Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L'association créée le 20 novembre 1971 sous la présidence d'Henri Guillard, pour donner suite à la dissolution du Comité du Monument aux Morts créé le 19 décembre 1946, présidée par le docteur Émile Quet, n'a pas failli pendant des années à son engagement à s'interposer, à proposer et à s'indigner s'il le fallait pour défendre les valeurs de ce Mur où 53 personnes ont trouvé affreusement la mort. Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

19 Jan

André Roger CHAIFFRE alias « Roger » Résistant Franc-Tireur Partisan Français (FTPF)

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

Récapitulatif de l'Etat Major AS (Armée Secrète) où l'on remarque dans les adjoints départementaux : Adjoint - Commandant CHAIFFRE dit Roger

Récapitulatif de l'Etat Major AS (Armée Secrète) où l'on remarque dans les adjoints départementaux : Adjoint - Commandant CHAIFFRE dit Roger

Depuis quelques mois nous sommes à la recherche des activités du résistant André Roger CHAIFFRE alias « Roger » .

Qu’avons-nous de plus sur ce personnage à l’heure actuelle ?

De nos diverses correspondances, lieux de naissance, de mariage aucune mention sur son décès (après 1989 dixit Joseph La PICIRELLA son livre sur le Vercors), aucune information au Service Historique de la Défense, seule une correspondance  des Archives du Territoire de Belfort, nous informe qu’elle n’a trouvé trace du décès d’André Roger Chaiffre, néanmoins nous informe de sa localisation à la Maison d’arrêt d’Avignon le 24 juin 1955 ( ?)

En attente de recevoir plus d’informations sur ce sujet – A suivre

Epilogue de nos diverses recherches

Dans le livre du 12 juin 1944 – 53 fusillés – Association des Familles de Fusillés, Déportés, Internés, Résistants et Patriotes de l'Enclave, il est fait souvent référence à la présence de André Roger CHAIFFRE alias « Roger », envoyé par le Parti Communiste Français de Marseille pour prendre le commandement des Francs-Tireurs Partisans lors des événements du 8 au 12 juin 1944 à Valréas. Commandement contesté par les Communistes de Valréas. Ainsi que ses diverses actions sur le terrain.

Dans ce livre, il est dit qu'aucune trace de ce personnage n'a pu permettre de le contacter, de le situer si ce n'est qu'il aurait été vu par Amédée Tena, responsable A.S., en tenue de Colonel, siégeant à l'Hôtel de la Croix d'Or à Valence, en Septembre 1944. D'autres récits le situent présent en sa qualité de Commandant à la Libération de Crest (Drôme) en compagnie du Lieutenant-Colonel  de Lassus et d'autres officiers.

Étrange, aucun dossier administratif aux archives du Service Historique de la Défense !

Cependant par le service de la Commission Nationale de la Médaille de la Résistance Française, nous apprenons qu’André Roger CHAIFFRE dit ''Roger'' est titulaire de la médaille de la Résistance Française par décret du 15 octobre 1945.

Un mémoire de proposition (peu étoffé) nous est adressé.

CHAIFFRE André dit Roger né le 8 juillet 1909 à Rougement (Haut-Rhin)

Grade commandant à titre fictif

Deux blessures par balles :

jambe gauche 23.11.1939

bras gauche 05.1944

Officier courageux, énergique et plein d'allant – résistant de toute première heure – Découvert par la Gestapo est arrêté en novembre 1942 alors qu'il se trouvait dans le département des Bouches-du-Rhône – est transféré à Toulouse d'où il s'évade en même temps que le général de Lattre de Tassigny et le colonel Saint-Sauveur (dit CONSTANS) – Le Cdt CHAIFFRE a été un organisateur de la résistance dans la Région d'Aix-en-Provence.

Le 22 -12-1943 est arrêté de nouveau et condamné, mais la prison où il se trouvait est attaquée par les patriotes. Il profite de cette occasion et s'évade avec 17 camarades.

