontant du sud de la France pour aller combattre en Normandie suite au récent débarquement, pénètrent dans Oradour-sur-Glane, petit village proche de Limoges, pour y mener de sanglantes représailles. Ils rassemblent toute la population après avoir sorti de force les habitants de chez eux ou de leur lieu de travail, faisant de même avec les enfants des écoles. Les hommes et les adolescents sont répartis dans plusieurs granges, les femmes et les enfants enfermés dans l’église. Ils sont mitraillés puis achevés un par un, puis les SS incendient les bâtiments avant de brûler, quelques heures plus tard, la totalité du village.

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Les fusillés-rescapés du 12 juin 1944

9 Juin 2020, 09:21am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Joseph Coutton - Gratien Soureillat - Emile Bouchet

Joseph Coutton - Gratien Soureillat - Emile Bouchet

Ils étaient cinq fusillés- rescapés ce 12 juin 1944, Auguste MARY, Gratien SOUREILLAT, Emile BOUCHET , Joseph COUTTON, Alfred BUEY, lui décéda à l'hôpital suite à ses blessures.

 

Cette sirène que l'on entend à chaque cérémonie, était la sirène qui alertait la présence de l'armée de la Wehrmacht  entrant à Valréas, afin de prévenir les résistants mais aussi la population. 

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Valréas, Regroupement des Associations Civiques de l'Enclave, en sommeil ?

9 Juin 2020, 07:36am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Ceux qui ont "construit" le R.A.C.E. , Pierre Teste suivi par Pierre Wieder

Ceux qui ont "construit" le R.A.C.E. , Pierre Teste suivi par Pierre Wieder

 

Cette année, ceux qui imploraient moins de gerbes, un parcours plus court, auront satisfaction.

N'est-il pas en ce temps de confinement (soit disant dé-confiné) mais avec des restrictions selon qui tu es, selon les lieux, de s'interroger sur les absents qui fustigeaient, fût une époque d'un fleurissement exagéré au mur des fusillés en cette cérémonie commémorative du 12 juin 2017. Où sont-ils ? Du moins où se trouve cette association le R.A.C.E. (Regroupement des Associations Civiques de l'Enclave), en sommeil ? Celle qui devait reprendre le flambeau pour soulager la disparition progressive des diverses associations combattantes et victimes de guerre.

Des interrogations sur la disparition du RACE

 

12 juin 2017

 

Alors, comment interpréter cette absence de gerbes ? On entend dire, même on ne se le cache pas, il y aurait trop de gerbes lors de cette cérémonie. Il fut même proposé, de créer une seule gerbe pour toutes les associations civiques de l'enclave, sous la houlette du RACE (Regroupement des Associations Civiques de l'Enclave). Que cela soit, sauf que ce 12 juin 2017, celle-ci était loin d'être présente pour représenter les gerbes absentes de certaines associations.

Trop de fleurs pour les fusillés du 12 juin 1944 à Valréas, amènerait par la suite pour certains, trop long le parcours, trop long la cérémonie en général !

Rien n'oblige à y assister, sauf que nous pouvons voir toujours une présence pérenne depuis la première commémoration, le 12 juin 1945.

Respect, devoir de mémoire d'une ville, de ses enfants morts pour notre liberté !

L'association des familles de fusillés toujours active

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Souvenez-vous, en vous inclinant devant ce Mur !

7 Juin 2020, 11:55am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Souvenez-vous, en vous inclinant devant ce Mur !

«  Savez-vous vivants, que sur cette bordure qui longe ce mur, que vos pas chaque jour foulent, des suppliciés se sont couchés sous les balles de l'ennemi, nul cri ne s’élèvera, les morts sont disciplinés ! »

 

Je citerai le témoignage de Jean Louis Chaulot Talmont âgé de 13 ans en 1944, recueilli en décembre 1989. Il est présent devant le mur avec sa maman , infirmière en Chef de la Croix-Rouge Française. C'est-elle aussi qui avec insistance auprès des officiers allemands, empêchera que les fusillés soient emmenés dans des camions pour être déposés dans une fosse commune, permettant aussi la vie sauve à 5 rescapés, dont un est décédé par la suite.

 

« Et brusquement , des coups de feu. Les prisonniers qui tombent sont ceux les plus prés de l'entrée de la route d'Orange. Le premier est un homme âgé. Il me semble qu'il porte des vêtements de travail d'agriculteurs, peut-être en velours. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il a un chapeau de feutre sur la tête. Quand il tombe en arrière, le chapeau se met en travers mais reste sur sa tête. L'homme se retourne à plat ventre et tente de se mettre sur les coudes, face aux Allemands, les mains jointes. Presque aussitôt, venant de l'autre côté de la route, un soldat allemand s'approche de lui. D'un coup de pied, il envoie rouler le chapeau au loin, braque son arme sur la tête de l'homme et tire »

 

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Emil BAUER, soldat de la Wehrmacht à Valréas le 12 juin 1944

7 Juin 2020, 10:44am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Lettre d'Emil Bauer adressée à Jean Duffard, Maire de Valréas

Lettre d'Emil Bauer adressée à Jean Duffard, Maire de Valréas

 

Ce 12 juin 1944, Valréas subissait les représailles des unités allemandes. Emil Bauer, soldat de la Wehrmacht faisait partie de l’une de ces unités. Il aura été l’un des seuls à reconnaître des actes inqualifiables perpétrés dans cette commune, mais aussi tout au long du parcours sanglant de ces unités qu’ils qualifient certaines de bandits.

Devons-nous occulter son témoignage, qu’il fera parvenir après-guerre à l’association des familles de fusillés de Valréas ? Devons-nous ne pas prendre en compte sa lettre adressée le 06 juin 1969, à Jean DUFFARD, maire de Valréas ?

Il est une histoire qu’elle soit si dramatique, que ceux qui y ont participé ne peuvent par la suite qu’apporter leurs témoignages sincères, même si certains n’ont pu faire autrement que de subir des ordres de guerre sans pour autant être comme d’autres des tortionnaires. Les représailles, massacres, tortures ne peuvent être loin de là, excusés. Malheureusement, pour Valréas et bien d’autres massacres, les « chefs commanditaires » sont passés bien souvent hors des condamnations, seuls quelques sous-fifres ont été condamnés.

D’un autre côté, nous avons aussi des personnes enrôlées dans la Milice, la Gestapo, l’unité Brandebourg et les bons collaborateurs auxquels on ne peut pardonner et pourtant combien se sont glissés à travers de susceptibles condamnations. Mais combien d’autres, femmes ou hommes, ont été condamnés sans un jugement digne ?

Non, nous ne sommes pas à même d’interdire la parole des uns et des autres, si ce n’ait d’essayer de comprendre le pourquoi du comment.

La haine des uns ne doit pas entraîner la haine des autres.

 

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CONSTANT Edouard Roger, fusillé

6 Juin 2020, 17:44pm

Publié par michel

Edouard Roger CONSTANT alias "Calas"

Edouard Roger CONSTANT alias "Calas"


A la recherche de  CONSTANT Edouard Roger, Fusillé le 12 juin 1944

62 ans jour pour jour, nous retrouvons l’auteur de la lettre.

24 juin 1944/ 24 juin 2006

 

Le 12 juin 1999, Joseph Coutton, Président de l’Association des familles de Fusillés, Déportés, Internés, Résistants et patriotes, reçoit Mme Marron, née Constant, demeurant à Vallon Pont d’Arc (07),  soeur d’ Edouard Constant fusillé le 12 juin 1944 à Valréas. Elle lui remets une lettre provenant de Valréas  datée du 24 juin 1944 , reçue par son père le 01 juillet 1944, annonçant la mort tragique de son fils Edouard.

 

extrait de la lettre “...c’est un bien pénible devoir qui m’incombe aujourd’hui et cependant je n’ai pas le droit de m’y soustraire....Vous avez entendu parler peut être des brusques et sanglants événements qui ont endeuillés le pays, il y a prés de  quinze jours, c’est au cours de ces redoutables journées que votre malheureux fils a été prématurément ravi à votre affection, je ne puis vous expliquer ici les raisons, ni les douloureuses circonstances qui nous ont empêché de vous prévenir plus tôt...”

 

Mme Marron remet également 2 photos représentant Édouard et une carte de travail au nom de Calas Roger né le 21.07.1929 et demeurant à Valence, fausse bien sur. Cherchant à savoir où était son frère, qui avait écrit cette lettre, qu’elles sont les personnes qui l’avaient hébergées?

Sans hésitation, le président des familles de Fusillés prend en main ces recherches qui risquent d’être très difficiles au vu de la signature illisible et des photos prises il y a plus de 55 ans (en 1999).

L’association demande une expertise graphologique de cette lettre. Elle nous apporte que c’est une femme qui l’a écrit. “...cette femme avait un caractère très alerte, extrêmement consciencieuse, très courageuse...riche personnalité, très intelligente et douée par les langues étrangères...”

La signature est peut être A. Hajard (rapport graphologique).Lettre expédiée  de Valréas le 24 juin 1944, reçue le 01 juillet 1944 par le père d’Édouard à Ruoms (07)

Une dernière photo vient étayer les documents remis par la famille Marron. Une photo représentant une grande bâtisse en campagne, prise il y a plus de 50 ans, lieu supposé se trouver  héberger Édouard Constant.

Au vu de ce document agrandi, Joseph Coutton part à la recherche d’indice plus précis, de renseignements sur le lieu supposé héberger Edouard en 1944.

Il charge plusieurs personnes d’effectuer des recherches de Mémoire, des contacts sont établis auprès de son entourage.

Incroyable on s’y croirait, 55 ans plus tôt. Ces hommes et femmes ont rajeunis, retrouvent leur force vive, se replongent dans le Maquis, remettant en mémoire certains détails de ces événements tragiques et douloureux.

Mandrin Raoul qui avait été sollicité pour ces recherches, apporte des renseignements très précis sur ce lieu de cette bâtisse ainsi que la présence en 1944 de Constant Édouard sur la commune de Visan.

Après plus de 8 mois d’investigation, “l’enquête” va aboutir.

Comment Mandrin Raoul a retrouvé la trace d’Édouard Constant ?

Pour avoir travaillé à la ferme Roussillac à Visan, se trouvant  au lieu dit les Bravets à 3 Kms des Barbes, Raoul Mandrin effectuant à l’occasion les moissons aux barbes, reconnaît sur la photo la propriété des Barbes située sur la commune de Visan propriété actuelle de la famille Barnouin.

Cette dernière contactée, connaissait Edouard Constant en 1943/1944 mais également sur le nom de Colas Roger, clandestin à la ferme des Barbes dont les métayers de l’époque étaient la famille Ponçon Henri, leur beau frère.

Henri Ponçon demeurant  ce jour à  Ste Cécile les Vignes, confirme qu’ils ont bien caché de 1943/1944 Constant Édouard. C’est son père qui l’avait accompagné en novembre 1943 au moment du ramassage des betteraves, il était de la classe 22, réfractaire au STO (Service Travail Obligatoire).

Concernant la lettre, Ponçon Henri ne peut apporter de précision, il ne connaît pas l’auteur.

 

8 Juin 1944, occupation de Valréas par la Résistance.

 

Ancelin Henri (fusillé le 12 juin 1944 à Valréas), réparateur ambulant dans les fermes, signale l’occupation de Valréas, lors de son passage aux Barbes.

Au vu de ces dires Constant Édouard, dans les jours suivants rejoint le groupe de résistants posté route de Baume (Voir Livre du 12 juin 1944 -53 Fusillés à Valréas)

Inconnu lors de la fusillade du 12 juin 1944, il sera identifié officiellement le 26 juin 1945. L’acte de décès n°145 portera désormais un nom : Constant Édouard.

 

Rebondissement dans ces recherches qui  ne sont pas restées sans intérêts pour l’association des familles de fusillés qui oeuvre pour la Mémoire.

