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Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

01 Apr

Le passé ressort de terre à Valréas

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS  - Catégories :  #Histoire

Le passé ressort de terre à Valréas

Il est des jours, où le passé ressort de terre, c'est ce qui a eu lieu le 17 mars 2021 à Valréas.

Le Pont de la Fosse (Viaduc)

Un agriculteur labourant sa terre a eu la « surprise » de déterrer un objet assez impressionnant et ressemblant à une munition de guerre – Contacté par le propriétaire de cette découverte et après recherches pour avoir des renseignements au vu des photographies, j'ai pu pu en déduire que c'était bien une munition de la seconde guerre mondiale – Selon des connaisseurs de ces munitions, contacté sur un Forum de la Guerre 39/45, il s'avère que cette munition a la ceinture intacte – Elle n'a pas sa cartouche, elle est donc semi-encartouché, ce qui élimine une munition de char qui elle sont de type encartouché, ce serait plus une munition de pièce d'artillerie traditionnelle – La forme à ogive tronquée avec une large ouverture sur le dessus, et la hauteur de la ceinture, évoque plus le 76 mm (76,2) allemand (1) que le 75 mm français.

Munition d'artillerie allemande

Le 31 mars, les démineurs de Marseille, interviennent pour neutraliser cette munition en la faisant exploser dans un champ. Une munition qui ne doit être absolument pas manipuler au vu des directives des artificiers – Celle-ci ayant encore sa charge et un détonateur aurait pu exploser et faire des dégâts sur 300 m – Un bon rappel de prudence !

 

(1) La Wehrmacht en 1941 lors de son invasion en Russie, avait capturé des quantités considérables de canons russes de 7,62 plus modernes – Ceci expliquant qu'au printemps 42, ce sera un canon de 7,62 cm qui sera choisi pour être celui des nouveaux Panzerjäger (Chasseurs de Chars) – Mais ceci reste à certifier pour cette découverte.

 

Mais d'où provient cette munition ?

 

De part nos recherches, nos contacts, nos divers témoignages, nous ne pouvons qu'avoir des hypothèses sur cette découverte, ce lieu où les troupes allemandes étaient en position de tirs.

 

Première hypothèse, lors du 12 juin 1944, une partie des F.F.I. , accompagnés du personnel de la cantine, des services administratifs et des gendarmes parviennent à quitter la ville en camion(un peu tard) , en direction de Nyons, des tirs effectués par le Groupe Emil Bauer (soldat fantassin dans la 7ème compagnie, 2ème bataillon, 10ème régiment panzer grenadier, 9ème division blindée) en position à Novezan font feu sur Paul Mège qui précédant en moto le convoi, blessé, a néanmoins le courage de retourner pour alerter la colonne – Les résistants abandonnent la colonne et réussirent à fuir.

Au loin la montagne La Lance

La munition allemande retrouvée se trouve non loin du Pont de la Fosse (viaduc du chemin de fer, imposant, à la limite de Valréas et Saint-Pantaléon-Les-Vignes, haut de 16 m comportant 5 arches de 8 m d'ouverture, longueur totale 73 m) – Une œuvre d'art à surveiller par les occupants et qui sait à détruire, ce que heureusement ne s'est pas produit , comme le pont de la Coronne.

Pont de la Coronne

Ou, nous avons la deuxième hypothèse de ce retour des troupes allemandes sur notre commune et aux alentours, pourchassés par la 3ème division d'infanterie Américaine 

 

L'occupation allemande dans cette commune de 4600 habitants en 1944.

 

Le retour en ce 22 août 1944 de ceux qui ont commis des actes inqualifiables le 12 juin 1944 à Valréas et dans tout le Sud de la France , ne peut qu'engendrer la peur d'une nouvelle violence. Heureusement, les maquisards ne sont plus présents dans la ville, certains poursuivent leurs actions de résistance dans divers lieux, pas bien loin de Valréas, traquant l'oppresseur, celui qui a laissé du sang dans leur commune, du sang de leur camarade, du sang des victimes innocentes, d'autres ont repris leurs activités respectives.

 

Les Allemands sont arrivés vers le 22 août 1944, en déroute. Ils s'installent route de Taulignan prés du pont, une pièce d'artillerie (déguisée) est mise en batterie dans le terrain de Chaix à gauche avant le pont, des hommes avec des fusils mitrailleurs sont en poste au bord de la route. Ils occupent le jardin de Monsieur Pommier prés du pont à gauche, (sa serre sera d'ailleurs démolie par les camions américains qui passèrent par le gué de la rivière quand le pont a eu sauté.)

