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Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

28 Aug

Valréas et la législation discriminatoire envers les Juifs

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS  - Catégories :  #Histoire

Valréas et la législation discriminatoire envers les Juifs

 

L'idéologie de Vichy, la xénophobie !

 

En effet, le régime dénonce et poursuit les responsables de la défaite et du déclin de la France, et se sont majoritairement les étrangers et les Juifs qui devaient faire les frais de cette « chasse aux sorcières », subissant une politique discriminatoire de la part du gouvernement. La première mention publique de la politique antisémite que l'on peut relever dans les pages du Ventoux date du 25 octobre 1940, soit trois mois après l'insaturation de la loi du 21 juillet 1940 leur imposant un « statut spécial » : «  Cet envahissement par une minorité juive qui nous a mené à nos récents désastres, les Israélites le paient par le nouveau et dur statut qu'on lira plus loin « . Le 20 juin 1941 il annonce que « le nouveau statut des Juifs est publié », pour affirmer par la suite :

 

« (…) Le communiqué signale qu'une action juive cohérente poursuit en France la chute du franc et l'altération des rapports franco-allemands. Le problème juif sera entièrement résolu après guerre, par une entente de toutes les nations européennes. »

(…) Valréas n'échappe pas à cette législation discriminatoire envers les étrangers et les Juifs, certains courriers émanant de la préfecture et adressés à Jules Niel attestant de son application, tout au moins théorique, dans le département et la commune. En effet, le 7 mars 1841,le préfet adresse au directeur des cours professionnels de Valréas de nouvelles instructions :

 

« La loi du 3 octobre 1940 portant sur le statut des Juifs a précisé, en son article 2 que '' l’accès et l'exercice des fonctions publiques notamment comme membres des corps enseignants sont interdites aux Juifs'' (…) Les directeurs et membres du personnel des cours (…) et engagés à titre quelconque (…) sont tenus de justifier de leur ascendance (…) En exécution de l'article 7 de la loi précitée, les agents du personnel enseignant figurant dans la première catégorie devront cesser immédiatement leurs fonctions (…)

Mémoire (extrait) d'Ihssane Garbit – Officier de Gendarmerie, sur l'organisation de la municipalité de Valréas pendant la période 39/45

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De 1942 à 1944, plus de 400 Juifs ont été déportés du Vaucluse dans les camps d'extermination. Tous n'ont pas été raflés à Avignon, Orange ou Carpentras. On est aussi venu les chercher à Camaret, Vaison la romaine, Mormoiron, Buoux, Saint-Saturnin-lès-Apt, Cadenet, Goult,... Tous ces villages perchés du Ventoux et du Luberon qui enchantent le regard, mais aussi à Valréas. Qui a arrêté tous ces Juifs? Les Allemands, a-t-on prétendu, secondés parfois par la Milice. Comme si c'était si simple. Comme si l'administration française n'avait été que complice. Comme si les Allemands avaient été seuls à la manœuvre, alors qu'ils n'ont cessé de recruter, sur les ordres de Paris et de Berlin, des auxiliaires et des supplétifs pour mener la chasse.

 

Traquer les traqueurs de Juifs à travers les archives, telle est la tâche que se sont fixée Isaac Lewendel et Bernard Weisz. Cette recherche démarrée en 2005 conduit le lecteur sur les traces de vies criminelles jusqu'à Marseille et au-delà. On y côtoie des fonctionnaires zélés, des affairistes, des extrémistes, des SS en mission, des voyous et des repris de justice à l'affut. On y entend aussi la voix de Juifs qui à la Libération ont témoigné.

De l'ensemble se dégage une force documentaire qui bouscule bien des idées reçues. Le rendement du dispositif policier nazi, 20 à 25 % d'arrestations, est ainsi passé au crible d'une analyse qui agit comme un révélateur. Elle relativise le rôle de l'entraide parmi tous les facteurs qui ont contribué à la survie de la majorité sans rien enlever à l'héroïsme de certains actes de solidarité.

 

Le 12 juin 1944, étant auprès de l’État Major allemand installé à la terrasse du Grand Hôtel (1) place du Monument aux Morts de Valréas, en qualité d'infirmière de la Croix Rouge et requise pour différentes coordinations, j'ai constaté au retour d'une recherche de blessés et de morts dans la campagne, que plusieurs personnes étaient groupées à la hauteur du garage de l'hôtel: hommes, femmes, dont une jeune femme avec deux jeunes enfants, ce qui m'avait frappée. J'ai demandé au lieutenant interprète ce dont il s'agissait. Il m'a répondu ; « Ce sont des juifs, nous les emmenons ». En effet, plus tard, avant que les occupants commencent à partir, ces personnes ont dû monter dans un camion qui attendait à la hauteur de l'actuelle caserne des pompiers. Ayant été appelée à l'hôpital, j'ai constaté à mon retour que le camion n'était plus là. Je ne connaissais aucune de ces personnes nominativement, mais j'avais eu l'occasion de les voir dans la rue ou chez les commerçants.

Valréas, le 29 juin 1984 signé J Rutschi-Talmon – Vice Présidente ANACR Valréas

 

(1) Hôtel Thomassin à l'époque Témoignage de Jeanine Talmon – Infirmière en chef de la Croix-Rouge à Valréas

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