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Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

13 Jun

Allocution du 12 juin 2019 - Valréas

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS  - Catégories :  #Cérémonie d'hommages

Photographie Laurent Frasson

Photographie Laurent Frasson

Monsieur le Sous-Préfet

Monsieur le directeur de l'Office National des anciens combattants et victimes de guerre

Mesdames et Messieurs les élus,

Mon Général, messieurs les officiers et sous-officiers,

Messieurs les représentants des cultes,

Mesdames et Messieurs les Présidentes et Présidents d’associations patriotiques,

Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames, Messieurs,

Chers enfants

« Les morts nous écoutent, quand on parle d’eux »

75 ans après la fusillade du 12 juin 1944, nous parlerons encore d’eux, nous nous souviendrons de ces 53 martyrs, 27 résistants et 26 otages, victimes de la barbarie nazie, l'un des massacres le plus meurtrier du Vaucluse.

Amédée Tena, résistant de la première heure, met sur pied dès décembre 1942 une organisation de résistance du Haut Comtat et du Nyonnais, créée hors partis politiques et coiffant des comités locaux à Valréas, Montségur, Taulignan et Le Pègue. La première réunion a lieu sous la présidence du pasteur Seignol. Une dizaine d'hommes y assistent venant des cantons de Saint-Paul-Trois-Chateaux, Valréas et Nyons, tous participant à l'entraide aux juifs.

 « Couleur, race ou religion ne sont pas des barrières pour aider son prochain »

Ce premier contact avait pour but de mettre au point une action effective et organisée de résistance hors des partis politiques.

Le 8 juin 1944, les forces du maquis occupèrent la ville. Il était malheureusement trop tôt, les troupes alliées venant à peine de débarquer sur les côtes de Normandie. Le 12 juin, par représailles, les Allemands, nombreux encore dans la région se jetaient sauvagement avec des moyens considérables, sur la petite ville de moins de 5000 habitants.. Les F.F.I. peut nombreux et misérablement armés et équipés, durent décrocher malgré leur courage.

Ce 12 juin 1944, ils étaient une poignée route d'Orange face à cette armée. Malgré le courage de ces jeunes résistants , seuls, sans ordre de repli ils ne pourront rejoindre leurs Chefs et camarades de combat qui avaient rejoint le maquis, laissant derrière eux une ville aux mains des tortionnaires.

La population Valréassienne vécut ces heures où la horde hitlérienne envahissaient la ville. Rassemblée sur la place de la mairie, la population est apeurée. Encerclée par des automitrailleuses et chars braqués sur la foule, du haut du kiosque, un officier allemand harangue la foule, phrases traduites en bon français par un soldat portant l’uniforme allemand. Les troupes allemandes agirent avec leur sauvagerie coutumière. Déchaînées, elles pillèrent, s’enivrèrent et assassinèrent.. Elles tuèrent les hommes qu'elles rencontraient dans les champs, armés ou non, jeunes hommes ou vieillards et prirent des otages au hasard des rencontres.

Sept hommes tombèrent sous les balles des hitlériens, dans les faubourgs ou à la campagne, 51 otages furent molestés, frappés puis fusillés. Quarante sept d'entre eux moururent, ils étaient là, eux, face à ce mur, à attendre la mort , il y eu au total 53 tués et 7 blessés dont une vielle femme de 80 ans qui vit tuer son fils sous ses yeux.

4 rescapés survivront et feront en sorte dans leur sursis de vie de ne pas oublier leurs camarades résistants et otages

Notre association en cette année de commémoration, tient à rendre hommage à tous les participants qui ont œuvré, en ces douloureuses circonstances, Le Maire Jules Niel qui interviendra auprès des officiers allemands pour que sa ville soit épargnée, l'Abbé Gertoux qui assista les victimes, les membres de la Croix-Rouge, femmes et hommes, les sapeurs pompiers de la ville,les volontaires, la plupart des habitants de Valréas, rivalisèrent de zèle et de dévouement dans leur pénible et pieuse besogne. On vit de toutes jeunes filles relevaient les cadavres, épancher le sang, faire la toilette des morts, ces corps meurtries qui furent transportés le 13 juin dans la chapelle des Pénitents Blancs, transformée en chapelle ardente. Sans oublier le docteur Didier Delaunay, directeur de l'hôpital de Valréas qui apporta son aide à diverses familles Juives.

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Valréas occupée, mais loin d’être libérée si ce n’est par le sacrifice de cette journée du12 juin 1944.

Des témoins de ce drame sont encore parmi nous, ici présents, ils étaient la plupart des enfants, enfants de martyrs, enfants rassemblés sur la place de la mairie, enfants de votre âge chers écoliers.

La renaissance du fascisme resurgit, le rejet des uns et des autres, la xénophobie, l'homophobie tous ces actes inqualifiables combattus par tant d'hommes et de femmes jusqu'à la souffrance et la mort. Aujourd'hui encore soyons vigilants sur certaines paroles qui ne sauraient que nous propulser vers un passé où la liberté d'expression était réprimée. Nous avons à Valréas mais aussi dans le Vaucluse encore du sang de résistant soyons en fiers.

Je tiens aujourd’hui, devant vous, à rendre hommage, à remercier toutes celles et ceux qui ont donné de leur personne dans leur engagement au sein de la présidence de notre association faisant suite au Comité du Monument aux Morts, sans eux, sans elle, notre passé serait vite oublié :

Mme Josette Pradelle, institutrice, sœur de Charles Borello otage fusillé du 12 juin 1944.

Monsieur Joseph Coutton résistant fusillé-rescapé du 12 juin 1944.

Mme Raymonde d’Isernia, fille de Louis d’Isernia, résistant, fusillé le 12 juin 1944, actuellement Présidente de l’Association des Déportés Internés Résistants et Patriotes du Vaucluse, présente parmi nous.

Notre association dans cette journée du 12 juin 1944 ne représente pas un héroïsme de guerre, mais bien un sacrifice pour une paix durable, bien loin encore des sacrifices humains qui perdurent aux quatre coins de notre monde.

Je tiens à remercier les diverses municipalités et les Conseils départementaux qui se sont succédés et qui ont œuvré pour que cette journée soit toujours représentative dans la continuité des ans passés, souhaitons que cela perdure.

Je tiens à remercier l’ensemble des groupes scolaires pour leur présence toujours aussi grande, sous n’importe quel temps, rappelons-nous 2018. Merci aux diverses associations patriotiques, merci aux porte-drapeaux toujours aussi nombreux.

Merci à vous tous présents.

Allocution du 12 juin 2019. Michel Reboul, président de l'association des Familles de Fusillés, Résistants, Déportés, Internés, Patriotes et Amis

 

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