Deux Allemands sont venus à la maison (proche) et cherchaient un poste d'observation, mon père leur a ouvert la maison, les chambres, le grenier et le toit. Ceci ne leur a pas convenu. On les vit par la suite aller et venir sur un toit d'une maison route du Lac, qui leur avait convenu – Les occupants voyant cela partent en laissant la maison à l'occupant avec chèvres et cave garnie – Les voisins sont venus traire les chèvres mais le contenu de la cave avait disparu ! Un Allemand qui cherchait un vélo est entrée chez l'une de mes voisines en demander un qui était caché. Ce sont les voisins n'en possédant pas eux mêmes qui l'avait indiqué !! Une fois les Allemands installés, ils pensaient toujours arrêter l'offensive américaine, ils font sauter le pont.

De suite un gué a été aménagé. J'ai vu des centaines  de gros camions américains (GMC) revenant du front qui a eu lieu vers Montélimar, la Coucourde, Sauzet avec des prisonniers derrière les ridelles, des Allemands certes, mais aussi des Mongols prisonniers des Russes enrôles dans l'armée allemande.

Malgré ces événements les GIs nous lançaient, chewing gum et paquets de cigarettes. J'avais recueillis la valeur d'une cartouche Lucky « Striste »(?), Pall Mall, Chesterfield que j'ai gardé jusqu'à mon mariage en 1948, après le repas, ils avaient tous disparu.

En prévision d'une bataille, mon père et le voisin avaient creusé une tranchée dans la terre avec siège (en terre) au cas où la bataille prévue aurait lieu chez nous. Nous y étions quand le pont a sauté (à 100 mètres, le pont de la Mates, route du Lac) a sauté le samedi 26 août dans l'énervement du désespoir des allemands qui déménagèrent dans la nuit.

 

Témoignage d'Odette Rosay – Valréas

 

Durant la période pré-libération, les Allemands, installés sur la route de Nyons, parallèle à la voie de chemin de fer, avaient installé, pointées vers les collines de Novézan et de Vinsobres, des mitrailleuses et des pièces d'artillerie lourde ; je revois les obus brillant au soleil empilés et heureusement inutilisés.

 

Mémoire d'enfant de Georges Caulet (Le train Nyons-Pierrelatte)

 

Le 22 août, de bonne heure, nous sommes prévenus qu'un convoi allemand se dirige vers Grignan, dit Émile Bouchet du bataillon Morvan. Nous allons prendre positon : la section Guy à Salles-sous-Bois pour tenir la route d'Aiguebelle ; celle de Raymond et celle de Kléber et Hild établiront un barrage au croisement des routes de Grignan, Salles, Taulignan.

Pour ma part, dit Émile, je pars en reconnaissance avec deux tractions avant et deux motos. En vue de Valaurie, nous entendons un bruit de moteurs puis, cachés derrière un talus, nous apercevons une colonne de chars, auto-mitrailleuses et autres véhicules se dirigeant à allure modérée vers Grignan.

 

Témoignage d’Émile Bouchet – Pour l'amour de la France – Drôme Vercors - 1940-1944

 

Le 22 août 1944, une colonne de blindés allemands fut arrêtée au bois St Pierre ( à quelques kilomètres de Nyons) par les combattants du maquis Morvan qui utilisèrent avec efficacité les canons pris au combat de Montclus. Le 1er char ennemi fut mis hors de combat. A l'issue d'un combat qui dura une partie de la journée, les Allemands durent faire retraite. L'héroïsme des combattant sans uniforme des 1er et 2eme bataillons du 1er régiment FTPF, dont 7 furent tués, évita sans doute « la destruction de la ville et le massacre de ses habitants »

Souvent les maquisards s'engagèrent pour la durée de la guerre (plus de 3 mois) et participèrent aux campagnes des Alpes et d' Alsace, voir à l'occupation de l'Allemagne et de l'Autriche.

 

En conclusion, 77 ans après , l'histoire de cette tragédie du 12 juin 1944, nous laisse bien des questions sans réponses, témoignages manquants ou des on-dit d'un passé bien souvent troublé.

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