En 1944 organise les maquis de la région de Valréas, prend part à toutes les actions dans le Sud Drôme où il se distingue au cours de l'attaque de Valréas.

Quoi qu'il en soit, l'ascension rapide de "Roger" témoignerait de ces orientations : "le 6 juin 1944, le capitaine "Alain", qui avait été désigné comme chef FFI de la Drôme-Sud a sous ses ordres l'ensemble des forces FFI de ce secteur. Il a comme adjoint le capitaine "Roger" (André Chaiffre), qui doit assurer la liaison et la coordination avec l'état-major FTPF de la zone Sud.

Puis le capitaine Roger passe à l'état-major du commandant Legrand, avec les mêmes fonctions ".

 

Le général de Lassus  ("Legrand") en parle en ces termes, lorsqu'il relate sa prise de commandement des FFI de la Drôme, les 3 et 4 juillet 1944 : « Les rapports avec les FTP s'améliorèrent dès mon arrivée. Je demandais qu'un adjoint FTP vint se joindre à mon état-major. Le capitaine "Roger" (André Chaiffre), qui était l'adjoint FTP d'Alain [le capitaine Alain commandait le 3e bataillon FFI (AS) en Drôme-Sud], fut désigné. D'un grand dynamisme, il circulait énormément et ce n'est que par intermittence qu'il venait à l'Escoulin [commune au nord de la nationale Crest-Die, où était installé le PC des FFI]».

 

Nous avons tout loisir de penser (sans posséder d'autres indices que la remarque de Legrand et les signes de rejet des FTP de Nyons et de Valréas), qu’André Chaiffre, parallèlement à ses activités de commandement FFI auprès de l'état-major départemental, est impliqué dans d'autres missions politiques ou organisationnelles au sein des FTP.

Le général de Lassus Saint-Geniès mentionne plusieurs fois la présence de "Roger" à ses côtés à Die. C'est à la suite d'une réunion avec "Roger", "Alain" et "Constant" qu'il décide « de procéder à la mobilisation générale, d'un certain nombre de classes » ; de même « des affiches, quelques jours après [doivent] être apposées dans tout le département ». Le 14 juillet 1944, Legrand remet des décorations, à la cérémonie de Die, entre autres au capitaine "Roger" « qui avait abattu au fusil-mitrailleur un avion du côté de Valréas... » (Ce qui est très douteux). Un peu plus tard, le 8 août, "Legrand" note dans son emploi du temps : « Je partis dans l'après-midi pour le Sud, à Buis-les-Baronnies, accompagné de mon adjoint FTP "Roger", que je voyais bien rarement ».

Sans doute, "Legrand" regrette que la présence de son adjoint ne soit qu'épisodique - suggérant, compte tenu du dynamisme de son collaborateur, d'autres occupations. Il le signale pourtant près de lui de temps en temps ; il devait même l'apprécier dans les montagnes du sud - qu'il connaissait mal, à forte implantation FTP, ou ailleurs, comme à Puy-Saint-Martin, où, dit-il, « j'étais en voiture avec mon adjoint FTP », après le 18 août 1944 : de concert avec les Américains, et surtout, dans ce cas précis, avec une compagnie FFI, le chef FFI aurait libéré le bourg d'un retranchement allemand d'une soixantaine d'hommes.

Ces alliances sont bien sûr conjoncturelles ; mais leur mémoire demeure très vivante. En témoigne cette rencontre, 40 ans après, en 1984, au cours d'un repas à l'Escoulin, lieu du PC FFI : Chaiffre était là, avec de Lassus Saint-Geniès, donnant une interview à Robert Serre. Au cours de cet échange, le résistant fait état de l’arrestation dont il a été un jour victime.

Il rappelle à cette occasion ses appréhensions et son vécu de la torture, sa propre perception de la peur à 21 ans.

