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Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

12 May

« La Chasse aux sorcières »

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS  - Catégories :  #Histoire

Plaque déposée sur le mur d'entrée de l'hôpital de Valréas, qui porte son nom. (A ce jour elle n'y est plus !)

Plaque déposée sur le mur d'entrée de l'hôpital de Valréas, qui porte son nom. (A ce jour elle n'y est plus !)

L'idéologie de Vichy, la xénophobie


En effet, le régime dénonce et poursuit les responsables de la défaite et du déclin de la France, et se sont majoritairement les étrangers et les Juifs qui devaient faire les frais de cette « chasse aux sorcières », subissant une politique discriminatoire de la part du gouvernement.


« La loi du 3 octobre 1940 portant sur le statut des Juifs, en son article 2 que '' l'accès et l'exercice des fonctions publiques notamment comme membres des corps enseignants sont interdites aux Juifs…" Les directeurs et membres du personnel des cours..., et engagés à titre quelconque...sont tenus de justifier de leur ascendance… »

En exécution de l'article 7 de la loi précitée, les agents du personnel enseignant figurant dans la première catégorie devront cesser immédiatement leurs fonctions ...

La candidature pour l'obtention d'un poste de garde champêtre à Valréas reprend toute la législation, le préfet en profite alors pour rappeler les instructions à Jules Niel le 29 août 1942 :

« Objet : candidature d'un garde champêtre (fournir) :
Un document officiel établissant que le candidat possède la nationalité française à titre originaire (né de père français).
Une déclaration manuscrite dûment signée dans laquelle :

A/, il affirmera n'avoir jamais appartenu à aucune des associations visées par l'article 1er du décret du 13 août 1940 ou avoir rompu toute attache avec elles. 

B/, il prendra l'engagement d'honneur de ne jamais adhérer à une telle organisation au cas où elle viendrait à se reconstituer. 

C/, il certifiera sur l'honneur qu'il n'est pas Juif au sens donné à cette appellation par l'article 1er de la loi du 2 juin 1941.
Valréas comme toutes les communes de la France non occupée, applique donc le programme de la Révolution nationale, portant les espoirs d'une population atteinte par la défaite et les difficultés de la guerre, et n'aspirant qu'à retrouver une vie correcte.


Dans cette lecture, il faut mentionner que Jules Niel a été le maire pour sa ville, et ce, sur les diverses positions des présidents et gouvernements qui se sont succédé, de Daladier en passant par le Maréchal Pétain pour finir avec le Général de Gaulle. La complicité silencieuse du maire Jules Niel pourtant mis en place par le Maréchal Pétain, en 1941, n'a pas failli à ses engagements jusqu'à vouloir donner sa vie en échange des fusillés du 12 juin 1944. 

On ne peut, par la suite que lui accorder toute notre gratitude.
Le Comité de Libération de Valréas a su le reconnaître.
À travers tout le pays, préfets et autres représentants de la République écartés par Vichy sortent simultanément de l'ombre avec des maquisards, récupérant les places laissées vacantes par les fonctionnaires de l’État français.

Dans les mairies s'installent des municipalités provisoires désignées avec le concours des groupements de résistance locaux, les comités et départementaux de Libération acquérant à partir de cette période une influence considérable.

Cette nouvelle prise de fonction a lieu à Valréas le 3 septembre 1944, le Conseil municipal est alors dissout par le comité local de Libération, mais ce dernier insiste fortement pour que Jules Niel reste à la tête de la municipalité qui doit être provisoire.

En effet, durant la séance, le maire donne lecture d'un courrier qu'il a reçu du président de Libération Marius Gras :
«  Le comité de Libération de Valréas a l'honneur de vous informer, qu'après-délibération en séance plénière, il adresse au comité départemental de Libération, la liste nominative du nouveau Conseil municipal de Valréas. Le comité se permet d'insister de façon pressante auprès de vous, pour que vous restiez à la tête de la nouvelle municipalité provisoire. En la proposant, nous avons eu pour but unique de sauvegarder la tranquillité de la ville de Valréas, déjà si cruellement éprouvée. »

Constatant que Jules Niel a su garder la population de la ville unie autour de lui pendant les durs moments de la guerre, le comité tient de ce fait pour le moment à ne pas le remplacer, afin de ne susciter aucune '' émotion '' au sein des Valréassiens. 

On pourrait également y voir là l'expression d'un sentiment de craintes pour certains, d'espoir pour d'autres, de la '' révolution ", terme vague regroupant toutes sortes de contestations possibles.
La réponse qui est alors adressée par le Conseil municipal à Marius Gras et sans appel :

« Le Conseil municipal (...) après avoir pris connaissance de la lettre que vous avez bien voulu transmettre à M. le maire : au sujet du remaniement et de la composition du nouveau conseil que vous envisagez ; croit devoir vous faire remarquer, que tous les membres n'avaient accepté d'en faire partie que dans un seul but, dans les circonstances graves où se trouvait notre malheureux pays, de se rendre utile à la population valréassienne.  Il estime avoir rempli son mandat sans une défaillance n'ayant qu'un but, la défense des intérêts de la commune, et n'avoir jamais trahi leur devoir de bon Français et de patriote.

Dans ces conditions, tous ses membres s’estiment solidaires et laissent à l'autorité responsable le soin de prendre l’arrêté de dissolution (…) »

Tout en reconnaissant la nouvelle autorité, il considère par conséquence qu'il n'a pas démérité par rapport à la Résistance et prend cet arrêté comme la fin de son ''contrat'' pour lui dûment rempli. Cependant, Jules Niel refuse la proposition « solidaire » avec ses conseillers, solidarité durement mise à l'épreuve depuis le début de son mandat, et qui s'exprime ici une fois de plus.
C'est donc le 11 septembre qu'une « délégation spéciale de la Résistance » s'installe en tant que nouveau Conseil municipal. Ce dernier nomme à l'unanimité le docteur Émile Quet maire.

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