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Ce blog a pour objet de perdurer les événements de la tragédie du 12 juin 1944 à Valréas Vaucluse, où 53 personnes dont 27 résistants et 26 otages ont été fusillés. Mis en ligne par l'association cantonale des familles de fusillés, déportés, internés, résistants, patriotes et amis (AFFDIRPA) affiliée à l'association nationale des familles de fusillés (ANFFMRFA) - Tous les articles peuvent être "copié/collé", sans oublier de mettre la source. Merci

06 Apr

Nous avions notre imprimerie clandestine à Valréas .

Publié par 12 JUIN 1944 VALREAS  - Catégories :  #DOCUMENTS

Amédée Tena, résistant de la première heure, met sur pied dès décembre 1942 une organisation de résistance du Haut Comtat et du Nyonnais, créée hors partis politiques et coiffant des comités locaux à Valréas, Montségur, Taulignan et Le Pègue. La première réunion a lieu sous la présidence du pasteur Seignol. Une dizaine d'hommes y assistent venant des cantons de Saint-Paul-Trois-Chateaux, Valréas et Nyons, tous participant à l'aide aux juifs.
Une imprimerie clandestine installée à Valréas fournira de faux papiers est de fausses cartes d'alimentation aux persécutés.

Dans le secteur de Valréas, un groupe de l'Armée Secrète est constitué à l’initiative du pasteur Bonifas. Les réunions clandestines ont lieu chez le pasteur Seignol[1] : y participent Amédée Tena, industriel à Montségur-sur-Lauzon, Georges Guibal, le docteur Quet, Louis d’Isernia, imprimeur à Valréas, Louis Clarice, Robert Vigne, notamment.Ils organisent le passage à la clandestinité des réfractaires au STO. Louis d’Isernia imprime clandestinement (malgré le rationnement de l’encre et du papier) des tracts, puis de fausses cartes d’identité pour des familles juives réfugiées dans le nord-Vaucluse et dans la Drôme. Plus tard, après la Libération,Amédée Tena dira « nous avions notre imprimerie clandestine à Valréas » et « ces fausses cartes étaient plus vraies que nature ». Il faut souligner l’engagement de la communauté protestante dans l’aide apportée aux Juifs pourchassés par l’État français.

En février 1943, le groupe adhère à l’Armée Secrète (AS) par l’intermédiaire du capitaine Descours. Le chef de secteur est Amédée Tena.
Il participe à la création d’un maquis à la montagne de la Lance, puis propose un rapprochement avec les maquis organisés par les FTPF à la Lance également.
L’AS reçut ses 1ers parachutages en septembre 1943 ce qui permit d’améliorer les conditions de vie des réfractaires.
Les fonds étaient centralisés chez Andrée Chambon[2] (employée à la coopérative Charasse), les armes stockées chez Gabriel Gilles à Montségur.

 

 

[1]             Pasteur Seignol alias « Franck » ; Notes du discours prononcé par FRANCK (1) à la journée de la Libération de VALRÉAS – Livre : Valréas se souvient – Recueil de témoignages et documents

[2]             Mademoiselle Andrée Chambon née le 22 septembre 1901. Elle servit la Résistance en accueillant les hommes de l'armée secrète des montagnes de la région nyonsaise qui avaient un code convenu pour se faire ouvrir la porte. Elle les restaurait et leur procurait ravitaillement par l'intermédiaire des fournisseurs valréassiens ; bouchers, épiciers, boulangers favorables à la Résistance. Elle était indicatrice des mouvements de la Gestapo favorisant ainsi la fuite de certaines personnes menacées. Enfin et surtout elle avait organisé chez elle une infirmerie où elle hébergeait les résistants malades que le docteur Gluge, Juif et résistant lui-même, visitait journellement. Le 12 juin 1944, désignée comme infirmière, elle est partie avec les résistants. Stoppée avec tous les autres sur la route de Nyons, arrêtée et ramenés au Monument à l'hôtel Thomassin, surveillée par un soldat allemand, l'arme au poing, elle a assisté atterré et impuissante à la fusillade. Au bout d'un certain temps, qu'elle ne peut définir, elle s'est rendu compte que les Allemands étaient partis en l'oubliant volontairement ou involontairement. Elle n'a jamais su. – Livre : Valréas se souvient – Recueil de témoignages et documents

 

Nous avions notre imprimerie clandestine à Valréas .
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Cordet Mireille 07/04/2019 13:07

Merci Michel ! Je ne connaissais pas cette page d'histoire de notre petite "région" ! j'ignorais aussi l'engagement protestant dans cette sale guerre ! Pas très proche des religions et non pratiquante, je suis quand même fière d'être baptisée sous celle-ci en apprenant celà !

Michel REBOUL 08/04/2019 11:47

Faut lire le livre Valréas se souvient - recueil de témoignage et documents (auteur Michel Reboul) en vente à la Librairie Les chemins de traverse à Valréas, à l'office de tourisme de Valréas ou auprès de notre association, témoignage du Pasteur Seignol. Amitiés Michel

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