Michel Reboul, poursuivant ce que Joseph Coutton (décédé en novembre 2003) a commencé, s’intéresse de plus près à la signature et par la relecture du livre du 12 juin 1944, se focalise sur le nom de ALAZARD, alias Don José, Colonel dans l’aviation. Il faut reconnaître que grâce au modernisme actuel, nous avons la possibilité d’effectuer des recherches immuables ou de transférer des informations qui peuvent apporter un contact. C’est ce qui nous est arrivée le 24 juin 2006, lors d’une réunion entre familles et résistants. Jean Rousson, me remettait un article qu’il avait reçu de la fille de Jean ALAZARD, dont les cendres ont été  déposées au cimetière de Visan. Je reconnaissais bien évidemment cet article pour l’avoir publié sur mon Blog. La commémoration du 29 janvier 2006, rue Pasteur à Valréas. L’adresse m’étant remise, je m’empressais d’écrire à Mme Alazard Michèle demeurant dans la Haute Vienne, tout en lui adressant la photocopie de la lettre adressée à la famille Constant ce 24 juin 1944. Réponse immédiate et par téléphone de Mme Alazard Michèle, la signature et bien évidemment la lettre a été écrite par sa mère, Simone Alazard épouse de Jean Alazard, alias Don José, qui est native de Valréas, et toujours en vie, elle à plus de 90 ans et toute sa mémoire (nous l’avons contacté) : elle était institutrice et a bien connu Édouard Roger CONSTANT, l’avoir vu avec un drapeau français et un vieux fusil sur la route de Baume, ils ont même plaisanté un peu, mais ma mère s’inquiétait de le voir s’exposer ainsi alors que les allemands débarquer. « Jean Callas » lui a répondu : il faut bien garder les routes. Elle pense qu’il avait suivi les ordres de Mr Coulouvrat, prêt à mourir en héros. C’est elle qui l’a vu mort ce même jour et qui a été chargée d’avertir les parents, ce qu’elle a fait en écrivant à son père….

Le rapport graphologique de la lettre, est proche de la personne, nous donnant bien les caractéristiques d’une femme intelligente et courageuse, puisqu’elle a été une résistante de l’ombre en cachant dans son grenier des résistants.

 

Le plus dur, reste à faire, prévenir Madame Josette MARRON, sœur du défunt Édouard Constant, de nos aboutissements. Je ne peux vous décrire son émotion et si l’on puis dire sa joie de retrouver la dite personne, auteur de la lettre, qui immédiatement s’est empressée de la contacter. Soixante deux  ans après que pouvions nous espérer, démontrer que les années passent, mais ne peuvent s’effacer.

Notre rôle ne peut-être qu’une reconnaissance de cette transmission de mémoire, de rechercher et de comprendre ce qui entoure notre passé et surtout d’apporter la vérité et non de l’extrapoler.

Valréas le 13 septembre 2006

Michel Reboul

 

                                                                         

 

 

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Cérémonie du 12 juin 2019 - Rappel !

6 Juin 2020, 10:17am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Cérémonie du 12 juin 2019 - Rappel !
Je voulais rappeler mon coup de gueule concernant la cérémonie du 12 juin 2019 et plus particulièrement à Valréas, où l'absence de certains élus et ce depuis bien des années, ne faillit pas à la tradition, un exemple loin d'être suivi que ce soit dans la Drôme ou l'Ardèche. (voir le lien - Labastide-de-Virac)
 

 

Coup de gueule après la cérémonie du 12 juin 1944 à Valréas.

 

Nous venons de passer une fois de plus, une des cérémonies civiques les plus émouvantes du secteur Drôme-Vaucluse, que ce soit sur Taulignan et Valréas, sachant que cette année les deux communes ont par la volonté de leur Maire, souhaitaient unifier cette douloureuse tragédie. Ce n'est qu'une volonté bien appréciée par les divers habitants des deux communes, un seul 12 juin 1944.

Au total, 73 fusillés, massacrés en une seule journée. Des résistants unies pour le combat d'une liberté aux sacrifices de leur vie, mais aussi de celles des otages ou civils abattus dans les faubourgs ou en campagne.

Depuis des années, nous nous déplaçons à Labastide de Virac, au hameau des Crottes en Ardèche où tous les habitants ont été fusillés, puis à Taulignan pour ce 12 juin. Et c'est là que nous pouvons apprécier, dans ces deux lieux, ces deux départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes, la présence incontestable d'élus, que ce soient les Maires, Adjoints et Conseillers municipaux, les représentants de la Communauté des communes, les Conseillers Départementaux, les Députés, les Sénateurs, les Conseillers Régionaux, sans oublier les représentants de la Préfecture ou Sous-Préfecture.

Qu'en est-il à Valréas ?

 

Bien triste la représentation d'élus, malgré les invitations lancées, malgré un événement tragique le plus meurtrier du Vaucluse et peut-être bien de la Région. Malgré 75 ans passé !

Une absence injustifiée, un oubli de notre histoire par des acteurs élus, qui ne nous oublient pas, eux, lors des diverses élections.

Valréas, serait-elle une ville loin des fastes de la République politicienne de la Région Provence-Alpes Côtes d'Azur ?

Valréas, capitale de l'enclave ancrée dans la Drôme depuis des siècles, mais bien terre vauclusienne, ne serait-elle pas, malgré nombre de réticences et la mienne en particulier, plus reconnue, plus appréciée, plus aimée dans la Région Auvergne – Rhône-Alpes ?

 

Il fallait le dire, loin d'être le seul à m'insurger si ce n'est aussi certains élus locaux !

 

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Cérémonie du 12 juin 2020 à Valréas, l'incompréhension !

5 Juin 2020, 19:53pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Cérémonie du 12 juin 2020 à Valréas, l'incompréhension !

Communication de Michel Reboul, Président de l'association des Familles de Fusillés – Valréas

 

« Nous sommes en guerre. » A six reprises.

 

Tels sont les propos du Chef d'état, Chef aussi des Armées entendu sur les ondes radios le mardi 17 mars 2020, un appel à la « Résistance », un appel qui pourrait-être entendu contre l'ennemie invisible, le « Covid19 », loin d'une guerre, mais bien d'une pandémie qui sévit dans le monde entier.

 

De cet appel à « Résister », cet État en a fait un cloisonnement de sa population, puisque aucune arme décisive n'était en mesure de sauver le peuple. Pas d' « armes », ni vaccin, ni masque, manque de matériel, manque de personnel, au vu d'une destruction massive depuis des années des services de santé. Les interdits se sont suivis, les obligations aussi, déplacements strictes, déplacements allongés, mais sous surveillance. Rassemblements interdits, puis sur un nombre restreint, 10 personnes pas plus, à l'exception de certains lieux qui se veulent moins sensibles (lieux fermés, grandes surfaces, spectacles plein air, cinéma etc.)

La France à même été partagée en plusieurs zones , zone libre, zone occupée, zone en attente de décisions.

 

On pourrait en rire, si malheureusement des pertes humaines ont été dénombrées sans que celles-ci n'atteignent un degré élevé d'un temps de guerre, d'une telle pantalonnade d'ordres et de contre-ordres depuis le début de cette pandémie, qui aurait pu être évitées.

 

D'une région à l'autre, les consignes s'appliquent tant bien que mal. Dans l'une des rassemblements plus que douteux, dans d'autres la restriction drastique sur certains lieux.

C'est dans cet esprit de contradiction, d'incompréhension, que je tiens à m'exprimer sur cette cérémonie du 12 juin 2020 à Valréas, qui aura un caractère exceptionnelle, si ce n'est sans importance. Certes, la municipalité de Valréas respecte les strictes consignes gouvernementales. Alors, comment pouvons-nous comprendre, nous familles de fusillés, au vu d'un Marché ouvert après autorisation de la Préfecture, qu'une cérémonie commémorative très restreinte (10 personnes) pour célébrer la tragédie de 53 personnes, résistants mais aussi civils, morts pour la France dans une France occupée, meurtrie. Dix personnes, 2 à 3 représentants des familles de fusillés, les autres viendront se recueillir plus tôt ou plus tard devant le Mur des Fusillés. Les gerbes devront être déposées individuellement le plus tôt au matin du 12 juin sans aucune cérémonie. Puis vers 18h00 la représentation des dix personnes devant le Mur, officiels, familles, porte-drapeau ,allocution etc.

Inimaginable de comparer une activité commerciale autorisée dans les rues et les places et de voir la présence de 10 personnes devant un site de mémoire ! Alors que les lieux sont prétexte à se rassembler avec toutes les distanciations sociales à un plus grand nombre de présents.

Notre association sera représentée par le porte-drapeau. Pas d'allocution de ma part, je déposerai les gerbes au matin et je ne serai pas présent physiquement, mais par la pensée.

 

«  Savez-vous vivants, que sur cette bordure qui longe ce mur, que vos pas chaque jour foulent, des suppliciés se sont couchés sous les balles de l'ennemi, nul cri ne s’élèvera, les morts sont disciplinés ! »

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Valréas le 12 juin 1944 et le Lieutenant Helmut Demetrio

1 Juin 2020, 09:40am

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Citadelle de Pont-Saint-Esprit, fin avril ou mai 1944. Autour du sous-lieutenant Demetrio, commandant en second de la 8e compagnie, des légionnaires français.

Citadelle de Pont-Saint-Esprit, fin avril ou mai 1944. Autour du sous-lieutenant Demetrio, commandant en second de la 8e compagnie, des légionnaires français.

Helmut Demetrio, Professeur de musique dans un collège en Allemagne année 1958/1959

Helmut Demetrio, Professeur de musique dans un collège en Allemagne année 1958/1959

Helmut Demetrio (le premier en partant de la droite) Année 1958/1959

Helmut Demetrio (le premier en partant de la droite) Année 1958/1959

Le 13 février 1951, s'ouvre devant le tribunal militaire de Marseille, le procès du massacre de Valréas. Parmi les accusés au nombre desquels figurent Schwinn, Sohn et Henrich, Demetrio est seul à comparaître.

Face à ses juges, l'accusé s'en tient à ses déclarations au cours de l'instruction. Il n'est en rien impliqué dans l'exécution, clame-t-il, avant de revenir sur ses faits et gestes à Valréas le 12 juin 1944. Vers 13 heures explique-t-il, son groupe et lui ont été pris à parti par des maquisards alors qu'ils s'apprêtaient à attaquer. A l'issue d'un bref engagement, ils ont capturé 10 à 12 hommes, qu'ils ont emmenés à Valréas et remis à un officier.

Demetrio s'est rendu à l'hôtel de ville sur ordre du capitaine Träger. « Je me suis installé à la mairie, déclare-t-il, et ai reçu une quinzaine de personnes, certaines pour faire des dénonciations.

D'après Demetrio il a entendu des premiers coups de feu alors qu'il se trouvait à la mairie... , de ce fait il ne se trouvait pas sur le lieu de l'exécution.

Pourtant !

Au début de l'instruction, fin 1949, un témoin capital Gehrard Blanck, ex-chef du PZ.Aufkl.-Abt9, dont l'implication dans l'affaire a été écartée, livre plusieurs témoignages embarrassants pour Demetrio. Blanck avait rejoint sa compagnie, stationnée à environ un kilomètre de là, pourdonner l'ordre de départ et traverser la ville. C'est alors qu'il avait constaté, passant à proximité de la maison Clarice (le Mur des fusillés actuellement), que six à huit hommes gisaient à terre. Le « capitaine et le « lieutenant » étaient sur place (parlant ainsi du Lt Demetrio). Par la suite Blanck est revenu sur sa déposition, ne reconnaissant pas Demetrio lors d'une confrontation devant le Capitaine Cruciani du Tribunal militaire.

Mais un détail vestimentaire signalé par Blanck, mentionnant des feuilles de chêne de la division « Brandebourg » que la manche du « lieutenant » surexcité qui réclamait des représailles ne fait que renforcer les soupçons sur Demetrio, même acquitté par la justice. A noter que cette distinction sur les manches « feuilles de chêne » était porté par d'autres unités allemandes, mais aucune autre formation de cahsseurs à Valréas à l’exception de la « Brandebourg » n'était présente.

 

Lors de cette instruction de ces crimes de guerre perpétrés par la 8e Compagnie « Brandebourg » dans le Sud de la France et concernant Valréas, un témoin capital aurait pu être entendu.

 

Extrait d'une lettre datée du 5 octobre 1950

De Jeanine Talmon écrite de Paris à Émile Bouchet, l'un des quatre rescapés du massacre du 12 juin.1944.

