Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

28 May

Valréas,Violette Chaix femme dans la résistante

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS  - Catégories :  #Témoignages

Photo anonyme vintage bicyclette femme vers 1940 (ce n'est pas Violette Chaix)

Photo anonyme vintage bicyclette femme vers 1940 (ce n'est pas Violette Chaix)

Pendant la dernière guerre, ma maman Violette née Giai-Gianetti faisait partie de la Résistance (réseau Provence) avec son mari –mon papa- Léon Deyvant qui avait été fait prisonnier et s’était évadé d’Allemagne. Ma tante Renée et son futur époux Hubert Guy étaient eux aussi des résistants. Ce dernier fut arrêté à la ferme de la Lance et a dû son salut pour avoir sauté du camion en gare d’Avignon.

 

 

Maman avait un autre prénom ; dans la Résistance elle était Charlette. Lorsque la radio de Londres diffusait le message : « le poisson aime la sardine à l’huile », les résistants savaient que c’était pour eux et voulait dire, entre autres : parachutages…

 

Maman et les résistants étaient cachés dans une ferme à Montmirail. Marie-Rose, la fermière, décédée il y a deux ans, les a beaucoup aidés (légumes, œufs, volailles, logement…) Maman aidait au château de Montmirail et faisait le trajet Valréas-Montmirail ou l’inverse à bicyclette avec se sœur Renée. Lorsqu’il fallait venir à Valréas, ma grand-mère téléphonait au château et disait : « dites à Charlette que son papa est malade ».

 

Un jour, Maman et sa sœur furent arrêtées par une patrouille allemande. Maman avait un message roulé dans la pompe de sa bicyclette. Elles se sont mises à parler avec eux, à rire afin de ne pas éveiller des soupçons. Les soldats les ayant poussées pour les aider à repartir, elles les ont quitté en leur envoyant des baisers de la main. Une fois hors de vue, elles ont pédalé, pédalé et sont arrivées tremblantes à la ferme de Montmirail !

 

Puis, Valréas vécu le 12 juin 1944.

 

Lorsque l’ordre fut donné par l’ennemi de se rassembler sur la place de la mairie et de laisser les maisons ouvertes, mon grand-père maternel, Piémontais naturalisé Français (il avait fuit le fascisme et les Chemises Noires en Italie) a dit : « c’est un guet-apens ! »

Mes grands-parents, mes parents, mes oncles et ma tante sont alors partis à pied –en laissant leur maison ouverte, emportant seulement leurs papiers- vers la côte de Vinsobres et ont été cachés dans le foin de la ferme La Désile…

 

Le lendemain, mon grand-père a transporté des corps des fusillés sur son charreton de maçon et a aidé à faire des cercueils.

Mémoire recueillie par sa fille Dany Juillan

 

​​​​​​​

Commenter cet article

Archives

À propos

Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci