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Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

29 Jul

12 juin 1944 à Valréas, témoignage de Pierre CHAZE alias "Claude"

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS  - Catégories :  #Témoignages

Photographie prise sur Mémoires de l'Ombre - Capitane Paris Editions Scriba

Photographie prise sur Mémoires de l'Ombre - Capitane Paris Editions Scriba

Nous allons , Louis, Le Frisé et moi, à la Mairie de Valréas. Nous attendons les ordres de Fifi, nous apprenons que des avions ont mitraillé. En soirée, Fajardot, alias Fifi me dit : « tu vas sur le barrage de la route d'Orange, afin d'organiser la défense »
Sur place, beaucoup de va et vient, armement, 1 fusil mitrailleur anglais marque Bren « mitraillettes Sten., fusils et grenades, enfin pas terrible pour faire face à l'armada blindé que nous allions recevoir.

 

Historique de la Résistance

 

 

6 juin 1944 Camp « des Pennes » Commune d' Arnayon - Drôme

12 juin 1944 - occupation - Tragédie de Valréas - Vaucluse

 

 

 

Résumé du Sous-Lieutenant F.F.I. Chaze Pierre – Alias Claude – matricule 72070 F.T.P.F.

 

  • Camp des Pennes Arnayon – 26

 

  • 6 juin 1944, dés le début de la matinée, nous apprenons le débarquement en Normandie , c'est la joie, enfin le grand jour est arrivé. Depuis le Printemps tous les camps maquis de la région étaient attaqués par les troupes allemands. La vie était de plus en plus dure, la sécurité difficile.

  • Au Camp « des Pennes » au dessus des gorges d'Arnayon, toute le monde se prépare au départ et attend les ordres de mouvements.

  • Dans la journée, c'est le départ vers la vallée de l'Aygues

  • La Motte Chalancon, Cornillon, Rémuzat, Saint May, Sahune, les Pilles, Nyons sont libérées par l'ensemble des Camps de Maquis et de la résistance civile. Un grand nombre de jeunes gens, de personnes de tous les âges, viennent s’enrôler dans diverses Compagnies en formations.

  • A Nyons, il nous est distribué quelques vêtements et chaussures sur délivrance d'un bon du Comité de Libération. Une grande activité règne dans la petite ville.

 

Étant C.E. De Compagnie, je me trouve à la Mairie des Pilles avec Fajargot, alias Fifi, Serge alias Le Barbu, Louis chauffeur de Fifi, Louis fût tué à la bataille de Romans (26)

 

Samedi 10 juin 1944

 

  • A 11 heures le matin, Fajargot alias Fifi me dit ceci « Claude, nous partons sur Valréas pour encadrement des jeunes qui arrivent en grand nombre »

  • Je fais mon sac, sac récupérer au camp de jeunesse du Crestet dans la nuit du 29 janvier 1944. Je passe la succession de mon poste de responsable à « Wladimir », Jacques Rambaud de Villeneuve-Les-Avignon.

  • Début après-midi, nous partons direction Valréas. A Nyons se joint à nous Roger Renzo alias « Le Frisé » qui sera tué à Valréas. Ce qui fait 5 personnes : Fajardot alias « Fifi » - Serge alias « Le Barbu » - Louis « le chauffeur » - Roger Renzo alias « Le Frisé » - Pierre Chaze alias « Claude ». Arrivée à Valréas le samedi 10 juin 1944 vers 16 heures, je dépose mon sac au « Café de la Paix », sac que je n'ai jamais plus récupéré étant donné les événements tragiques du 12 juin 1944.

Nous allons , Louis, Le Frisé et moi, à la Mairie de Valréas. Nous attendons les ordres de Fifi, nous apprenons que des avions ont mitraillé. En soirée, Fajardot, alias Fifi me dit : « tu vas sur le barrage de la route d'Orange, afin d'organiser la défense »

Sur place, beaucoup de va et vient, armement, 1 fusil mitrailleur anglais marque Bren « mitraillettes Sten., fusils et grenades, enfin pas terrible pour faire face à l'armada blindé que nous allions recevoir.

Roger Renzo alias le Frisé, fût envoyé ailleurs, je ne devais plus le revoir.

 

 

Dimanche 11 juin 1944

 

Fajardot - Serge – Louis sont restés au P.C.

La nuit s'est passé sans incident, la journée permet de s'organiser, la confiance règne, la volonté est bonne, une certaine euphorie existe. Nouveau mitraillage,pas de victime à ma connaissance, des cyprès ont brûlés.

 

Lundi 12 juin 1944

 

Un prélèvement de quelques hommes a été fait à la relève. Je reçois l'ordre de me porter quelques centaines de mètres en avant avec deux F.T.P. Ces deux hommes courageux, jeunes comme moi sont : Monsieur Lager Georges alias « Martigues » et Monsieur Arrigoni, qui a aucun moment ne paniquent et firent preuve d'une belle discipline.

Toute la matinée nous entendons tirailler, sans savoir ce qu'il en est, personne ne vient nous voir, nous informer.

Vers 11 heures la sirène sonne, n'étant nullement au courant ignorant totalement la situation, inquiets, nous quittons toujours cette fameuse route d'Orange.

Vers 12 heures, c'est la grande surprise, devant nous tout près apparaissent les blindés dont une auto-mitrailleuse à l'avant. Nous sommes à l'abri, derrière une butte de terre (saffre). Les Allemands ne nous ont pas vu, que faire avec un fusil mitrailleur ? Nous nous replions suivant cette butte de terre qui nous protège à la vue. Nous regardons vers les collines, nous sommes une fois de plus surpris, les allemands montent en file indienne et encerclent Valréas, difficile d'y croire, nous n'avions rien vu, n'avions été averti de rien et laisser pour compte.

Il se peut que le barrage en retrait ait été prévenu du repli, mais nous trois avions été oublié totalement.

Arrigoni, qui porte le fusil mitrailleur, à l'intention immédiate de tirer sur les boches, je réalise que c'est cuit, une étincelle, je lui dit ne tire pas, arrête c'est fini, il exécute.

Notre chance ! Un petit caniveau d'arrosage avec de hautes herbes et canisses est à nos pieds, nous nous couchons à plat-ventre, un derrière l'autre, avec le fusil mitrailleur et grenades.

Lieu : derrière Fanfinette, il y a de l'eau, nous nous faisons petits, nous entendons des grenades qui explosent, nous comprenons que les allemands resserrent leur étau sur Valréas. Les heures passent, longues, ponctuées de tirs divers.

Nous attendons la tombée de la nuit pour partir, nous nous risquons enfin, rien, Arrigoni, je l'avais surnommé « Lapin » car il marchait vite, connaissait la région ainsi que « Martigues ». Nous nous dirigeâmes vers les collines, pour arriver au hameau des « Cornuts »  vers 23 heures environ. Les chiens nous accueillirent par des aboiements , puis les propriétaires de la ferme vinrent, quand ils nous virent armés, je compris leur surprise, après une courte explication, ces braves gens qui étaient apeurés aussi, nous donnèrent des cerises pour manger et à boire, ils nous indiquèrent le chemin pour rejoindre l'Aygues.

Ces braves gens sont la famille Chauvin, Hameau des Cornuts. Au petit jour, nous étions dans l'Aygues, ce fut la remonté de la rivière, la ferme Gérard, Nyons évacué et le village des Pilles. Nous venions de nous sortir d'une situation tragique et sûrement d'échapper à une mort certaine.

A partir des Pilles, les unités se regroupèrent à nouveaux en des lieux différents, le brassage des diverses informations et éléments de la résistance armée allaient donner naissance aux divers bataillons et au 1er régiment F.T.P.F. Drôme-Sud.

Quand à moi j'ai rejoins le groupe MORVAN à Rosans et ensuite les Corps Francs commandé par le chef André Martin, adjoint Marie.

 

 

Ce résumé du 6 juin au 13 juin 1944 lendemain su massacre de 53 fusillés est véridique.

Sur l'honneur, je déclare que les noms cités sont vrais, que mon chef était Fajardot dit « Fifi ».

Ce récit a été vu et lu par Monsieur Lager Georges dit « Martigues » domicilié à la Petite Peyrouse à Valréas 84.

 

Résumé rédigé sur cinq feuillets manuscrits.

 

CHAZE Pierre

Montée de la Chapelle

07170 Villeneuve de Berg

Alias Claude 72070 F.T.P.F.

 

Signature

 

Témoignage détenu par l'association des Familles de Fusillés - Valréas

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