(…) Je tiens pourtant à vous préciser une chose que vous ignorez peut-être, car, au moment où cela se passait, vous étiez, hélas, allongé le long de ce mur d'horreur dont le souvenir ne pourra jamais s'effacer en moi. Après vous avoir fusillés sous mes yeux, j'étais en effet devant l'hôtel où les Allemands avaient établi leur P.C. À ce moment-là, je reçus l'ordre d'un officier allemand de monter à la mairie, prévenir que l'on interdit à la population de descendre en direction du lieu d'exécution. Montant donc vers la place de la mairie, j'ai rencontré l'abbé Gertoux à qui je demandais de descendre et de demander l'autorisation de bénir tous ces pauvres corps torturés.

Redescendant au P.C. allemand, monsieur l'abbé vient à moi, le visage défait, me disant que quelques-uns parmi vous remuaient encore et de faire quelque chose. J'ai alors parcouru la longue file de ces 46 corps allongés et n'ai pu constater la chose. Je suis revenue vers les Allemands et ai entrepris de discuter avec un grand lieutenant qui parlait assez bien le français. J'appris alors, ce que beaucoup de Valréassiens n'ont jamais su, les corps devaient être ramassés sur des camions amenés là exprès par les Allemands, menés en campagne et incinérés. Je ne peux vous dire toutes mes pensées, toutes mes angoisses.

J'ai entrepris alors une lutte d'adresse et de mensonges qui a duré près de deux heures. La chance m'a favorisée, car le lieutenant allemand était un frontalier voisin de Belfort (où j'habitais avant la guerre). Connaissant bien le régiment (188ème d'artillerie) où mon mari était capitaine.

L'histoire est ainsi, de témoignages et d'autres oubliés, de persévérance à rechercher ce que d'autres ont occulté par négligence ou par volonté.

Qui était Helmut Demetrio avant d'être un militaire dans l'armée allemande ?


 

Helmut Demetrio est né en Saxe, en 1911. Diplômé de droit, il enseigne les langues et la musique avant son incorporation. Il parle correctement le français.

Nous le retrouvons après guerre, puisque condamné le 10 avril 1951 par le Tribunal militaire de Bordeaux (pour d'autres faits similaires) à 10 ans de réclusion. Il a sans doute été libéré au plus tard au printemps 1953.

Effectivement en 1958/1959 il est présent dans un collège en tant qu'enseignant, professeur de musique, ainsi que bien attablé avec des amis (photos).

Poursuivant nos recherches sur les événements du 12 juin 1944 à Valréas (Vaucluse), nous avons pu lire dans un livre intitulé : The World of Our Childhood – Memories of World War II - La Guerre de notre enfance - Souvenirs de la seconde guerre mondiale de l'auteur Wolfgang W.E. Samuel, le témoignage de la fille de Demetrio Helmut.

Il apparaît dans son témoignage de 7 pages, un passage contestable au vu des pièces que nous détenons et relatées dans le livre Valréas se souvient page 140 « Helmut Demetrio ».

Dans son témoignage Régina Demetrio raconte que son père a été condamné à mort et disgracié à la prison à vie. Totalement faux.

Afin d'étayer mes recherches, je contacte par mail l'historien Karl Heidinger auquel depuis 2004, j'échange divers renseignements sur cette période du 12 juin 1944.

Sa réponse : pour cette nouvelle. Je n'avais pas eu connaissance de ce livre. Il raconte la vie de 27 enfants pendant et juste après la guerre. Sur Regina Demetrio, fille de Helmut Demetrio, ce que je pouvais lire, me suffit. La famille a vécu à Keimsdorf près de Zwickau et a déménagée en avril 1954 à Karlsruhe. Regina raconte que son père a été condamné à mort et disgracié à la prison à vie, c'est faux. 

Voilà l'importance des recherches et de se soucier à comparaître d'autres recherches, d'autres écrits, d'autres témoignages, afin que l'on puisse apporter une vérité au plus juste et non de se contenter d'une première lecture, qui par les années qui passent soit-elle véridique pour l'auteur, mais bien souvent incomplète. On ne refait pas l'histoire, on la consolide.


 

Sources : Livre Sanglante randonnée – Olivier Pigoreau – Recherches Internet – Correspondances Karl Heidinger (Historien)


 

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