En fait, tout se passe comme si "Roger", envoyé de Marseille par le parti communiste [ou (et) les FTP], avait une mission précise, après le débarquement de Normandie le 6 juin, dans une région où les Francs-Tireurs ont une forte présence : dans le secteur Sud-Drôme, au début juin 1944, quatre bataillons FTP côtoient deux bataillons AS. "Roger" se doit d'obtenir que les FTP aient un rôle clé dans l'insurrection locale (Taulignan-Valréas- La Lance, le Nyonsais), voire dans la Résistance départementale. A posteriori, l'ascension de "Roger", dans le sud-est de la Drôme, puis dans le département - qui suit la répression sanglante de Valréas-Taulignan, validerait cette hypothèse.

Il est bien connu que les forces de la Résistance, unies sur un projet ambitieux de libération nationale et d'émancipation humanitaire mondiale, sont aussi un rassemblement d'organisations et de personnes poursuivant leurs propres objectifs. André Chaiffre est un de ceux qui, singulièrement, originaire de Marseille, signale l'influence phocéenne dans la Drôme et semble affirmer la volonté communiste de charpenter un rayonnement politique qui se dessine, de faire concrètement la place des FTP dans le commandement militaire des FFI au plus haut niveau. Il n'est pas surprenant que les chefs locaux et même régionaux de sa propre organisation, les FTP, sur le terrain souvent depuis 1943 et même parfois avant, aient contesté ce qui leur apparaît comme un chapeautage inadmissible et incompréhensible de dernière minute. Mais le contexte général est marqué par l'accélération vertigineuse de la guerre ; déjà, la question d'une nouvelle république se pose, le programme du CNR est en route. Chaiffre est un combattant, apparemment homme d'un parti qui a la ferme intention, comme d'autres éléments des différentes forces du mouvement résistant, peut-être davantage ou en tout cas autrement, de participer au gouvernement de la France libérée.

Voilà une des parties glorieuses d’André Roger CHAIFFRE, sans pour autant ne pas oublier d’ examiner certains de ses actes qui se veulent inexacts et certainement plus une mystification, concernant l’abattage  entre autres d’un avion à Valréas, qui n’a eu lieu, de cette évasion avec le Général de Lattre de Tassigny dont nous ne trouvons trace, si ce n’est que ce dernier s’est bien évadé mais de la prison de RIOM dans le Puy de Dôme .

Lors de la réunion concernant le repli des forces de résistances à Valréas

Le soir est organisé une réunion pour débattre de la situation et des mesures à prendre. Selon les déclarations de Georges Bonnefoy, « Georges » (Pierre Rigaud) préconise le repli mais l’ordre n’en est finalement pas donné en raison de l’opposition de Roger Chaiffre. Certains considèrent Roger Chaiffre comme le responsable de l’époque des FTPF. Mais Michel Coulouvrat et Raoul Mandrin certifient qu’il appartenait au groupe de l’AS de Michel Coulouvrat. En tout cas l’ordre de repli ne fut pas donné à temps. Le matin du 12 juin, il était trop tard …

André Roger CHAIFFRE naviguait il  entre deux groupes de résistants et dans quel but ?

Plus tard, les hostilités terminées, j'ai eu la visite de Roger Chaiffre et de deux personnes dont une femme. J'avais repris mon activité et je travaillais dans mes vignes. Cet individu (je dis : cet individu) ayant perdu son commandement, venait me rendre visite dans un but qui n'avait rien à voir avec les souvenirs voire l'honnêteté.

Témoignage de Michel Coulouvrat

Commenter cet article

Archives

À propos

L'association créée le 20 novembre 1971 sous la présidence d'Henri Guillard, pour donner suite à la dissolution du Comité du Monument aux Morts créé le 19 décembre 1946, présidée par le docteur Émile Quet, n'a pas failli pendant des années à son engagement à s'interposer, à proposer et à s'indigner s'il le fallait pour défendre les valeurs de ce Mur où 53 personnes ont trouvé affreusement la mort. Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci