Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 JUIN 1944 - 53 Fusillés à VALREAS

La traque des Juifs à Valréas

6 Février 2022, 15:21pm

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS

ANONYME © NARA / Le Mémorial de Caen

ANONYME © NARA / Le Mémorial de Caen

La ville de Valréas n'a pas échappée à la traque des Juifs, mais la population a su manifester sa bienfaisance.

 

Selon  Jean-Pierre Kaminker, les nombreux juifs réfugiés à Valréas y ont joui d’une sécurité relative, la bienveillance faisant obstacle à la persécution. Le mérite en revient selon lui à la population considérée dans son ensemble, quoique sa minorité protestante fasse l’objet d’un hommage particulier.

La persécution contrariée - Jean-Pierre Kaminker | Éditions Lambert-Lucas

 

Ce sont des juifs, nous les emmenons !

Le 12 juin 1944, étant auprès de l’État-Major allemand installé à la terrasse du Grand Hôtel1 place du Monument aux Morts de Valréas, en qualité d'infirmière de la Croix Rouge et requise pour différentes coordinations, j'ai constaté au retour d'une recherche de blessés et de morts dans la campagne, que plusieurs personnes étaient groupées à la hauteur du garage de l’hôtel : hommes, femmes, dont une jeune femme avec deux jeunes enfants, ce qui m'avait frappée. J'ai demandé au lieutenant interprète ce dont il s'agissait. Il m'a répondu ; « Ce sont des juifs, nous les emmenons ». En effet, plus tard, avant que les occupants commencent à partir, ces personnes ont dû monter dans un camion qui attendait à la hauteur de l'actuelle caserne des pompiers. Ayant été appelée à l'hôpital, j'ai constaté à mon retour que le camion n'était plus là. Je ne connaissais aucune de ces personnes nominativement, mais j'avais eu l'occasion de les voir dans la rue ou chez les commerçants.

Valréas, le 29 juin 1984 signé J Rutschi-Talmon – Vice-Présidente ANACR Valréas

 

Concernant les deux enfants que décrit Jeannine Talmon, il s'agirait peut-être de Georges et Alfred Dreyfus.

Le 25 juin 1984, Alfred Dreyfus adresse une lettre à monsieur le maire de Valréas :

Monsieur le Maire,

Ayant habité votre ville en 1944, j'ai été pris avec mon frère dans une rafle par les troupes allemandes.

Le Ministère des Anciens Combattants me demandant les dates de mon arrestation, je vous serais reconnaissant de me les faire connaître si vous avez mentionnées ces dates dans les registres de votre ville.

La cousine de ma mère demeure toujours à Valréas (Mme André Jambard, cartonnière) pourrait peut-être vous donnez quelques renseignements à ce sujet, si toutefois elle s'en souvient, il y a aussi la famille Mr Petit (notaire) qui habitait à côté de chez mes parents, qui pourrait vous donner également des renseignements.

Dans l'attente de vous lire, veuillez agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mon profond respect.

Signature

PS/ Je pense qu'il s'agit du mois de Juin ou juillet 1944 vers 17heures 30 environ.

 

Je soussigné, Jacqueline Guin, née Petit, certifie être présente lors de l'arrestation de Alfred  et Georges  Dreyfus le 12 juin 1944. ils habitaient chez leurs parents 29 route de Vinsobres à Valréas, se trouvant sur le pas de leur porte, ils ont été interpellés par les Allemands qui patrouillaient dans le quartier. Par leurs parents nous avons su qu'ils étaient acheminés sur la citadelle de Pont Saint Esprit où ils sont restés jusqu'à la libération, prisonniers.

Valréas le 29 juin 1984 signé J. Guin

 

Il est à noter de nos recherches : Famille Canaud - Marguerite Canaud, 37 ans, née à Valréas le 29 décembre 1905, est arrêtée parce que juive et déportée sans retour de Drancy vers Sobibor le 23 mars 1943 par le convoi n° 52.
Déportation : 23/03/1943 convoi no 52

 

1Hôtel Thomassin à l'époque Témoignage de Jeanine Talmon – Infirmière en chef de la Croix-Rouge à Valréas

Commenter cet article